64. RUTH

87 8 3
                                        

Le retour des garçons régla les problèmes les plus graves mais pas tout. Cependant la paix revint un peu à Royal. Et Nohlan se réveilla, il refusa de rester avec nous, il pleura jusqu'à ce que Lio vienne le chercher et le ramène à Imperia.

Ethan ne dit rien, moi par contre, j'avais du mal. Je ne comprenais pas pourquoi Nohlan qui était censé notre fils, semblait plus attaché à Nars et Eller, on aurait dit qu'il les voyait plus comme ses parents que nous.

Les amazones pour détendre l'atmosphère décidèrent de fêter mon anniversaire, contrairement à mon fou de père, Kadia m'avait laissé choisir la date à laquelle je voulais fêter mon anniversaire.

Pour cet évenement, Ethan vint me voir. Je me retins de commenter sa bonne humeur, depuis que tout s'était arrangé, il était redevenu normal, mon gentil Ethan.

- Où est Valentin ? C'est bizarre qu'il ne me colle pas le jour de mon anniversaire...

- Il m'a dit qu'il m'offrait cette journée avec toi mais qu'il reviendrait ce soir avec ton cadeau, commenta Ethan avant de soupirer.

- Je suis surprise de vous voir vous entendre aussi bien avec lui.

- Il est fatiguant mais quand on le connait, ça passe ! Il est déjà bien plus loyal que certains de mes frères, soupira Ethan.

Il avait du mal à faire confiance à sa famille car la plupart de ces grands-frères l'avaient trahi ou maltraiter. A part Dimitri, même lui commençait à douter d'Eric. Valentin, contrairement à ce dernier, avait fait des choix douteux mais au final, il avait sauvé tout le monde, Eller et moi y compris donc je le comprenais.

- Mais il y a des choses que je ne comprends pas chez lui...

- Valentin ne m'aime pas, lui expliquai-je car je savais qu'il se posait la question comme tout le monde, en tout cas pas comme un homme aime une femme, il est incapable de ressentir ce genre d'émotions envers moi, enfin c'est ce qu'il dit !

- Il m'a dit que tu es son monde et Eros son univers, m'avoua Ethan.

- Il est bizarre...

- Je sais. Mais je pense qu'il a raison. Les rares fois où j'étais liés à lui, j'ai pu lire en lui...ce qu'il ressent pour toi est au délà de ce que tu imagines ! C'est difficile à expliquer...

- Et ça ne te déranges pas ? m'enquis-je d'un air inquiet.

- Il est précieux pour Eros...donc par extension pour moi aussi, j'ai été lié à lui, je ne supporterais pas de le voir triste alors si te voir de temps en temps peut le rendre heureux, je le supporterais...

Je me sentis mal car je savais que l'Alpha qu'il était devait vraiment mal vivre cette situation, les gens de leur espèce étaient possessives de nature. Lui demander de me "partager" avec Valentin équivalait à rejeter sa part Alpha, une partie de lui-même.

- Tu es sérieux ?

- Toi aussi, tu es plus heureuse lorsqu'il est là, je ne peux pas te priver de lui.

Je ne tentai pas de nier car je savais qu'il avait raison, je ne l'aurais jamais avouée mais j'étais plus paisible quand Valentin était là. Aussi manipulateur soit-il.

Un des gardes prit mon assiette et alla m'attendre près du buffet. Je tentai de lui faire comprendre que je pouvais me servir seule mais il insista. Je pris tout ce qui me donnait envie et me dirigeai vers la table, près de la piscine.

- Tu devrais manger quand même un peu de légumes, me proposa une assiette devant moi, sinon tu peux tomber malade.

- Je vais bien, Henoch m'examine tous les jours, répondis-je avant d'inspirer profondément.

- Tu vas bien ?

- Oui Ethan, je suis juste un peu fatiguée aujourd'hui...

Je savais qu'il allait examiner chacun de mes gestes pour s'assurer que j'étais en bonne santé. Je finis mon assiette et profitai du fait que mon estomac ne me faisait pas souffrir pour manger à ma faim.

Ethan quitta le palais quelques minutes avant que Valentin ne vienne me voir. Il était de très bonne humeur ce soir. Il me souleva dès qu'il me vit avant de me chanter joyeux anniversaire d'un air enjoué.

- Je ne suis pas ta poupée, protestai-je en le frappant à la tête.

- Je suis très contente de te revoir ma petite fée, tu es belle ce soir !

- Merci mais repose-moi !

- Tu es si belle que j'ai envie de t'embrasser...

Il joignit aussitôt le geste à la parole, il éclata de rire en me voyant le fusiller du regard. Je n'aimais pas quand il se permettait de faire ce genre choses mais je savais aussi que me battre avec lui ne servirait à rien. Je soupirai en reculant dès qu'il me lâcha et le questionna :

- Pourquoi m'as-tu embrassé ?

- Il se peut que ce soit la dernière fois que je puisse le faire.

Je rougis, je savais que j'allais devoir avoir une conversation sincère avec Valentin sur ma nouvelle relation avec Ethan et ma grossesse que je lui avais aussi caché mais je ne me sentais prête à le faire maintenant. Il sourit en s'asseyant à table en face de moi et ajouta d'un air malicieux :

- Tu n'as pas besoin d'être mal à l'aise, je ne t'en veux pas...

- Je suis quand même désolé...

- Pas grave.

- Tu es vraiment bizarre...

- Pourquoi ?

- Je pensais que tu serais contrarié...

- Pourquoi donc ma petite fée ?

- Valentin...

- Je comprends ton choix même si...bref. Sinon comment vas-tu ?

Je me sentis triste et coupable pour lui, il souriait mais je savais que la situation ne lui plaisait pas. Et comme si ça ne suffisait pas, il ajouta:

- Je déteste le fait de voir ma petite fée dans les bras d'un autre mais bon, ce n'est pas grave, tant que tu es heureuse avec lui...

- Valentin, ne dis pas ça...

- Au fait, je t'ai trouvé un cadeau que tu vas aimer mais je ne te le donnerais pas aujourd'hui, m'informa-t-il en souriant.

- Merci, tu n'étais pas obligé.

Il se leva, je l'imitai, je ne voulais pas qu'il parte mais je voyais pas comment le retenir. Et je comprenais totalement qu'il veille s'en aller, la situation n'était pas facile pour lui. Je le suivis donc jusqu'à l'entrée et lui demandai :

- Tu t'en vas ?

- Oui, je voulais juste te voir, souriante, murmura-t-il avant de caresser ma joue.

- Je pensais que tu resterais plus longtemps...

- Tu es mignonne mais je ne peux pas...je ne peux plus faire ça...en plus, il va bientôt revenir te voir, il vaut mieux que je ne sois pas là...bonne nuit...

Il m'embrassa de nouveau, je me mordillai la lèvre en me forçant à garder le sourire mais j'avais envie de pleurer. Il était triste par ma faute, et malgré le fait qu'il m'agaçait la plupart du temps mais je n'arrivais pas à le voir ainsi.

AITHIOPIA  [T1]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant