L'ÉCLAT DU MONDE
Histoire courte
PAULINE n'appréciait pas les films violents. Elle n'aimait pas avoir mal, comme tout le monde, mais elle n'aimait pas voir d'autres personnes avoir mal. Elle avait toujours été comme ça, un peu naïve. Un peu candide. Elle pensait que le monde était beau, que tout autour d'elle était beau.
C'est avec appréhension qu'elle saisit, d'une main tremblante, le ticket que lui tendait la caissière. Elle hésita un instant avant d'entrer dans la salle. Mais la pensée de Laure la convainca d'avancer quand elle se remémora les paroles pleines de conviction de son amie.
❝Il est génial, lui avait-elle dit.❞
❝Tu ne t'ennuyeras pas, lui avait-elle promis.❞
Mais, Pauline en doutait.
Alors que les lumières s'éteignaient, plongeant la salle dans l'obscurité, Pauline se mit à tapoter nerveusement l'accoudoir de son fauteuil. L'écran s'alluma, comme animé par l'obscurité naissante. Durant les premières minutes, Pauline se détendit. Un peu. Ce film lui faisait penser à un qu'elle avait visionné l'année dernière, en cours d'histoire : Un long dimanche de fiançailles.
L'action ne tarda pas à arriver.
American Sniper. Ce film portait bien son titre. Et Pauline n'aimait pas les films de guerre. Elle aurait voulu fuir cette salle et toute la violence qu'elle contenait, aller au toilettes se passer de l'eau sur le visage, rentrer chez elle, se glisser sous la couette, regarder une série, et ne sortir que lorsque sa mère l'appelerait pour dîner. Pourtant, elle ne bougea pas. Elle resta confortablement installée dans le fauteuil rouge du cinéma portant le numéro 11. Les mains si crispées sur les accoudoirs que ses jointures en étaient devenues blanches.
L'homme était allongé dans les débris du toit d'un immeuble, avec une barbe de cinq jours et un viseur en main. Une autre personne, sans doute son supérieur, aboyait des ordres dans l'oreillette du soldat nommé Chris Kyle. Il était tendu, comme Pauline l'était également sur son siège, mais lui semblait attendre quelque chose.
Les chars de l'armée américaine s'arrêtèrent quand une femme, habillée comme une bonne-soeur, et un jeune enfant sortirent d'une maison. Bras levés, pour montrer qu'ils n'y avaient pas de raison de tirer. Mais, le coeur de Pauline rata un battement à l'idée que ces soldats auraient pu tirer sur des civils. Avant que son pouls ne s'accélèrent brusquement en voyant l'éclat d'une grenade sous la robe de la femme.
Chris Kyle aussi l'avait remarqué.
Lorsqu'il en fit part à son supérieur, ce dernier donna l'ordre de tirer. Le soldat semblait hésiter. Longtemps. Et Pauline éprouva soudain beaucoup de compassion pour ce soldat qui possédait un coeur.
Jusqu'au bout, elle cru qu'il ne tirerait pas.
Elle eu l'espoir qu'il range son arme, qu'il ose dire le fond de sa pensée en choisissant de ne pas tirer sur ces deux civils. Mais, le sniper tira et la grenade explosa.
Lorsque les lumières de la salle se rallumèrent à la fin du film, un joyeux désordre emplit la salle. Pauline, elle, resta assise. Immobile. Son cerveau, amorphe, n'était en état de penser qu'à une seule chose :
❝Alors, c'est ça le monde aujourd'hui ?❞
FIN
NDA : Voyez-vous ce texte c'est mon écrit d'invention pour mon bac de français (le seul et l'unique bac officiel), je me suis dit que si il avait plu aux correcteurs peut être qu'il plairait également à certains d'entre vous (a quelques mots près évidement vu que j'ai retranscrit ce dont je me souvenais).
❝A la manière des auteurs de ces romans (voir corpus), vous imaginerez le récit que pourrai faire un spectateur/une spectatrice d'une séance de cinéma qui l'aurait particulièrement marqué(e). Votre texte, d'une cinquantaine de ligne, comportera les références au film, la description des émotions ressenties et des réflexions diverses suscitées par la représentation.❞ (voici le sujet 2017).
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Noétique
Non-Fiction❝Chaque fois que quelqu'un crée quelque chose de tout son cœur, alors cette chose reçoit une âme❞ C'est un peu le bazar. COVER PAR @lvnaetic
