Le soir venu, nous allons souper dans un fast food dans Times Square après avoir visité le musée de cire et avoir fait un bref tour dans celui de Ripley's avec tous les records du monde.
Loin d'être fatigués, nous faisons un tour dans chaque petit magasin de souvenirs. Nous achetons des objets inutiles mais mignons pour notre famille (c'est l'intention qui compte!). Je pense à mon père. Merde. Je l'ai complètement oublié. J'ai oublié de culpabiliser.
Mais voilà, ça y est, je culpabilise. Ça me tombe dessus comme ça alors que je passais un bon moment en bonne compagnie.
Je sors mon cellulaire.
Merde merde merde merde merde. Dix-neuf appels manqués de mon père et six autres de gens qui connaissent mon père et qui doivent s'inquiéter. J'ai aussi plusieurs (que dis-je, d'innombrables) textos sur chaque application où l'on peut se communiquer par sms.
Je grince des dents, les larmes au bord de mes yeux. Je me sens très mal.
Je voudrais appeler mon père de suite mais à l'endroit où je me trouve, je suis dans l'impossibilité d'appeler qui que ce soit, il y a tout simplement trop de bruit qui m'entoure. Je ne l'entendrais même pas même s'il criait au bout du téléphone.
- Maddie?
Aaron passe son bras autour de mes épaules comme pour me réconforter et m'assurer qu'il est là pour moi. Il m'emmène vers une crémerie, où l'on s'achète d'énormes crèmes glacées bien garnies de caramel et de chocolat.
Il est passé neuf heures lorsque nous retournons à l'hôtel. Nous avons les jambes molles d'avoir marché pendant un long moment et d'être restés debout presque en permanence. Épuisés, mais tout de même pas assez pour aller se coucher, nous décidons de se faire une trempette dans la piscine de l'hôtel, que nous retrouvons vide à l'exception d'une vielle personne qui barbote dans son coin avec trois nouilles.
Alors que je nage, je pense à ma journée. Déjà en partant, je suis à New York, ce qui est fou. Je ne pensais jamais m'y retrouver à l'instant même. Puis, il y a ce jeune homme dans le musée de cire, que je ne peux pas m'enlever de la tête, sans savoir pourquoi. Et il y a cette nourriture malsaine qui m'a fait sentir comme une patate mais qui sur le coup était absolument délicieuse.
Et enfin, il y a mon père. Avant de venir à la piscine, je lui ai envoyé un bref texto lui résumant dans les grosses lignes ce que je faisais, sans pour autant dévoiler ma location. Je l'ai rassuré, lui répétant à maintes reprises dans un seul message que j'allais bien et que j'étais en sécurité.
J'ai peur de sa réponse. Je suis à peu près sûre qu'il lira mon sms ce soir. J'aurai sûrement une réplique lorsque nous rentrerons de la piscine.
-À quoi tu penses? Me demande Aaron en nageant doucement vers moi.
Je souris et enroule mes bras autour de son cou.
-À tout plein de choses.
Il sourit et se met à nager en m'entraînant avec lui. Il fait des conneries, qui me font rire. Il plonge sous l'eau, me plongeant par la même occasion avec lui. Nous rions en chœur (nous avons peut-être même dérangé la vieille personne qui était tranquille dans son coin) pendant de longues minutes qui passent trop vite. J'adore Aaron, c'est le meilleur meilleur ami que la Terre ait porté.
Nous regagnons la chambre vers onze heure et demie. Nous nous changeons a tour de rôle et nous nous réunissons dans le petit salon pour discuter de demain. Fébrile, j'ai hâte de savoir ce que l'on va visiter.
Mais mon énervement retombe vite lorsqu'il m'annonce que demain il travaille. Il devra être sur le plateau de filmage toute la journée. Déçue, j'accepte quand même de l'accompagner le lendemain.
Nous allons au lit, prenant bien soin de placer une barrière d'oreillers entre nous, que nous ne respectons pas du tout puisqu'elle se détruit après à peine quelque minutes.
C'en était une, une journée.
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Dix-huit jours
AdventureMaddie est la fille d'un père très sévère mais elle est également la meilleure amie de Aaron, qui s'apprête à partir à New York pour un rôle qui lui ouvrirait de nombreuses portes dans le monde du théâtre. D'un côté, elle veut partir avec lui et goû...
