Il y 38 ans...
Je ne pouvais demeurer silencieuse en ce jour où le Cameroun (ou les quelques personnes qui s'en souviennent encore) commémore l'une des plus sombres tragédies de son histoire. Le 21 Août 1986, dans la région du Nord-ouest, le lac Lwi plus connu sous le nom de lac Nyos à cause du village où il est situé, a recraché de ses profondeurs environ 100.000 à 300.000 kilomètres cubes de gaz carbonique. Près de 2000 personnes sont mortes dans leur sommeil, et des centaines d'animaux avec, sans parler de la végétation rasée.
Je n'étais pas née lorsque cette catastrophe a eu lieu. Mais dans mon livre de lecture du Cours élémentaire, il y avait un petit texte sur le lac Nyos. C'est là que j'en ai entendu parler pour la première fois. En septembre 2022, il y a presque deux ans, j'ai écrit une nouvelle sur ce qui s'est passé cette nuit d'août 1986. Et depuis, ce lac n'a jamais quitté mon esprit. Mon obsession pour Nyos m'a amené loin, si vous saviez...
Aujourd'hui, utilisons le prétexte de la commémoration pour se poser les bonnes questions. Ceux qui ont fui leurs habitations en 1986, y sont retournés depuis. À quoi ressemble leur vie post-tragédie ? Faites des recherches, c'est pas joli joli. On a promis beaucoup de choses. On dit qu'elles sont en route, qu'elles arrivent. Mais les survivants n'attendent plus, ils quittent cette Terre chaque année sans avoir la chance de donner une belle fin à leur triste histoire.
Souvenez-vous que Nyos n'est pas seul. Il y a Monoun toujours au Cameroun, qui est resté silencieux depuis longtemps aussi. Et il y a plus grand encore. Il y a le lac Kivu en République Démocratique du Congo. 2000 fois plus grand que le lac Nyos. Kivu qui n'a rien dit pendant tout ce temps, rien dit pour l'instant...
Je divague, ne faites pas attention,
Bisous, Nolwen Kamaha ❤️