08. Une nouvelle vie ?

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  Milan, 2023

  Le soleil est déjà bas quand je quitte ma chambre. Mon cœur bat à tout rompre, un mélange d'appréhension et de colère me traversant à chaque pas. La maison semble silencieuse, presque trop silencieuse. Gabriele n'est pas là, Mirella s'affaire dans la cuisine, comme si elle essayait de masquer son inquiétude. J'ai besoin d'air. J'ai besoin de penser.

  Je sort sur le balcon, le vent frais caressant mon visage. Les lumières de Milan commencent à scintiller, mais je ne vois rien. Tout est flou. Mes pensées reviennent sans cesse à Ayden. Pourquoi vient-il toujours dans ma vie quand je pense enfin pouvoir respirer ? Pourquoi ses actes me perturbent autant alors que je lui ais dit mille fois de rester loin de moi ?

  Un bruit dans l'allée me fait sursauter. Je baisse les yeux et l'aperçois. Une silhouette que je connais trop bien. Ayden. Son regard est toujours aussi intense, mais cette fois, il y a quelque chose de différent : une tension, presque un avertissement. Il s'approche lentement, comme si chaque pas pesait sur nous deux.

Alizya... Il dit alors que je suis encore sur le balcon au dessus de lui. Je t'ai cherché.

Pourquoi ? dis-je, la voix tremblante mais ferme. Pourquoi tu continues à apparaître dans ma vie comme si c'était normal ?

  Il s'arrête à quelques mètres de moi. Ses yeux, un bleu et un marron, me fixent avec une intensité que je n'arrive pas à détourner.

Parce qu'il y a des choses que tu dois savoir. Des choses que ton père... et le mien ont cachées.

  Le vent d'un hiver proche souffle plus fort, faisant voleter mes cheveux. Je sent l'adrénaline monter, mes mains trembler légèrement. Chaque mot qu'il prononce semble résonner dans mon corps comme un coup de tonnerre.

Tu crois vraiment que j'ai envie d'entendre vos histoires ? dis-je, essayant de garder ma colère intacte. Tu crois que j'ai besoin de connaître les secrets de deux hommes morts depuis longtemps ?

  Il ne me répond pas et entre dans la villa alors que je lui dit de sortir de la propriété. Quelques secondes plus tard, le bruit de ma porte me force à me retourner. Il est là. Dans ma chambre à me regarder comme si il attendais quelque chose de moi. Il s'approche encore, plus près cette fois, et je dois reculer d'un pas pour garder la distance.

Ce n'est pas pour toi... Enfin, pas seulement. C'est pour nous. Pour comprendre ce que nous sommes et ce que nous devons devenir.

  Je le regarde, mes émotions bouillonnant entre peur, colère et curiosité. Une part de moi veut fuir, comme toujours. Une autre veut tout savoir, quitte à ce que la vérité me détruise.

  Le silence tombe. La ville continue sa vie en contrebas, inconsciente de la tempête qui se joue ici, sur ce balcon. Et moi, je compris une chose : rien ne serait jamais plus comme avant.

***

  Je reste assise sur le bord du lit, le regard fixé sur le sol. Depuis quelques jour, un silence dans la maison pèse, mais il est différent de d'habitude. Le soleil filtre à peine à travers les rideaux et je sens mes pensées tourner en boucle. Mes mains sont crispées sur mes genoux, comme si je voulais m'empêcher de partir en morceaux.

Mon téléphone vibre. C'est un message d'Ayden : 

[ Tu devrais te reposer, piccola. On se voit ce soir. ]

  Je regarde mon téléphone une nouvelle fois. Je ne comprends pas comment Ayden a eu mon numéro. Je tape un message rapidement : 

Comment as-tu eu mon numéro ? Et où es‑tu exactement ?" ]

Mes doigts tremblent un peu en appuyant sur envoyer. 

  Je fronce les sourcils. Ce surnom me fait frissonner et me met mal à l'aise. Pourquoi insiste-t-il autant pour s'immiscer dans ma vie ? J'ai juste l'impression d'être manipulée. Je ne sais plus si je veux le voir ou l'éviter.

  Je prends une douche rapide, sans réfléchir à ma tenue. Je choisis un jean noir, un pull léger et mes baskets. Je ne veux pas attirer l'attention, surtout après la soirée d'hier. Je descends à la cuisine. Mirella me regarde avec douceur.

Tu as bien dormi ? me demande-t-elle.
Assez... je murmure, encore fragile.

  Gabriele entre à ce moment. Ses cheveux sont en bataille, mais son regard est sérieux et tendre. Il s'assoit face à moi, posant une main sur la table.

Alizya... as-tu réfléchi à ma proposition ? dit-il calmement.
Oui... je réponds, hésitante. Je ne sais pas si je suis prête. Tout me semble trop lourd, trop réel.

  Il hoche la tête, compréhensif.

Tu n'as pas à décider maintenant. Nous avons le temps. Mais sache que tu n'es pas seule. Même si je ne peux pas tout faire à ta place, je peux alléger ce poids.

  Je détourne les yeux vers la fenêtre, regardant Milan s'éveiller. L'idée de reprendre le contrôle, de redevenir celle que mon père aurait voulu que je sois, me terrifie autant qu'elle m'attire. Je prends une profonde inspiration.

Peut-être que je peux essayer... juste un peu, murmure-je.

  Gabriele sourit faiblement, sans triomphe, juste avec compréhension.

C'est tout ce que je te demande, Alizya. C'est pour ça que je t'ai proposer de prendre le contrôle un temps et de te laisser faire ce que tu préfère et prendre les décisions les plus importantes. Et quand tu seras prête, je te rendrais tout ce qui t'as toujours appartenu. Tu es jeune, tu mérite de vivre la vie qu'une personne de ton âge as. Tu pourrais même... t'inscrire à... l'université pourquoi pas... ou alors-

- T'es sérieux ??? je le coupe. Aller à l'école ! Mon rêve depuis petite putain !!!

- T'emballe pas, je n'ai pas dit je j'acceptais, j'ai seulement supposer que tu pourrais commencer à retrouver une vie normale. 

- Oui, oui j'ai compris, mais jusqu'à présent c'est moi qui prend les grosses décisions il me semble... je le taquine gentiment.

  Je sais que sa proposition a raviver une flamme et que ma décision est prise. Mais pour la première fois depuis longtemps, un frisson d'espoir parcourt mon corps.

Héritage de sangDes histoires addictives. Découvrez maintenant