Chapitre 6

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La voiture s'arrêta au contrôle du secteur 13. Nagisa tendit son bras.

- Prenez deux mois, vous ne nous avez pas vus.

L'homme du guichet souria et les laissa ensuite passer. Nagisa appuia sur l'accélérateur et entra dans le secteur 13. A ce moment là, les Gardiens du Temps devaient sûrement savoir qu'ils s'y trouvaient. Et c'est ce qui fit sourire Nagisa. Il prenait un certain plaisir à faire balader.

***

- Monsieur Karasuma, ils sont entrés en zone 13 !

- Vous avez enfin réussi à localiser le million ?

- Oui ! Il ne vous reste plus qu'à les rattraper. Nous nous transmettons leurs coordonnées.

- Transférez-moi aussi mon temps... Quoique non, pas encore ! Je le prendrai après.

Karasuma changea alors de sens et accéléra lorsqu'il reçut la localisation. Il devait rattraper ce million. Jamais il ne se laisserait battre. Il suivit les coordonnées de ses deux proies, qui ne cessaient de changer. Tant pis s'il ne respectait pas les limites de vitesse.

***

Nagisa s'arrêta devant le don de temps. L'un de ses amis, Tomohito Sugino, tenait ce centre, qui servait à redistribuer du temps. Le bleuté ouvrit la porte.

- Tu en as mis, du temps, pesta Sakura, une petite fille qui s'entendait plutôt bien avec Nagisa.

- C'est pas grave, Sakura, on en a plein, rétorqua-t-il en lui tendant le million.

Un bruit de frein se fit entendre. Nagisa tourna la tête et vit Karasuma sortir de sa voiture. Il poussa Sakura, tandis que des passants venaient voir ce qu'il se passait.

- Nagisa Shiota, Gakushû Asano, je vous arrête !

- Il faudra d'abord nous attraper, Karasuma.

L'affichage lumineux au dessus de la porte de Tomohito afficha alors "Temps" au lieu de "En rupture de temps". La foule courut vers le bâtiment, emportant Nagisa et Gakushû. Ils en profitèrent pour partir en courant.

- On doit atteindre le secteur 12 ! Tu as combien ?

- Quarante-cinq minutes, souffla Gakushû.

- On va y arriver si on ne s'arrête pas !

- Comment tu fais pour vivre comme ça ?! A la minute près ?

- J'ai abandonné les grasses matinées et j'ai cumulé les nuits blanches ! Je ne les compte même plus !

Gakushû soupira et pesta :

- Tss, les grasses matinées, chez moi, c'est sacré...

- Va falloir trouver un autre truc sacré, alors !

Nagisa sentait un point de côté, mais il n'y prêta pas attention. S'il s'arrêtait, il était mort. Gakushû aussi. Et tous les autres seraient morts en vain. Monsieur Matsukata, son père, et sa mère. Il ne pouvait pas s'arrêter aussi près du but. Jamais, non, jamais ce système ne gagnerait.

- Là-bas ! On y est presque !

- Ne t'arrête pas ! Cria Nagisa, sentant la douleur qui ne tarderait pas à prendre le dessus.

Le bleuté avait de plus en plus de mal à respirer, la course et tout ce qui était physique, ce n'était pas vraiment son truc. Gakushû, lui, il semblait tout avoir pour lui. Alors Nagisa prit une décision, en voyant le temps sur son bras.

- Stop !

Les deux bandits s'arrêtèrent. Karasuma, légèrement essoufflé, se tenait devant eux, les visant.

- Vous courrez vite.

- Je vous renvoie le compliment, rétorqua Gakushû.

Nagisa tentait de reprendre son souffle, mais il sentait une douleur affreuse qui semblait lui détruire le poumon.

- Vous vous êtes joués de moi trop longtemps. C'est l'heure de passer en justice.

- Préférez-vous qu'on parle ici et qu'on meure tous les trois en voiture ? Souffla Nagisa, cette réplique lui coûtant la fin de sa couverture.

Le bleuté tomba sur ses genoux, tenant son cœur, respirant fortement. Il n'arrivait plus à résister, la douleur était trop forte, il ne pouvait plus bouger avant d'avoir complètement récupéré. Il était à deux doigts de s'évanouir.

- En voiture... mon temps, je l'ai... !

Karasuma fut pris d'une crise cardiaque. Gakushû s'approcha et observa son poignet. Treize zéros.

- Nagisa, on doit... Nagisa ?

- Pars sans moi, c'est toi qui y va... Je peux plus... je... prends mon temps.

Nagisa souria et tendit son bras. Il restait aux deux environ une minute.

- La voiture, le temps ! S'exclama Gakushû, avant de partir en courant, vers le véhicule de Karasuma, qu'on voyait en haut de la route.

Le bleuté se laissa tomber, allongé. Cette fois, il allait y passer. Après toutes ces fois où il avait failli mourir, c'était terminé. Le poker, il avait survécu, toutes ces fois où il avait joué contre ses amis aux cartes, il avait survécu. Et là, sauvant son amant, celui qu'il aimait, et tout son secteur, il allait mourir.

Une peur immense le submergea. Il observa son bras. Vingt secondes. Il s'assit plutôt vite, puis essaya de se lever. Non, il ne pouvait pas mourir maintenant.

"Ce qu'il veut, c'est vivre avec son mari, tout comme moi je veux vivre avec toi."

Comment pouvait-il avoir oublié ça ? Nagisa aussi voulait vivre. Avec Gakushû. Il se mit à courir, mettant ses dernières forces dans ses jambes. Gakushû, plus rapide et ayant plus de souffle que lui, arrivait de l'autre côté à une vitesse incroyable. Nagisa regarda son bras. Pourquoi si près ? Pourquoi allait-il mourir ?

Gakushû tendit son bras, son amant le copiant. Ils se prirent la main, et dans les toutes dernières secondes, Gakushû donna la moitié de son temps à Nagisa, qui tomba, à genoux, complètement vide.

- Là, ne parle pas, respire, Nagisa. Tout va bien, tu n'es pas mort.

- Co... com... bien...

- Je t'ai dit de ne pas parler. Un jour. On peut en faire, des choses, en un jour.

Nagisa se mit à sourire et ferma les yeux. Son amant le souleva. Le bleuté pensa alors qu'il pouvait enfin s'évanouir tranquillement, ce qui arriva. Il tomba dans les pommes, un grand sourire aux lèvres.

Mais au moins, il était en vie, et Gakushû aussi. Personne n'était mort en vain. Et à présent, c'était la fin du système de secteurs qui voyait le jour.

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JE VAIS METTRE L'ÉPILOGUE JUSTE APRES BOUGEZ PAS

#Historia

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