Chapitre 5

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Gakushû observa la capsule pendant que Nagisa conduisait. Un million d'années, c'était quasiment être immortel. 

- Nagisa. 

- Oui ? 

- C'était comment, quand ton compteur s'est activé ?

Nagisa déglutit, en se rappelant rapidement de l'événement. Comment oublier ? Il s'en souviendrait sûrement toute sa vie, longue ou courte. 

- Je dormais. J'ai eu l'impression d'entendre mon cœur s'arrêter de battre. Quand il a démarré, je me suis mis à pleurer. J'avais vécu en posant problème à mes parents, et là, je devais payer à mon tour. J'étais heureux, dans un sens, je pouvais participer aux dépenses. Parfois, je regrette d'être né. Je n'ai causé que des soucis à mon entourage... Je ne sais même pas si j'ai encore le droit de vivre... 

- Ne dis pas ça. Tu voudrais aller les voir ? 

- Gakushû. Ils sont morts, souffla Nagisa. 

L'orangé se tut. Un sentiment de malaise profond lui noua les tripes. Il avait envie de pleurer, il avait bien entendu la tristesse dans la voix de son amant. Il tenta de changer de sujet : 

- Moi, quand il s'est activé, j'étais à la fac. J'ai mis de l'encre sur ma copie, parce qu'en plus, j'étais en examen. J'ai dû tout recommencer. 

- Pfff... tu n'es pas possible.

Gakushû esquissa un sourire en voyant Nagisa retrouver des couleurs. Mais ce sentiment horrible le hantait toujours. 

*** 

- Plus haut, les bras.

Nagisa souffla et glissa ses bras sur ceux de son amant, pour les redresser. L'orangé tenait un pistolet, les bras tendus. 

- Tu ne sais même pas viser ? 

- Eh oh, tu sais, toi, peut-être ?

Le bleuté, avec une mine blasée, posa ses mains sur celles de Gakushû et tira. 

 - Oh, tu es doué... 

- Contrairement à toi, finit Nagisa. 

- Je suis doué pour autre chose, moi...

L'orangé se tourna vers son amant et passa ses mains sur la taille de celui-ci. 

- Tu veux me prendre ici et maintenant ? 

- Pourquoi pas ? 

- Mhhh bien vu...

Le dominant releva les cuisses de son soumis pour l'asseoir sur le capot de la voiture volée. Ils échangèrent un baiser passionné, pendant que l'orangé libérait l'accès à l'intimité du plus jeune, qui tremblait d'impatience. Rapidement, ils furent l'un dans l'autre, savourant cette délicieuse sensation. Être en vie, et surtout, ensemble. 

 - On devrait trouver un hôtel pour terminer ça, tu ne crois pas ? En plus on a de quoi payer... 

- Oui, remettons-nous en route pour le secteur 13. Enfin, on repartira quand je t'aurai fait jouir.

Gakushû se mit alors à faire de grands va-et-viens, forçant Nagisa à s'accrocher à lui, geignant de plaisir. Le dominé passa ses doigts dans les cheveux de son amant et les tira quand il jouit, submergé par le plaisir. 

- Je te terminerai dans un lit. 

- Termine-moi et recommence-moi autant que tu voudras, Gakushû, c'est tellement bon... 

- Alors je te recommence tout de suite, rétorqua l'orangé en se léchant les lèvres.

Ce fut vers vingt heures que les deux fuyards arrivèrent à un hôtel. Une femme était au guichet, et derrière elle, les clés des nombreuses chambres. 

Time OutWhere stories live. Discover now