Le samedi fut une journée horrible. J'avais presque oublié ce que c'était qu'un lendemain de fête...
Je passai ma journée tordue sur mon lit, une bouillotte sur le ventre, un verre avec un énième cachet d'aspirine sur la table de chevet et une bassine au sol à moitié remplie de vomis...
Il était hors de question que j'aille rendre visite à Beverly avec cette tête de zombie. D'autant que dès dix heures du matin je reçus des selfies de sa part : elle était fraîche, en forme et me désespérait totalement.
Nina passa la journée avec moi dans la chambre, et j'avoue que son soutien n'était pas de trop. Entre deux séries comiques qu'elle passait en boucle sur son ordinateur, elle était descendue nous chercher à manger pour le midi. Elle m'avait même ramené des pâtisseries : macarons, tartes aux fruits, brownies... Mais je n'avais définitivement pas d'appétit pour cela.
En fin d'après-midi, ma colocataire me força la main pour quitter la chambre. J'acceptais finalement, espérant que cette sortir allait me raffraichir les idées, et on alla donc grignoter un bout dans un snack du coin. Je commençais enfin à me sentir mieux.
Dimanche matin, j'étais - presque - en pleine forme et bien décidée à faire du sport pour prouver à Beverly que ses pilules magiques n'étaient pas plus efficace qu'une bonne séance de sport quotidienne. Je revêtis donc un débardeur, un short et des basket, prête à braver la sueur de l'effort.
Arrivée à la salle de sport, après avoir jeté un léger coup d'œil innocent aux corps en action de quelques mecs présents côté musculation, je me dirigeais vers un tapis de course, toujours autant déterminée. Je posai mon sac à côté, montai dessus et commençai à marcher quand il se mît en route. Une jeune fille qui utilisait un appareil similaire juste à ma droite me toisait sournoisement depuis quelques secondes. Je me redressai et accélérai pour me mettre à son rythme. Ça n'a pas eu l'air de lui plaire puisqu'elle accéléra encore plus. Je la suivis derechef, voulant lui prouver que moi aussi j'étais une sportive, une vraie, une dure.
Oui, jusque là je pensais qu'il était simple de faire du sport.
J'étais désormais en plein sprint - en tout cas c'est ce qu'il me semblait -, totalement essoufflée et sur le point de m'écraser contre le tapis. Je n'arrivais définitivement plus à suivre le rythme de ma voisine qui jubilait de son côté, faisant fonctionner ses jambes de gazelle comme si c'était la chose la plus évidente au monde.
L'engourdissement dans mes jambes, mon souffle court et mon coeur martelant douloureusement dans ma poitrine me donnèrent la sensation épuisante que je courais depuis une éternité. J'étais ainsi persuadé que je courais sur ce tapis de malheur depuis au moins trente minutes, en tout cas jusqu'à ce que je jète un coup d'œil au chronomètre qui affichait mon temps sur le tapis de course : quatre minutes et vingt secondes.
Je poussai un long gémissement de désespoir face à ce chiffre qui me déstabilisa tellement que la drame arriva : je m'étalai comme une crêpe contre le tapis, rapidement éjectée sur le sol de la salle.
Le temps de me remettre de la chute, je pus entendre le rire sournois de Mademoiselle la Gazelle alias la vraie sportive. Agacée par cet échec, j'attrapais mon sac et quittai la salle de sport. Une fois dehors, je m'assis quelques minutes pour retrouver une respiration normale et en profitai pour envoyer un message.
A: Beverly A: 9h48
J'abandonne pour le sport, je n'ai pas tenu plus de quatre minutes...
Il fallait bien admettre que c'était un échec. Jusqu'au jour où je trouverais un coach ou un vrai objectif, le sport et moi ça fera deux.
De: Beverly A: 9h57
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The Equestrian's School (1D)
FanfictionL'Université de Southampton. La plus chère et la plus renommée université d'Angleterre alliant Etudes et Equitation. Kimberly Cooper se voit confrontée à un monde impitoyable, où la prétention, l'orgueil et l'argent sont les maîtres-mots. Il était e...
