Conversation par message :
-Je sais que je viens de lâcher une bombe en prenant la parole dans ces haut-parleur. Mais il le fallait. Si vous voulez plus détails je suis au café.
Fin conversation.
J'imagine que le "vous" englobe aussi Stefan et Jean. Je coupe mon téléphone et pars déterminée rejoindre Micke immédiatement ! J'entre au Coffee of confidences et le retrouve patienter dans un coin. Comme je le voulais, je suis arrivée avant les garçons. Je me présente devant lui et il relève la tête. Là, il mordille sa lèvre sous la nervosité qui doit l'accabler.
-Fallait percé l'abcès un jour, parle-t-il dans un timide sourire.
J'hoche la tête et fais disparaitre mes quelques larmes d'un coup de manche.
-T'as bien fait.
Je m'installe à ses côtés sur la banquette et il semble d'un coup terriblement soulagé que je le prenne dans mes bras. Au dessus de son épaule, j'aperçois Stefan et Jean dans la rue. Je me sépare du blond et prend sa main en guise d'accompagnement, de soutien. C'est donc autour de boissons chaudes que Mickaël fait face à ses deux meilleurs amis. Stressé, il prend une grande inspiration.
-J'suis désolé, commence ce dernier en ne quittant pas des yeux sa tasse, je voulais pas que vous l'appreniez comme ça. Je m'étais dit qu'il était temps que je vous explique mes problèmes de santé. Même si vous m'avez entendu en parler dans les hauts parleurs, je veux mieux vous racontez. Sauf si... Sauf si ça vous enchante pas plus que ça...
Le roux et le brun s'échangent un regard.
-Tu rigoles, rétorque Jean agacé, on attend que ça.
-À vrai dire Micke, on s'est douté que quelque chose n'allait pas chez toi, avoue Stefan, dès le premier jours on a remarqué, mais on a jamais su quoi. Et te le demander, était assez délicat...
-J'comprends...
-Vieux... Hum... J't'avoue être complètement paumé alors ton histoire est la bienvenue, ajoute Jean.
-Ouais, bien sûr, mais... Il y a des trucs vraiment pas facile à dire et j'ai peur du jugement.
-Arrête, soupire le brun, on va rien dire. Après tout ce qu'on a vécu tous les trois et j'sais que c'est pas la fin, on va pas t'juger.
Il me jette un petit regard puis le rebaisse, concentré.
-Mes parents ont vu que quelque chose n'allait pas quand j'avais quinze ans, le jour où j'ai fait une violente crise. On était dans un parc et je me suis jeté sur une route pour insulter tout le monde sans raison. Un homme m'a assommé par colère et je me suis réveillé à l'hôpital psychiatrique.
Nous le regardons, très à l'écoute.
-J'en ai refait une deuxième dans ma chambre après un match de basket. J'ai insulté mon père et ma mère dans toutes les langues que je pouvais, ricane-t-il discrètement exaspéré par lui-même, deuxième séjour en HP et là, j'ai eu comme diagnostic, bipolaire. Donc je suis resté un an, au lieu d'un mois.
-Un an, répète Stefan, comment ça se fait ?
-Mon cas ne s'arrangeait pas, au contraire, il empirait et je pouvais pas sortir, j'étais complètement instable, un vrai fou. J'ai commencé la mutilation et à être mutilé.
-Comment ça, demandais-je.
-Y avait un ex infirmier qui était devenu directeur. Très bienveillant au tout début puis un jour il a pété un plomb et est devenu aussi fou que les patients. Il s'était mis en tête qu'il pouvait me guérir à l'ancienne. J'ai subi des saignées, explique le blond en levant ses manches, là, c'est lui qui me l'a faite, là aussi.
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Jify : Entre deux cœurs (Volume 1)
Ficção AdolescenteCarmela a 19 ans. Jeune et pourtant bien partie pour un avenir très prometteur, elle met toutes ses chances de son côté pour réaliser son rêve lorsqu'elle décide de partir à Londres pour continuer ses études. En arrivant dans sa nouvelle école où bo...
