Chapitre 67

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Je ne pensais pas que ce serait dans ce café, là où tout à commencé, qu'on renouerait le dialogue. Et pourtant maintenant ça paraît plutôt logique. C'est ici qu'on a appris à se connaître après tout...

-T'as l'air d'aller mieux, parle-t-il sans trop soutenir mon regard.

-J'ai l'air, oui, répondais-je en replongeant dans mon livre.

Mickaël décide de s'assoir sur la banquette face à moi et reste d'abord silencieux. Chose qui m'agace.

-Bon qu'est-ce que tu veux ?

Il se redresse légèrement, un peu gêné de me rendre irritable rien que par sa présence.

-Fait vite car j'aimerais être seule.

Il pince ses lèvres.

-Ça fait longtemps qu'on s'est pas adressé la parole.

-C'est le principe d'une rupture Micke. Qu'on ne soit plus ensemble car on a plus rien à se dire.

-Et elle est obligée de se dérouler comme ça notre rupture ? Je le dévisage.

-Tu veux qu'elle soit comment ?

Il hausse les sourcils en jouant avec son briquet sur la table.

-Ben... J'sais pas. On pourrait essayer de se reparler. De reconstruire un truc.

-Un truc ? Soit plus clair Micke parce que ça commence à sérieusement m'agacer tes p'tits manèges pour faire ce que tu veux de moi.

-Mais nan, grommelle-t-il en regardant la rue en coin, j'suis juste paumé et j'sais pas c'que j'veux.

-Si tu sais pas je vais pas savoir pour toi.

Il se redresse complètement, le regard soudainement dur.

-Je sais c'que j'veux, reprend-il sûr de lui, j'te veux toi point barre ! Tu m'manques, j'suis désolé d'avoir fait le c*n et je voudrais qu'on ressorte ensemble parce qu'être en couple ça nous va mieux qu'être des ex !Je reste toute perdue face à ses mots et ne sais trop quoi dire.

-D'accord... Et si ce n'est pas réciproque ?Il souffle du nez en secouant légèrement la tête, le regard pensif sur la table.

-T'es en train de me dire que je te manque pas et que tu veux plus de moi ?

-Si. Si bien sûr que tu me manques, bien sûr que j'aimerais qu'on soit ensemble. Je t'aime alors oui j'aimerais tout ça. Mais c'est pas suffisant.

-Suffisant pour me pardonner ?

-Pour te refaire confiance, concluais-je en rangeant mon livre dans mon sac à main.

J'enfile mon manteau et me dirige vers la porte.

-Moi aussi je t'aime.

Je m'arrête. Quel culot...

-Tu dis ça dans le doute, lui demandais-je dans un petit sourire insolent.

Je tourne les talons.

*

C'est assise à même le sol sous une couverture, face à ma baie vitrée lavée par l'averse, que je porte mon téléphone à mon oreille.

Conversation par téléphonique :

-Oui ?

-Bonsoir papa. J'espère que je ne te dérange pas, j'ajoute d'un ton hésitent. 

-Non. Je fume sur la terrasse. 

-Et maman et Alonzo ?

-Elle regarde la télé et ton frère fait encore je ne sais quoi dans sa chambre.

Jify : Entre deux cœurs (Volume 1)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant