Et puis un jour, j'ai rencontré cet imbécile d'Antonio. C'était en physique-chimie, la prof l'avait mis à côté de moi. Je ne comprenais pas pourquoi elle m'obligeait à me le coltiner, mais j'ai vite compris quand je me suis rendu compte qu'il comprenait que dalle. Il m'énervait avec ces sourires débiles qui s'étendaient d'une oreille à l'autre, et le fait que, quoi que je lui dise, il continuait à me parler comme si on était potes. Pourtant, une partie de moi était heureuse qu'il soit là, et apporte un peu de couleur dans ma triste existence. Peu à peu, je me suis mis à apprécier sa compagnie, mais je ne lui ai jamais dit. Après tout, j'étais juste son voisin de physique-chimie, à qui il rendait parfois visite sur l'heure de manger. De toute façon, à quelque moment qu'il se pointe, j'étais toujours seul.
Les gens commençaient d'ailleurs à se demander ce qu'un mec aussi populaire que lui foutait avec moi. Moi aussi je me le demandais. C'est pour ça qu'un jour, je l'ai repoussé plus violemment que d'habitude. Le matin même j'avais croisé ma mère qui m'avait lancé un regard hargneux. J'étais vraiment mal ce jour-là, mais il me lâchait pas. Alors je lui ai demandé pourquoi il s'obstinait à venir me parler, pourquoi il se gâchait l'existence à venir me voir alors que je n'étais de toute façon qu'un bon à rien qui ne le méritait pas, pourquoi il prêtait attention à une personne comme moi, qui était voué à l'échec et à la solitude, et puis pourquoi il souriait tout le temps de cet insupportable sourire qui faisait battre mon cœur plus fort.
Sur ce coup-là il a rien dit et m'a pris dans ses bras. Et il a dit un simple « Parce que je t'aime. » qui voulait tout dire. Là, j'ai pleuré comme jamais. J'ai tout évacué. Je n'étais plus tout seul dans mon lit à ressasser mes vieux démons, j'étais dans ses bras à Lui à partager ma souffrance. Et putain ça faisait du bien. « Je crois que... moi aussi. Crétin. » ais-je soufflé. Quand je me suis un peu calmé, il s'est écarté et a mis ses mains sur mes épaules en me regardant dans les yeux, ces yeux dans lesquels je ne pouvais m'empêcher de me perdre chaque fois. « Et parce que tu n'es pas un bon à rien voué à l'échec et à la solitude. Si c'était le cas, comment je ferais pour comprendre les cours de physique ? ». Là, il a souri, et moi aussi, et on a échangé notre premier baiser. ...Et c'est à cause de ça que je me retrouve là, à étaler ma vie devant une putain de psy et à chialer comme un bébé !
La putain de psy a hoché de la tête. Quoi ? Pourquoi tu hoches la tête, salope ? N'empêche, dire tout ça à voix haute, ça me fait prendre conscience de pas mal de choses... Et puis j'ai l'impression d'être libéré d'un poids... C'est... Etrange. Alors l'autre imbécile heureux, Nonno et mon débile de frère avaient raison ? Impossible... Pourtant ? Mmh... Lovino, arrête de te voiler la face, ils avaient raison. Alors j'ai souri à la psy, je l'ai remercié et je me suis cassé. Dehors, Antonio attendait avec un air soucieux. En me voyant il a paru soulagé. Il m'a demandé « Alors, qu'est-ce qu'elle a dit ? ». « Rien ! » ais-je répondu. Et je l'ai embrassé, parce que putain j'étais content qu'il soit là. Et quand mon frère et Nonno sont arrivés quelques minutes plus tard, je les ai pris dans mes bras et je me suis excusé. J'ai passé ma vie à me poser des questions alors que les réponses se trouvaient juste devant mes yeux. Au diable ma mère. Qu'elle aille se faire foutre, si elle est pas contente que j'existe. Parce que c'est bien ce que je compte faire à partir de maintenant, vivre, et prendre soin de ceux que j'aime et qui m'aiment en retour.
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Souvenirs
FanfictionDans cette fanfiction, je vais raconter comment Lovino est devenu aussi vulgaire et désagréable ^^ (mais c'est comme ça qu'on l'aime, n'est-ce pas ? <3 ...Sauf si on l'aime pas mais ça c'est autre chose ^^'). C'est un SpaMano (parce que le SpaMan...