"Mon cher Watson,
Si tu sais une chose de moi, c'est à quel point je suis un "connard", comme tu aimais le dire. J'ai toujours manqué de tact, il est vrai.
Je ne sais pas si te communiquer cette missive est une bonne idée, si tu l'ouvriras au moins, car je te sais soucieux et méfiant envers l'inconnu. Je t'imagine parfaitement, retournant plusieurs fois une enveloppe bon marché entre tes mains, te décidant à faire le grand pas, ouvrir, laisser scellé, ouvrir, brûler. Mais tu le feras. Parce que tu adores l'inconnu, même si tu veux te persuader du contraire. Alors je sais que ces mots seront un jour lus par l'homme qui m'accompagna à travers maintes aventures.
Et je ne dis pas cela pour faire mon "spectacle". Je ne suis pas doué en sentiments, alors imagine-moi sur la scène d'un théâtre anglais, comme le Royal National Theatre. C'est tout simplement insensé.
Enfin, je ne suis pas là pour déblatérer sur des choses inutiles.
John, je te présente toutes mes excuses.
Je n'ai rien de plus à dire, à part que oui, tu avais raison, je suis un connard. Tu pleurais sur ma tombe, je partais dans le lointain. Tu déménageais, je coursais Moriarty. Tu voulais en finir avec ce monde, je me faisais attrapper en Serbie.
Je n'ai rien pour me faire pardonner, à part peut être la promesse d'un retour, si tu acceptais un temps soit peu ma présence à tes côtés. Saches que si le simple fait de me voir te donne envie de tuer quelqu'un, moi par exemple, il suffit que tu fasses brûler cette stupide lettre ou que tu insultes mon crétin de frère comme tu le fais si bien. Ou faisais ? Qui es-tu devenu, John Watson ?
Tu avais fait de moi un homme bien. Si je devais revivre cette vie, je ne le ferai que pour cette courte période passée à tes côtés. Car si la morphine savait stimuler mes pensées, si la cocaïne me faisait oublier ce monde lugubre, toi, John, tu m'avais rendu heureux. J'en avais oublié d'être désagréable avec tout le monde, de retrouver mon étui maroquin que tu m'avais dérobé, et de racheter des solutions à 7%. Tu m'avais fait aimer, peut-être un petit peu, bien que cela reste à la même hauteur que mon amour pour la stupidité, mon frère.
Je voudrai revenir, je voudrai te revoir, je voudrai oublier, je voudrai te faire oublier.
John j'ai besoin de savoir comment tu vas, comment tu te sens dans ta nouvelle maison si vide de moi. Te sens-tu seul ?
Parce que moi, c'est la première fois que je me sens vide de quelque chose.
SH"
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"Cher Watson"
FanfictionDeux ans après le suicide de Sherlock Holmes, John Watson, l'ancien colocataire du grand détective, reçoit une lettre à sa nouvelle adresse, d'un destinataire inconnu. A travers une conversation épistolaire, aux multiples facettes, les deux protagon...
