Qui suis-je ?
Ou plutôt, sans valeurs sociales, sans la morale qu'on m'a inculqué, sans cette sorte d'éducation qu'on m'a donné, qui je suis ? Si on enlève mes conditions, si on oublie ou plutôt efface mes restrictions, les filtres que je me suis auto-infligé, si j'avais une conversation avec moi-même et que pour une fois, je m'écoutais. Si je m'acceptais, si j'embellissais mes défauts au lieu de les rejeter, à quoi pourrais-je bien ressembler ?
Je me suis posé la question aujourd'hui, j'ai veillé tard dans l'espoir d'y trouver une réponse et je me suis rendu compte d'à quel point je pouvais être fausse envers moi-même. Que beaucoup de mes actions étaient dictés non pas par mon libre arbitre, par ma personne mais par les autres. Je me suis rendu compte que j'étais plus de mes pairs que je n'étais de moi.
Est-ce que mon mal être vient de mon besoin de m'adapter, de me faire accepter ? D'atteindre une perfection qui n'est dicté que par une société changeante, des humains, tous imparfait qui cherchent par tout moyen à se retrouver dans un idéal faussé, basé sur des convictions mensongères. Est-ce que tout le monde ne serait pas simplement convaincu d'être en accord avec les autres alors que le contraire n'est que plus véridique ?
Je veille tard, ce soir. Je pense à cela, à moi. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas pleuré, ressenti des larmes tomber le long de mes joues. Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas écouté, que je n'avais pas accordé plus d'attention à ce petit cœur meurtri par l'abandon. Cela faisait bien longtemps, cela n'est jamais arrivé par ailleurs que je ne m'étais pas rendu compte que je ne cherchais qu'à plaire par peur de revivre ce moment dévastateur, après le tsunami d'abandon où mes constructions sont remises en question, où je suis perdu entre les maisons ravagés et les inondations un peu trop compliqué à gérer.
Et Dieu, je ne me comprends pas ou peu mais que de bonheur est-ce de retrouver une partie oublié de soi.