Bachard

4 2 0
                                        

Bachard Huxley

Bachard resserra le col de sa chemise grise, il passa ses mains sur son ventre pour lisser au maximum les plis vers le bas et avoir l'air impeccable. Il tapa deux doigts sur son miroir et attrapa une boite de petites pilules banches, son miroir émit un petit bip et un bruit de ventilation avant qu'un bouton rouge et un petit message lui prévienne qu'il était en live. Il releva la boite à coté de son visage puis eut un rire franc et jovial.

- Moi, pour être heureux, j'utilise les anti-dépresseurs de l'Etat, efficaces pour les coups de mous, alors qu'attendez-vous ? Souvenez-vous : Plénitude, Bonheur, et Joie à tous. Même ma femme l'utilise ! Un autre rire et une femme noire avec un immense sourire collé au visage vint embrasser la joue du politique.

- Nous aimons les anti-dépresseurs de l'état !

Puis ils reprirent ensemble le slogan : « Plénitude, Bonheur et Joie à tous ! ». La femme de Bachard soupira dès que l'écran s'éteint et que la diffusion en live se stoppa. La noire se cala sans l'entrée de la salle de bain, son sourire avait totalement disparu de son visage. C'étais une femme magnifique aux cheveux noirs crépus et à la peau d'ivoire. Elle toussota pour attirer l'attention de son mari et lui parla d'une voix grave et dure.

- Je demande le divorce.

Bachard continua de sourire en restant seul dans sa salle de bain. Il serra les poings et quand sa femme fut assez loin il hurla et frappa dans son miroir.

- Merde !

Il inspira de peur en se rendant compte de ce qu'il venait de faire et consulta son taux de bonheur. Apparemment rien n'avait encore été pris en compte par son implant qui lui indiquait toujours un taux de bonheur au palier de quatre-vingt-dix pour cent. Ses yeux trempés de larmes regardaient fixement leur quota pour voir si un changement se faisait. Voyant que rien n'avait dû être prit en compte il soupira de soulagement et quitta la salle de bain. Mais il fut stoppé quand un bruit électronique descendant vers les graves retentit dans le couloir. Il prit une grande inspiration et regarda son quota avec frayeur.

Rien n'avait bougé. A part un pour cent qu'il rattrapa dès qu'il se rendit compte que tout allait bien. Le stress accumulé lui fit flancher sur le coté et il s'écroula au sol évanoui, entendant sa femme crier son nom avant que tout ne devienne noir.

Bachard ouvrit ses yeux, il était allongé sur son canapé en velours jaune dans son salon, sa femme lui tenant la main et ses collègues politique en rang les mains dans le dos avec un grand sourire. Sa femme souffla et eut un rire de stress avant de parler de sa petite voix douce totalement fausse, elle ne voulait pas être froide devant les membres de l'état.

- Mon amour, tu vas bien ? Tu as dû avoir une petite baisse de tension, nous sommes heureux que tu aille bien.

Bachard serra la main de sa femme, soudain, une pensée horrible lui traversa l'esprit, l'idée de broyer son petit crâne, de sentir ses os craquer sous ses mains, de l'entendre hurler de douleur. Il répondit à son sourire en embrassant sa main et posa la sienne sur sa joue.

- Je t'aime mon amour.

Sa femme lui sourit et il s'imagina qu'elle lui répondait dans sa tête « va crever connard ». Mais même s'ils allaient divorcer, ils devaient rester heureux à tout prix. Le soir, une fois que tout le monde fut parti, Bachard descendis dans sa cuisine, se femme étais en train de mettre la table pour diner le repas du soir qui attendais sur un comptoir. Putain il avait envie de la tuer, il aurait attrapé ses cheveux et aurait planté sa tête contre le plan de travail jusqu'à ce que son crâne se fende en deux.

Mais il devait vite retirer ces pensées de son esprit s'il voulait garder ses points de bonheur, alors il attrapa une boite d'anti-dépresseurs et en vida une grande flopée dans sa gorge avant de faire passer le tout avec un peu de vin rouge. Il fallait aussi que sa femme l'aime au point de garder ses points de bonheur et qu'elle soit la plus heureuse possible. Il baissa ses yeux sur le repas qu'il lui avait préparé, un bœuf bourguignon et prit une grande inspiration en fermant les yeux avant de prendre sa décision ; il vida le reste d'anti-dépresseurs dans une coupelle et attrapa un trophée de l'homme le plus heureux de l'année et en prenant soin de le faire sans que sa femme ne le regarde, il écrasa les cachets.

You've reached the end of published parts.

⏰ Last updated: May 05, 2019 ⏰

Add this story to your Library to get notified about new parts!

Joie.Where stories live. Discover now