Partie 10.

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« Le monde a soif d'amour :tu viendras l'apaiser. »
Arthur Rimbaud.


Zayn faisait le tour duvéhicule pour aller ouvrir la portière d'Emily. Il lui tendait unemain qu'elle acceptait volontiers pour sortir de la voiture. Elleréajustait sa robe au niveau de ses cuisses et regardait autoursd'elle. Jusque ici, elle n'avait pas vraiment prêté attention à laroute. Elle s'était contentée de se concentrer sur la musique et lesilence étrange mais pas gênant que Zayn lui avait donné.

Il l'avait amené un peuà l'écart de la ville, dans la banlieue d'Austin. Round Rock étaitréputée pour être une ville calme mais qui ne manquait pourtantpas de charme. Jack Allen's Kitchen était un restaurant trèssouvent peuplé, mais en ce mardi soir, le hall était désert.L'ambiance était agréable, dans le style texan mais néanmoinscharmant. Les propriétaires avaient su allier le charme local avecles saveurs des plus grands restaurants du monde.

*****

- Seigneur, j'espère quetu vas me pardonner pour ce cliché, mais ... Parles-moi un peu detoi ?

Emily jetait un regard plein de charme au grandbéat qui se tenait assis devant elle. Elle ne le faisait pas exprès,d'avoir de l'effet sur lui. Pour tout avouer, elle espérait qu'ellelui donnait envie de jeter au sol ce qui les séparait, mais ellen'aurait jamais le courage de faire le premier pas, ni de luidemander. Elle se contentait de tenir son rôle de jeune femme propresur elle.

- C'est vraiment cliché,riait-elle de bon cœur. Qu'est-ce que tu veux savoir ?
- Eh bien hum, je ne saispas vraiment si je peux m'autoriser à te demander ça mais ...Pourquoi est-ce que tu as des bleus sur le dessus de ta main ? J'ainoté ça quand nous étions dans la voiture ...

Elle posait sur sonassiette la fourchette qu'elle s'apprêtait à porter à sa bouche.Elle semblait soudainement triste, mélancolique. Nostalgique d'untemps qu'elle ne vivrait jamais plus.

- Je m'excuse,visiblement j'ai plongé dans une fosse qui n'aurait pas dû êtrecreusée ...
- Non Zayn, c'est pas ça.

Le regard de Zayn étaitemprunt d'espérance et de gêne. Il aurait dû se douter que c'étaitla corde sensible qu'il venait de toucher. Une pause se formait dansla conversation, qui devenait de plus en plus embarrassante.

- J'ai juste peur que sije me mets à te raconter ce qu'il se passe, tu changes decomportement avec moi.
- Je ne te verrai pas demanière différente Emy.

Elle souriait du faitqu'il lui avait déjà attribué un nom affectif.

- Tu serais surpris dunombre de personnes qui disent ça mais qui finissent par porter unregard différent sur moi. Je ne vous en veux pas, au contraire, maisc'est dur à assumer. Pour l'instant, j'suis juste la fille qui t'ainsulté à la sortie d'une église. Quand tu me connaîtras, jeserai la pauvre Emily qui ne devrait pas vivre autant de choses à unsi jeune âge. Tu auras pitié, et tu attendras de moi d'avoir uncomportement qui colle avec mon problème. Tu me fais me sentirnormale Zayn. Tu ne peux pas te douter du cadeau que tu me fais, sansmême le savoir.

Elle s'en voulait. Cetteimpression qu'elle venait de tout chambouler, de ruiner la premièrevraie relation sociale qu'elle avait eu depuis des dizaines de mois,elle était lourde à porter. Comme un poids sur sa poitrine quil'enfonçait dans le sol, toujours un peu plus, à chaque respirationqu'elle prenait. Comment pouvait-il en être autrement ? Ellevenait pratiquement de lui dire d'aller se faire foutre, de manièrepolie, mais tout de même. Jamais il ne se relèverait de ça.

Elle poussait sa chaisedoucement et portait sa serviette, qui était sur ses genoux, sur latable.

Zayn sentait qu'il laperdait. Il l'avait poussé dans ses retranchements, et il allaitêtre difficile pour elle de passer au dessus de ça. Il venait de laforcer à parler de quelque chose qu'elle voulait sûrement oublier àtout prix. Elle jetait un coup d'oeil rapide sur son assiette, àpeine entamée, et s'apprêtait à sortir prendre l'air.

Fiction OneDirection 6 (Emily & Zayn)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant