Hier, j'ai passé la journée chez Narcisse. On a bu, fumé, mangé, et j'y est joué comme si cela faisait des années qu'on avait pas pu se voir. Comme à chaque fois que je suis chez lui : je drague la belle brune, dessine et peins, et me fous de sa gueule.
- Hé la lesbienne ! Quand est-ce que tu ramèneras une gonzesse dans cette baraque ? Que je lui ai demandé après avoir fini trois shot de vodka.
- Je suis pas une lesbienne ! Petite merda ! Qu'il a dit en titubant.
- T'oublis que tu commences à être sacrément vieux !
- Je t'emmerde ! C'est moi qui t'es appris à t'y faire avec les filles ! Toi et Cédric vous étiez que des bleus ! Del pallu blu !
Il s'est assis, le regard dans le vide, avant de se relever et de sortir une boîte de je sais pas où. C'était un portable.
- Je refuse. Que j'ai dit.
- Fais pas ta difficile !
- Inverse pas les rôles cagna ! Que j'ai répliqué.
Puis j'ai dégueulé.
Je suis rentré à la piaule vers 19h. La maison était vide. J'avais oublié mes clés, alors j'ai crocheté la serrure avec des bout de métal que j'ai trouvé sur le trottoir. Une fois rentré, j'ai pris un long bain.
Il est actuellement 22h, et toujours aucune trace de Fred et du paternel. Mais qu'est-ce qu'ils foutent ? Après réflexion, j'ai décidé d'attendre 23h, alors je me suis masturbé, lavé et changé, ensuite j'ai allumé la télé.
À la télé ? Rien d'intéressant. Entre les infos qui s'insurgent encore de l'attenta sur les tours jumelles, un manga dont je jurerai qu'il s'agit d'un hentaï, ou encore cette série répétitive et chiante sur un groupe d'amis fièrement américains qui se disent amis mais en fait ne le sont pas, mais en même temps le voudrait, et parfois non. Je vois plus que je regarde. Je jette un coup d'œil à la montre, 23h35.
Je prends le téléphone fixe pour appeler Fred. Au moment où je suis sur le point de taper son numéro, la porte d'entrée claque. C'est le petiot, et il a un pansement sous l'œil gauche.
Il se fige d'un coup, se retourne doucement, puis se détend quand il me voit.
- Ouf ! J'ai cru que c'était papa !
Je me contente de l'observer sans cligner des yeux. Il arrête de sourire et me dit :
- Désolé de rentrer aussi tard, j'ai failli me faire hospitaliser.
- Ils t'ont reçu à l'hôpital ? C'est le géniteur qui leurs a appelé ?
Parfois j'oublie à quel point leur vie est facile quand je ne suis pas dans les parages.
- Non, c'est monsieur Winkler qui m'y a emmené.
Il a passé toute la journée là-bas ?
- Tu traînais avec lui ? T'aurais dû accepter de venir avec moi chez Narcisse.
Fred semble hésiter, il me jauge d'un regard plein d'appréhension. Qu'est-ce qu'il se passe encore dans sa petite tête ? Une, deux, trois secondes, et il souffle avant de me dire :
- Je ne voulais pas te déranger, et j'ai plus d'amis à Penny de toute façon. C'est trois mois ont été infernal, surtout pour toi. Je me suis dit que t'avais besoin de te détendre un peu...
- Pas la peine de te faire autant de mouron pour moi.
Il semble hésiter encore, puis regarde un point fixe sur le parquet. Il y a à peine trois jours, il n'aurait pas hésité à me parler de ses tracas. J'ai autant foiré ? Lui aussi, il croit que je ne suis pas digne de confiance ? Qu'au final je l'ai bien cherché ? Ou que je ne suis pas si différent du paternel ?
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Feeling ( En Cours )
Non-FictionSuivez les mésaventures d'Yverdon , un bachelier paumé qui jongle entre son père abusif, son frère tout aussi paumé que lui, et un entourage excentrique pas du tout facile à vivre dans la ville fictive de Penny. Une atmosphère imprégnée de rhum et d...
