En chacun de nous se cache une porte verrouillée et toute notre enfance, nous cherchons sa clef afin de révéler notre vraie personnalité.
– Nawel Elabidi (moi)
Dans le couloir du dernier étage, alors que je marchais tranquillement, mon tatouage me picota. Je m'arrêtai et l'observai, tout à l'heure invisible maintenant étincelant, sa lumière vacillait en fonction de mes mouvements. Plus j'allais vers ma chambre ou la porte, plus l'éclat s'atténuait, je m'approchai donc du mur à ma gauche. Dissimulée dans l'ombre, une porte m'apparut. Elle était ancienne, noire et mystique. J'essayai de l'ouvrir mais elle était verrouillée. Il devait sûrement y avoir une clé cachée quelque part, j'ai donc commencé à chercher. Premièrement dans le corridor puis mon alcôve, la clé devait être aussi vieille que la porte et ainsi se clapir dans les vieux meubles. Il n'y avait qu'un seul meuble qui était là depuis toujours, c'était une armoire en chêne que ma tante m'avait demandé de ne jamais ni enlever, ni déplacer. Je fouinai dans tous les placards et tiroirs, mais rien. Alors, je le fis une seconde fois et découvris un double fond à un des tiroirs, un petit papier protégé dans une pochette y était depuis visiblement peu de temps. Je lus la note :
« A mi-chemin entre deux pieds, mon crissement sourd est presque muet. »
C'était une énigme que je me devais de résoudre pour trouver la clé. En primaire, j'avais appris que toutes les devinettes avaient leur propre manière d'être posée et résolue mais la méthode générale est de la décomposer et d'y réfléchir mot par mot :
« Chemin » pourrait signifié le destin ou peut-être le fait de marcher ou de se déplacer.
« Entre deux pieds », je le remplacerais par « entre deux pas ».
« Un crissement » c'est un bruit, mais « sourd » signifie qu'on ne l'entend pas et « muet » voudrait dire qu'on ne peut pas parler.
Il y avait donc une question de sens, je ne pouvais repérer la clef ni avec ma voix, ni avec mon ouïe. Mais comment puis-je localiser un objet grâce à ma voix ? Me questionnai-je tout à coup. Même si la réponse était évidente pour une sorcière : la cachette était protégée contre tout sortilège. En réfléchissant à une solution – qui m'est désormais évidente – je faisais les cent pas, pieds nus, dans ma chambre, quand je sentis le parquet craquer sous mes pieds, alors qu'il n'avait fait le moindre bruit. Résolue était l'énigme. La cachette était nulle part ailleurs que sous mes pieds, littéralement. Je me baissai, fermai les yeux pour me concentrer et cherchai les lattes bancales avec mes mains. Plusieurs d'entre elles vibraient sous mes doigts, mais je sentais au fond de moi qu'aucune d'entre elles n'était la bonne. Mon instinct me guidait, les yeux fermés, me baladant accroupie dans ma chambre, il avait pris l'entier contrôle de mon corps. Puis, je sentis subitement, une latte branlante sous ma paume. « Bingo ! C'est elle ! » m'écriai-je. J'essayai de l'arracher mais c'était trop dur. J'avais beau essayer encore et encore, en vain. L'impatience montait en moi telle une éruption volcanique, je la sentais à l'intérieur de mon corps, brûlant comme de l'acide colérique. Je regardais autour pour trouver un objet qui pourrait servir de levier, mais rien, absolument rien. Pas d'objet levier. Pas de force pour arracher la latte. Pas la possibilité d'utiliser de formule. Tant de choses qui m'énervaient, tant d'impossibilités, je me sentais prisonnière, étouffée par ma propre incompétence. Cette rage en moi m'emplit de pouvoir. J'entendais de moins en moins mes pensées. En essayant de me calmer, je focalisai mon esprit sur le vent qui soufflait dehors mais cela m'irritait encore plus. Les bourrasques frappaient à ma fenêtre. J'écoutai leurs sifflements. Les branches des arbres craquaient sous le poids lourd des brises d'été. A cet instant, j'étais tellement en colère, une force brute s'empara de moi. Je ne pus m'empêcher de hurler. Je déchaînai toute cette puissance sur l'objet qui l'avait provoqué : la latte de mon plancher. Celle-ci vola à travers la pièce et laissa place à un trou dans mon parquet. Ce minuscule gouffre abritait un autre petit papier plastifiée sur lequel était noté trois mots :
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Le Journal d'une Sorcière
FantastiqueRaconte l'histoire Nimueh Hexenfeuer (de son point de vue), une jeune sorcière venant de l'apprendre. Elle s'intègre vite à la vie satanique de son Coven et comprendre rapidement qu'un grand destin l'attend. En quoi consiste ce grand avenir ? Commen...