Cher journal,
Au millieu de la nuit, j'ai entendu le cri le plus strident de l'univers! Anne. Alors là, j'ai décidé de me lever, je suis allée dans la cour pour aller voir ce qui se passait dans l'abrit des esclaves. Les pleurs, je les entendais quand je m'approchais, j'avais vraiment peur, mais je continuais à marcher. Quand je n'étais plus qu'à quelques mètres, j'entendis crier Aulivier (le mari d'Anne): Qui va là?! J'étais raide! J'ai cessé tous le bruit que je faisais, puis j'ai rampé jusqu'au mur pour me cacher. Je me suis levée, puis j'ai discrétement regardé par la fente dans le mur de l'abrit. Aulivier venait de tuer le nouvel enfant d'Anne! Saperlipopette! Maintenant, j'avais pitié d'elle! Je l'avais fouettée l'autre jour, je ne l'avais jamais bien traitée, cette femme vit dans la misère et moi, j'ai tout empiré! Aulivier est sorti de la case en cherchant l'intru (moi) du regard. Il était essouflé et enragé. On pouvait voir qu'il avait bû. Après quelques secondes, il revint dans sa case pour frapper sa femme au visage. Celle-ci perdit une dent en même temps pour se remettre à pleurer. C'en était trop! J'ai courru à la cuisine, pris une poêle puis je suis retournée au mur de l'abrit. Je me suis discrétement dirigée vers l'entrée et BANG!! J'ai frappé le crâne d'Aulivier! Il est tombé par terre, la face première. J'ai alors fait signe à Anne que je m'excusais pour tout et que je l'invitais à rentrer dans notre maison en amenant ses enfants. Elle a bien évidemment accepté l'offre. Je leur ai laissé une petite place sur mon lit.
J'ai eu de la difficulté à me rendormir. Toutes les affreuses images défilaient encore dans ma tête. Je me suis aussi demandée: Et si mon mari était comme ça? Je n'ai pas osé y penser trop longtemps.
Je me demande ce que ma mère va dire quand elle va se réveiller... Et aussi ce que va faire Aulivier quand il va se réveiller!
-Mélodie Fortier-
