Chapitre 6 - Rival ou Allié?

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Katsuki POV

Je l'ai suivi avec une certaine distance pour ne pas qu'elle me remarque. Il y a quelque chose qui ne va pas chez elle. Si elle fait en sorte d'être seule c'est qu'il y a une raison.

Normalement je m'en fouterai et je ne prêterai pas attention à ses problèmes, mais avec elle c'est différent. Depuis la fin de l'examen j'ai en quelque sorte, eu du respect pour elle. Elle n'est pas comme tous ces faibles qui ne méritent pas qu'on leur adresse la parole. Elle est forte, mais ça je ne l'avouerai jamais. Ma fierté est en jeu.

Je suis entré dans le vestiaire masculin et ai commencé à me changer. De l'autre côté du mur je pouvais entendre des gémissements de douleur, parfois des cris faibles et étouffés. C'est pour ça qu'elle tremblait quand elle sortait ses ailes, ce doit être ce qui la fait souffrir. Je comprends mieux pourquoi elle veut rester seule pour se changer.

Une fois prêt je suis sorti et je l'ai attendu. Heureusement ça n'a pas duré longtemps. Elle sorti quelques minutes plus tard, l'air complètement défoncée.

En fait, je me demande si c'est pas pour une autre raison qu'elle gémissait…

* * *

(T/P) POV

Après m'être changée je suis sortie du vestiaire. J'avais très mal dans tout mon dos à cause de mes ailes. Faudrait que je prenne une des pillules de Jin, sauf que je les ai oublié à la maison dans la précipitation.

J'ai péniblement marché dans le couloir quand j'ai remarqué que quelqu'un était appuyé contre le mur. C'était Bakougo. Je me suis redressé et ai affiché une expression froide.

Voilà l'abruti qui se croit meilleur que moi. Qu'est-ce qu'il fout là? Merde, il m'a sûrement entendu. Bon, je fais quoi?
"Qu'est-ce que tu fais ici?"
"Tch. Qu'est-ce que ça peut te foutre?"
"Rien. Aurevoir."

J'ai commencé à partir, mais ce qu'il a dit ensuite m'a fait arrêter :
"Ça fait mal, hein?"
"De quoi tu parles?"
"Arrêtes de faire l'andouille. Je sais que tu crèves de douleur à chaque fois que tu sors et rentres tes ailes."
"…*soupir*…Je me doutais que tu ne mettrais pas longtemps à le remarquer."
"Évidemment, t'es pas dicrète."
"Assez pour que personne jusque là, à part toi, ne s'en rende compte."
"La ferme!"

Le silence s'installa sans qu'aucun de nous ne sache quoi dire. Je devais tout de même m'assurer qu'il n'allait pas le crier sur tous les toits :
"Tu comptes le dévoiler aux autres, n'est-ce pas?"
"Tch. Pourquoi je ferais ça?"
"Je ne sais pas. À toi de me le dire."
"Je n'ai aucune raison de le faire si t'en n'as pas envie."
"Daccord... Merci."

Encore une fois je me suis retournée pour partir, mais encore une fois il m'a fait arrêter :
"Oi le piaf, un dernier truc. J'ai réfléchi à ce que t'as dit l'autre jour."

Je n'ai rien dit pour le laisser continuer, toujours dos à lui.
"Je serais avec toi, mais je serais également contre toi. À partir de maintenant je serais ton allié et aussi ton rival, mais va pas t'imaginer qu'on est amis. T'as juste le droit de m'adresser la parole sans que je te défonce la gueule. Alors, t'en dis quoi?"

Un sourire s'esquissa sur mon visage alors que je commençais à marcher, lui faisant simplement un geste de la main en signe d'accord.

* * *

Je suis entrée dans la salle de classe et suis allée au fond. J'ai pris le siège le plus éloigné, qui est d'ailleurs carrément exclus, à côté d'une fenêtre. Quelqu'un est sûrement déjà assis là, mais pas grave maintenant c'est ma place.

Il y avait plusieurs papiers posés sur chaque bureau. J'ai pris ceux sur le mien et suis parti du lycée.

En sortant je vit quelqu'un attendre à la sortie. Il portait une capuche noire cachant son visage, mais je savais exactement de qui il s'agissait.

Je l'ai approché et lui ai dit nonchalamment :
"Qu'est-ce que tu fous ici, Dabi?"
"Quoi, j'ai pas le droit de venir t'attendre devant ton lycée?"
"Je suis pas une gamine et t'es pas ma mère, alors je vois pas l'intêret de le faire."
"Ferme-la. Je me suis déplacé jusqu'ici parcqu'on doit aller acheter de la bouffe et que j'ai pas 8 bras."
"Dommage, un mec de ma classe en a 6."
"M'en fout. Amènes-toi."

Sur ces mots d'une grande délicatesse, nous partîmes donc en direction d'un magazin.

* * *

En arrivant au supermarché il me lança un petit tube en me disant :
"Tiens, tu l'avais oublié."
"Il était pas censé être dans ma chambre?"
"Ouais et alors?"
"Je t'ai déjà dit de pas rentrer dans ma chambre?!"
"Je fais ce que je veux, c'est ma maison!"
"Parcque t'appelles ça une maison?"
"C'est toujours mieux que le sous-sol!"
"…"
"…"
"T'es allé un peu fort là..."
"Ouais… Désolé."
"Pas grave, c'est rien."
"T'es sûre?"
"Ouais. Bon on va la chercher cette foutue bouffe?"
"Hm."

Nous avons traversé les rayons en récupérant ce dont on avait besoin. Par la même occasion, on a pris un sac pour y mettre nos achats. D'ailleurs pourquoi il en a pas pris un avant de venir?
"Hey, pourquoi t'as pas pris de sac?"
"Parcqu'on en a pas."
"Ah bon, pourquoi?"
"J'en sais rien."
"Hey."
"Quoi?"
"On prend des gauffres?"
"Non."
"Des gauffres! Des gauffres! Des gauffres!"
"Ok, c'est bon! Mais ferme-la!"
"Ouais!"
"Et tu dis que t'es pas une gamine…"
"Pardon?"
"Rien, laisses tomber."

Après avoir tout payer avec MON argent nous sommes partis à pied pour rentrer chez nous.
"Tu me gaves à toujours prendre MON argent."
"Bah quoi, t'en as alors faut bien s'en servir."
"Mais t'as qu'à travailler toi!"
"Ça sert à rien, tu gagnes suffisament pour nous deux."
"Ah ouais? Bah si je décides d'aller vivre avec les gars, comment tu vas faire?"
"T'iras pas vivre avec eux."
"Ta logique m'énerve tellement, mais le pire c'est que t'as raison."
"Bien sûr, j'ai toujours raison."
"Tais-toi."

* * *

Une fois arrivé je suis partis dans ma chambre et ai pris des vêtements confortable pour me changer après avoir pris ma douche. Je suis rentrée dans la salle de bain et ai commencé à me déshabiller. Je me suis mise dos au miroir et ai regardé les deux marques rouges sur mes omoplates. J'ai sortis le petit tube de la poche de mon pantalon et ai avalé l'une des pillules contenues à l'intérieur. Les blessures ont commencé à se guérir et la douleur qui persistait s'estompa. Cette douleur est le prix à payer pour avoir un pouvoir qui ne nous appartiens pas. Mais c'est toujours mieux que de faire souffrir les autres avec son propre alter.

The Fallen Angel (Katsuki x Reader) [PAS DE SUITE]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant