Week-end chez les Grier part 2

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Une fois habillée, je ramasse mes vêtements trempés d'une main et mon carnet de l'autre, et je pars à la recherche de Cameron. Arrivée dans la chambre du brun, je pose mes affaires de musique sur son lit et prends ses vêtements que je vais mettre dans la sécheuse, à quelques mètres de sa chambre. Quand je reviens, un son qui m'est familier, mais un peu maladroit, s'élève de la fenêtre. Cameron n'est plus dans la chambre.

Je pousse ma tête par la fenêtre et aperçois Cameron, assis sur le toit, avec sa guitare entre les mains. Il essaie de jouer ma chanson, les doigts hésitants, mais il est là, concentré, presque absorbé. Il murmure quelques paroles avant de griffonner quelque chose dans mon carnet. Intriguée, je grimpe avec précaution, me hissant sur le toit. Quand j'atteins le sommet, je m'assois à ses côtés.

– Je me suis permis de continuer ta chanson. J'espère que ça ne te dérange pas, dit-il en me lançant un regard timide.

Je lui souris, à la fois amusée et touchée. Cameron, le même qui me faisait sourire avec sa spontanéité, me chante les paroles qu'il a ajoutées, en jouant avec ce qui semble être une mélodie encore inachevée. Sa voix, d'abord hésitante, se fait plus assurée, douce et profonde. C'est étrange, je ne savais pas qu'il chantait. Et pourtant, sa voix est envoûtante. Elle résonne en moi, me plonge dans une tranquillité que je n'avais pas anticipée. Chaque mot semble avoir un poids, une douceur que je ne peux ignorer.

– Alors ? T'en penses quoi ? demande-t-il en se retournant vers moi, son sourire en coin comme s'il attendait une réaction. Un sourire complice, presque secret, qui m'envoûte encore un peu plus.

– Wow, Cameron, c'est parfait ! Je me redresse un peu, frénétique de lui faire savoir à quel point j'apprécie. Enfin, c'est sûr qu'il y a encore quelques arrangements à faire au niveau de la musique, mais les paroles sont juste... wow. Merci, Cam.

Je me laisse emporter par l'instant et, sans réfléchir, je me glisse dans ses bras. Il referme ses bras autour de moi avec cette douceur qu'il a, et on reste ainsi quelques secondes, un peu suspendus, juste dans le silence. Ce moment, cette proximité... je pourrais y rester plus longtemps, mais rapidement, je m'écarte et reprends la guitare.

Il est 15 h 30. Le Magcon est tous dans la chambre de Nash, plongés dans un tournoi sur console. Moi, je suis allongée en travers du lit, perdue dans mes pensées. Depuis que Cameron et moi sommes descendus du toit, je n'ai pas réussi à chasser l'ombre de questions qui m'envahissent. Pourquoi ai-je l'impression d'avoir toujours fait partie de cette maison, comme si tout était une sorte de fausse routine ? Et cette conversation avec Chad... quelque chose cloche. Je n'arrive pas à me défaire de ce visage qui me semble si familier, mais si étranger à la fois.

Mon téléphone vibre sans cesse sur la table de chevet, mais je tarde à l'ouvrir. Depuis quelques jours, je reçois des messages de haine. Des fans du Magcon. Ce n'est pas grand-chose, mais je ne veux pas avoir à me plonger dans ce monde. Et voilà que je vois un autre message, cette fois de Nash. Curieuse, je l'ouvre, et je tombe sur un tweet accompagné de deux photos : l'une de moi, chantant au bord de la piscine, l'autre de moi et Cameron sur le toit. Nash nous a identifiés tous les deux avec la légende : "I ship #shawron, who's with me ?". Mes yeux scrutent la photo de plus près. Un sourire se dessine sur mes lèvres, malgré moi. La vérité me frappe : il y a quelque chose, une alchimie entre Cameron et moi, qu'on n'a même pas besoin de nommer. Et, sans y réfléchir plus, je plonge dans les commentaires.

Certains sont plus doux, d'autres acides. Les fans sont divisés. #Shawron (Moi + Cameron), lancé par Nash, #Shany (Shawn et moi) de Matthew, #Shaaron (Moi er Aaron) par Aaron, et puis, bien sûr, les haters qui trouvent que ma présence ici est une erreur. C'est étrange, cette sensation d'être observée sous une loupe géante, mais ça n'a rien de surprenant. Ce monde, celui des projecteurs et des opinions, m'a toujours fait peur. Mais est-ce que ça pourrait aussi signifier que les autres, eux, voient quelque chose en nous ?

Je soupire, fermant un instant les yeux. Avant de pouvoir trop réfléchir, je me lève. L'air m'appelle. Je m'apprête à quitter la chambre, quand un bruit familier attire mon attention. La voix de Chad, me fait stopper net. Je m'approche discrètement, juste assez pour entendre. La conversation est tendue, l'atmosphère lourde.

– À quoi tu as bien pu penser en l'envoyant dans cette tournée, Claire ? La voix de Chad est dure, emplie de reproches.

Je serre les dents, mon cœur rate un battement. Il connaît ma mère ? Je me demande, inquiète. Mais pourquoi s'adresse-t-il à elle ainsi ? Avant même que je puisse analyser plus, une réponse me fait sursauter.

  – Tu as oublié que mes fils faisaient aussi partie de ce tour.

– Tes fils ? Répond ma mère, une pointe de colère dans la voix. Au cas où tu aurais oublié, il faut être deux pour concevoir un enfant.

Je me fige, les yeux grands ouverts. Que signifie cette conversation ? Mes mains se serrent sur le rebord de la porte. C'est bien plus compliqué que je ne le pensais.

– Tu fais quoi là ? Demande Nash derrière moi, coupant court à mes pensées. 

Je sursaute. Je lui fais signe de se taire. 

– Il parle avec ma mère.

Je le laisse écouter, en silence, les mots qui s'échangent. Le choc est là, palpable. 

– À partir du moment où tu as franchi la porte de ma maison avec cette valise à la main et ta fille de l'autre, tu as perdu le droit d'être leur mère.

C'est le coup de trop. Mon regard se brouille. Je veux entrer, confronter Chad. Mais Nash m'en empêche. 

– Tu comptes faire quoi là ? Me dit-il. Ce n'est pas le moment.

Je hoche la tête, décidée à comprendre ce qui se cache derrière cette histoire. Mais ce ne sera pas aujourd'hui.

  – Fais venir Shawn et Hayes, lui dis-je. On se retrouve dans la chambre d'amis.

Sister or notDes histoires addictives. Découvrez maintenant