Le cambrioleur

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Ils restèrent ainsi, pendant de longues minutes, elle bronzant sous son regard et lui la contemplant de ses yeux. Ils auraient pu rester jusqu'à l'arrivée du père de Camille, qui était policier, dans leur paradis, si un bruit n'avait pas attiré l'attention d'André. Brusquement, il se releva et demanda à Camille :

Tu as entendu.

Quoi donc ? Répondit-elle.

En bas, il me semble avoir entendu du bruit, insista le jeune homme.

Ils arrêtèrent de parler, tendirent l'oreille, faisant attention au moindre bruit suspect, qui pouvait venir du rez-de-chaussée. Mais rien, ne se passa. Ils relâchèrent la pression, osèrent enfin respirer et alors qu'ils s'apprêtèrent à s'esclaffer, un fracas de verre brisé retentit dans la maison, tuant d'un coup l'éclat de rire qui commençait à remonter de leur gorge. Tous les deux eurent du mal à déglutir, car l'habitation venait de replonger dans un silence artificiel et à chaque seconde qui passait, ils se sentaient envahir par la peur. Cette peur prenait de plus en plus de place, de territoire sur leur conscience. Camille agrippa le bras d'André, se serra autour, son copain sentit l'odeur de la même peur qui le tenaillait et décida de prendre les choses en main. Etais-ce par virilité, nul ne pouvait le dire. Néanmoins, il se redressa bomba le torse, prit une batte de base-ball qui traînait dans la pièce et chuchota à Camille :

Il faut qu'on descende, pour savoir qui c'est. Si ça se trouve, ce n'est peut-être pas un cambrioleur, mais au cas où, envoie un SMS à ton père.

Camille s'activa de le faire et main dans la man, elle descendit avec André tout droit vers leur destin. Même si cela ressemblait plus à une descente en enfer, de plus le grincement des marches de l'escalier, malgré le fait qu'ils marchaient sur la pointe des pieds, ne faisait que les effrayer de plus belle. Ils craignaient que cela interpelle l'inconnu et que celui-ci se dirige vers leur direction. Mais heureusement, ils purent descendre totalement les escaliers, avant de pouvoir apercevoir l'inconnu. En le voyant leur respiration s'arrêta, ils restèrent immobilisés, pétrifiés, tétanisé et tremblant de tout leur être.

Camille essaya de se calmer et comme toutes les fois où elle désirait se changer les idées rapidement, elle ferma les yeux et inhala longuement l'odeur, de son copain, de son parfum Diesel, de ses phéromones, de la virilité qui émanait de lui. Les hormones en elle s'éveillèrent et elle réussit à se détendre lentement, mais sûrement. Elle ouvrit enfin les yeux et se mit à regarder les moindres faits et gestes du cambrioleur, car s'en était bien un et sa face entière était caché par une cagoule, où seul deux yeux se voyaient. Deux yeux gris, d'un gris métallique, tranchant, coupant. D'un gris froid, froid comme l'acier, comme un trou noir, comme le vide.

Bizarrement, il ne portait pas de gant, avait-il pensé, qu'il était possible de le retrouver grâce à ses empreintes, ou bien s'en moquait-il. D'ailleurs des empreintes il en laissait et même beaucoup, comme sur les armoires qu'il fouillait, prenant chaque objet qu'il trouvait, que ce soit un bijou ou même une banale cuillère en acier, pour la soupeser, suivre les courbes de l'objet avec ses mains, la faire tinter devant ses oreilles, la renifler et même la goûter avec sa langue pour après la relâcher et si l'objet en question satisfaisait ses critères mystérieux, il la mettait dans son sac.

Et alors qu'il s'apprêtait à continuer sa fouille, il se retourna brusquement, les regarda longtemps sans les regarder, semblait-il à Camille. Puis il se mit à renifler trois fois très longuement et un sourire se dessina sous sa cagoule.

Oh ! Qu'avons-nous là ? Un jeune garçon parfumé au Diesel. Tu ferais mieux, de te rendre gamin, ricana le voleur, ou sinon je serais dans l'obligation de me montrer violent et j'ai horreur d'être violent.

La largeur de son sourire s'élargit.

Non, pas la peine je viens vers vous, répondit André en essayant de contrôler sa voix.

L'inconnu parut étonné par cette rapide soumission, mais ne fit rien d'autre que de suivre de ses yeux André, qui avançait vers lui et en tenant la batte qu'il avait prise dans ma chambre, fermement dans sa main droite.

Arrivé à 3 mètres de lui, il fit mine de s'agenouiller et visa de toute sa force avec son arme improvisée, en direction de la tempe du voleur. Mais celui-ci, mu par une extraordinaire souplesse, s'accroupis, évitant donc ce coup qui lui aurait été fatal et profita du fait que le ventre d'André soit à découvert, pour lui infliger un fulgurant uppercut.

Cambriolage sans sensWhere stories live. Discover now