5 mai 2025
C'est le ronronnement lourd de l'ordinateur, cette même chaise en bois grinçante et les pieds engourdis par le froid. C'est la déprime post-weekend et ça même s'il ne faut pas retourner travailler cette fois. C'est le cœur montagne russe, accepter l'idée d'un nouvel amant, message après message la roulette russe des sentiments.
C'est marrant cette permanence de la Russie dans mes métaphores. Ça a du sens quelque part, notre premier baiser avait le gout de vodka et de cigarette, l'euphorie douce de l'ivresse. D'ailleurs tu es toujours altéré, probablement du mal avec la réalité, tu as promis d'un jour me raconter.
J'aime retrouver ces grosses touches auxquelles mes doigts peinent à s'habituer, le bureau encombré. J'aime rechercher les mots, les doigts qui courent sur le clavier. J'me suis pas relu cette fois, les mots des pages précédentes résonnent encore vaguement dans ma tête, souvenir d'une après-midi à la BU...
J'ai l'amour infirmière, je sais pas pourquoi, les gens cassés... On en a parlé avec Loré.e, entre ses larmes sur le parquet il m'a dit, si tu veux l'aimer faudra accepter les failles, le regard noyé d'alcool et les cernes sur le palier. Il m'a dit si tu veux l'aimer tu peux, j'veux pas d'un amour prison, ils sont pas a moi tous ces garçons. Alors j'l'ai embrassé, ce garçon papillon qu'mon meilleur ami avait tant aimé. Puis j'm'en suis voulu genre a l'infini, mine de rien, l'impression de lui piquer. Loré.e m'as dit « tu sais moi aussi j'ai l'amour infirmière, j'ai besoin d'être utile, de pouvoir les sauver » il m'a dit « tu sais ça me rend malade, parce que quand ils vont mieux j'me met à paniquer ». Je lui ai dit « moi aussi » je sais pas si il a compris à quel point c'était sincère.
J'ai fait une pause pour boire un thé, les mains serrées autour de ma tasse, piètre tentative de me réchauffer. Et les miettes de gâteau sur le clavier.
On a passé quelques jours tous les trois, baisers volés par-ci par-là. On a encore du mal à trouver notre équilibre, j'sais pas trop ce que je fais. J'ai peur. C'est peut être une énorme erreur. Mais une erreur qui fait se sentir vivant, qui a un gout de "si on tombe on tombe ensemble", une erreur qui met des rires dans mon salon, alors j'me dis qu'on peut tenter le coup, j'essaie de me dire que je les perdrais pas, qu'on est plus fort que ça. J'veux encore nos trois voix dans la cuisine, l'odeur des crocs-monsieurs et le défi dans nos yeux
alors j'veux essayer et si on tombe tant pis
ce sera une des plus belles erreurs de ma vie
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Chaos Total
PoesíaJuste mes poèmes/textes/pensées... bref, des trucs qui me passent par la tête j'ai commencé ce recueil il y a un petit bout de temps donc mon style a pas mal changer
