Chapitre 24

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Louis

C'est effrayant d'être baigné dans un milieu qu'on ne connait pas sans y avoir été vraiment préparé. Harry m'a prévenu pourtant, mais je ne me fais pas à tous ces gens qui l'interpellent sans cesse ou à tout ceux qui le prennent en photo sans se demander si c'est intrusif pour lui ou pour sa famille. C'est étrange vu de l'intérieur parce que j'ai toujours trouvé normal de lire la presse People et d'y voir Harry ou n'importe quelle autre célébrité faire ses courses ou être en vacances. Mais aujourd'hui, c'est différent. Aujourd'hui je constate qu'Harry n'a pas le droit d'être fatigué, d'être de mauvaise humeur ou de dire non. S'il veut avoir la paix, il est obligé de privatiser un coin de la piscine et de se marginaliser. C'est pour ça qu'on a tendance à penser que les personnes célèbres ne se fréquentent qu'entre elles. Mais ce n'est pas par choix, c'est simplement parce que les autres les mettent sur un piédestal si haut, qu'eux-mêmes sont incapables de les atteindre. Ce n'est pas Harry qui crée un fossé entre lui et les autres, ce sont ses propres fans qui le font. Parce qu'elles ne le traitent pas comme quelqu'un de normal et que s'il veut pouvoir se reposer, alors il est presque obligé de se cacher.

Je ne compte plus le nombre de fois où, pendant que nous sommes tous en train de parler ou de jouer avec les enfants dans l'eau, des vacanciers de l'hôtel sont venus nous interrompre. Parfois poliment, parfois beaucoup moins. Parfois de manière discrète, parfois de manière très intrusive. Mais le sourire d'Harry demeure toujours le même : étincelant. Sauf que je sais qu'il est faux, ce sourire, parce que je le vois sourire à ses enfants, à sa sœur – ou même à moi – et je sais que c'est différent. Il n'y a pas cette étincelle dans ses yeux. Il est juste habitué. Tout le monde est habitué, en fait ; Gemma, Zayn, les enfants... personne ne s'arrête de vivre quand quelqu'un interpelle Harry. Sauf moi. Moi qui suis mal à l'aise de le voir poser Athéna sur le sol, mal à l'aise de le voir être coupé en pleine phrase, mal à l'aise de le voir s'arrêter alors qu'il revient les mains chargées des cocktails qu'il nous a gentiment proposé de ramener.

Je n'ose pas trop lui en parler, lui demander pourquoi il ne dit pas stop quand il en a assez et, ce matin j'ai compris que c'était parce que s'il disait non, il risquait d'en prendre plein les dents.

Il est tôt et nous nous rendons tous au port pour rejoindre le bateau qu'Harry a loué pour la journée. Trois jeunes filles se précipitent à notre suite alors que nous sortons de l'hôtel. Harry a les jumeaux encore un peu endormis dans les bras. Je porte Lila. Gemma et Zayn ont les mains prises par les glacières et les sacs de plage.

Lorsqu'Harry repère les jeunes filles, il a l'intention de s'arrêter et elles le remarquent alors elles fondent sur nous pour demander une photo.

« Pas maintenant les filles, désolée. »

C'est Gemma qui tranche. Elle est sèche et les filles commencent à être désagréables en lui disant que ce n'est pas elle qui choisit.

« Et comment il fait ? Il allonge ses enfants par terre le temps de la photo ?

– Gemma...

– Non ! Tu es en vacances et tu es vachement conciliant tous les jours. Là, tu ne peux pas. C'est tout. », elle dit alors qu'il affiche une moue désolée.

Harry s'excuse plusieurs fois en disant qu'à un autre moment, il sera ravi de prendre une photo et nous continuons d'avancer. Nous entendons les filles se plaindre avant de monter dans le mini-van qui nous conduira au port.

« J'aurais pu la faire, cette photo.

– Non, tu ne pouvais pas. Il est tôt, tu portes les petits, on a tous les bras chargés. C'est dommage que ça tombe sur elles mais c'est comme ça.

I Swear I Lived - Tome 1Des histoires addictives. Découvrez maintenant