Paris, 2023
— Tu veux que je t'aide à organiser tes affaires ? demande-t-il calmement.
Je secoue la tête. Non, je peux gérer ça. Mais mon cœur bat trop vite, et chaque geste me rappelle que nous allons devoir travailler ensemble, et que nous sommes coincés dans cette chambre. Une seule clé. Un seul espace. Aucune échappatoire.
Je me dirige vers la salle de bain pour me changer. Mon reflet me renvoie une Alizya concentrée, mais tendue. Je choisis une tenue simple : jean noir, pull léger, baskets. Rien de voyant. Rien qui attire l'attention. Pas le moment de se faire remarquer.
Quand je sors de la salle de bain, Ayden m'attend, debout, les mains dans les poches. Il ne dit rien, mais son regard suffit à me rappeler que nous devons être prêts, que chaque mouvement peut nous trahir.
— On part dans trente minutes, dit-il enfin, la voix basse.
Je hoche la tête, crispée. Une heure. Pour me préparer. Pour respirer. Et pour accepter que nous allons devoir être proches, obligés, tout en restant sur nos gardes. Je sens le froid me parcourir. Cette mission à Paris va être plus qu'un simple rendez-vous : c'est un test pour nous deux.
Je rassemble mon matériel, vérifie chaque détail. Ayden s'occupe du sien. Le silence est presque électrique. Nous savons que, dans quelques minutes, nous ne serons plus dans cette chambre confortable mais sur un terrain inconnu, où chaque pas compte.
Je prends une profonde inspiration, serre mon sac contre moi, et jette un dernier regard à Ayden. Il me regarde aussi. Pas un mot. Mais je sais que nous sommes prêts, que nous devons l'être. Que nous n'avons plus le choix.
— Allons-y, dis-je finalement.
Il hoche la tête, et ensemble, nous quittons la chambre, laissant derrière nous le seul endroit où nous pouvions encore prétendre être tranquilles.
***
La rue devant l'hôtel est étroite, presque déserte. Les pavés humides reflètent les lumières des lampadaires, et chaque bruit résonne comme un avertissement. Je serre mon sac contre moi, sentant la présence d'Ayden à quelques centimètres. La situation est inconfortable : nous devons être ensemble, mais nos tensions flottent comme une aura invisible entre nous.
— On reste coordonnés, me dit-il calmement. Pas d'écarts.
— Comme toujours, je murmure, bien que ce ne soit pas vraiment "comme toujours".
Nous avançons, nos pas s'alignant naturellement, malgré moi. Je jette des coups d'œil autour, observant chaque fenêtre, chaque recoin. Paris est magnifique, mais il y a quelque chose de glacial dans l'air. Je ne peux pas oublier pourquoi nous sommes là.
Arrivés devant l'immeuble indiqué dans le dossier, Ayden s'arrête. Ses yeux me scrutent.
— On entre ensemble, dit-il. Aucun doute, aucune hésitation.
Je hoche la tête et prends une profonde inspiration. Nous franchissons la porte, silencieux, et montons les escaliers en colimaçon. Chaque marche grince sous nos pieds, mais nous avançons sans bruit.
Au troisième étage, Ayden s'arrête devant une porte noire. Il sort une clé de sa poche et ouvre lentement. La pièce à l'intérieur est sombre, meublée simplement, mais je sens une présence. Quelqu'un nous attend.
— Ne bouge pas, murmure-t-il.
Je reste derrière lui, le cœur battant. Une silhouette se détache dans la pénombre. Quand la lumière éclaire son visage, mon souffle se coupe. L'homme nous fixe, sérieux, impassible.
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Héritage de sang
RomansaAlizya a grandi dans la peur et la douleur, marquée par la violence de son enfance et la perte de ses proches. Aujourd'hui à Milan, elle hérite d'un monde dangereux : celui de son père, et des secrets familiaux qui bouleversent tout ce qu'elle croya...
