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En faisant glisser la porte de sa chambre ce jour-là, une énorme confusion crispa ses traits. Elle avait reçu un appel de Neji, lui demandant de venir le voir car il allait mieux. Alors toute la journée, elle avait trépigné d'impatience, sautillant dans la rue comme une enfant et souriant à tout va. Cependant elle s'était sentie vidée à l'instant où elle avait vu son corps blanc étendu sur le lit. Autour, il y avait des personnes sans visage qui le touchaient, pleuraient et lui parlaient mais il ne réagissait pas. Elle tenta d'avancer mais chaque pas qu'elle faisait semblait inutile. Elle ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit, alors elle resta immobile, regardant le visage de son cousin se vider du peu de couleurs qu'il lui restait.

Elle observa la pièce se tordre, étouffant les lamentations de ces inconnus qui se comportaient comme si Neji n'était plus. Les fleurs dans ses mains dégagèrent une odeur insoutenable qu'elle sentait pour la première fois de sa vie. Elle serra les dents, baissa les yeux et reconnut la variété ; des glaïeuls. Elle lâcha alors brutalement les fleurs. Que faisait-elle avec les fleurs de la mort dans la chambre de son cousin ?

Une vive panique lui serra la gorge. Elle recula machinalement lorsqu'une flaque visqueuse se dégagea des fleurs. Une substance organique verdâtre, à l'aspect répugnant.

Elle releva brusquement la tête et se retrouva dans cette ruelle, celle où le pervers l'avait suivie. Elle entendait le son des semelles rêches glissant sur le sol, et derrière elle, le souffle rauque d'un homme. Elle regarda autour d'elle, secouée.

Une demi-seconde de silence plana et l'instant d'après elle se mit à courir. Même si ses pas étaient lourds et lents, elle ne s'arrêta pas. Même lorsque la lumière au fond de la rue s'éloigna, elle continua. Elle se mit à hurler. Les murs s'allongeaient, la voix de l'homme se faisait plus forte. Les pas se rapprochaient, alors que les siens semblaient ne plus produire aucun son. Elle ferma les yeux de désespoir et s'emmêla les pieds. La gravité l'entraîna vers le sol et brutalement elle se réveilla dans un lit.

Les yeux fixés sur le plafond, la respiration folle, elle mit quelques secondes à redescendre. Ce n'était pas réel. Elle tourna la tête, enveloppée par l'odeur de l'adoucissant, et reconnut la veste de Shino sur la chaise. C'était vrai, ils avaient passé la soirée ensemble. Quelle heure était-il ? Sans doute avait-elle raté les cours du matin, en plus d'avoir découché à l'extérieur du campus. Cette attitude lui vaudrait sans doute un avertissement. Elle ferma les yeux et profita du calme pendant plusieurs longues minutes. Elle n'avait pas envie d'affronter le monde réel, tout était rassurant dans cette chambre. Elle énuméra mentalement tout un tas de raisons pour lesquelles il valait mieux rester ici et les trouva toutes valables. Sauf qu'il n'y avait pas Naruto... Elle rouvrit brutalement les yeux à cette pensée. Elle roula sur le côté, cherchant son téléphone et le trouva sur la table de chevet. Elle n'avait même pas pensé à regarder son téléphone depuis que Shino était venu la chercher. La panique de la veille l'avait rendue complètement folle. En consultant son historique, elle vit 5 appels manqués et 4 messages. Il était 10h36 du matin... Elle grimaça et parcourut les messages.

« 1h44 : Sai m'a dit que tu étais passé, rien de grave ? J'étais sorti désolé. »
« 1h50 : Pourquoi tu réponds pas ? Tu veux que je passe ? »
« 2h03 : Je sais que tu m'as demandé d'attendre mais il est tard, réponds ou je viens.  »
« 2h14 : Ouvre Hinata, je suis là. »

Chaque message était entrecoupé par un ou deux appels de sa part. Il avait même tenté de la joindre ce matin à 9h. Sûrement était-il passé la voir avant d'aller en cours mais ne l'avait pas trouvée. Elle s'enfonça dans le lit, pleine de remords.

Il fallait qu'elle le rappelle, mais pas tout de suite. Elle n'aurait pas le courage de lui raconter ce qui s'était passé hier. Elle quitta le lit et se dirigea vers la salle de bain. Shino était allé au travail. Il lui avait laissé un post-it sur la porte, lui disant de manger et de ne surtout pas rentrer toute seule. Cela lui ressemblait bien, il avait toujours peur qu'elle s'affame quand elle allait mal. Cependant, elle comptait bien rentrer et assister à ses cours de l'après-midi. Après la douche, qu'elle prit presque brûlante, elle alla dans la cuisine. Elle y trouva un autre post-it la dirigeant vers le frigo. Elle sourit doucement en voyant la salade et le jus de fruit décorés d'un post-it également. Elle trouva des oeufs dans le micro-ondes et une pomme sur la table à manger.  C'était comme un jeu de piste. Elle mangea à sa faim et fit la vaisselle. En réponse à sa petite attention, Hinata colla un mot sur le frigo.
« La prochaine fois, je cuisine »
Chaussures aux pieds, debout devant la porte, elle était enfin prête à partir. Elle prit une grande inspiration et posa la main sur la poignée. Puis elle attendit. De longues minutes. Comme si la porte allait s'ouvrir d'elle-même. Elle se racla la gorge, s'obligeant à bouger la main mais rien.

Brûle Papillon - NaruhinaDes histoires addictives. Découvrez maintenant