je suis sortie tout de suite après les cours pour aller à la bibli emprunter un livre. ça m'a fait tout bizarre. parce que je ne sors quasiment plus du tout du lycée, et surtout pas après les cours, la routine étant plutôt de monter bosser au cdi avant d'aller dîner, ou de retourner dans ma chambre. de ce fait, quand j'ai posé un pied dehors à 17h30 et que je me suis retrouvée face à la masse de lycéens devant le lycée j'ai été légèrement prise de court. comme si j'avais un peu oublié à quoi ça ressemblait une fin de cours, les conversation flottantes dans l'air, le crépuscule au-dessus des têtes. sur le moment j'ai été un peu effrayée de cette constatation de me dire que je ne me souvenais même plus qu'il y avait ce moment de sortie de cours possible dans ma scolarité, moment où la journée touche enfin à sa fin, où tout le monde sort de l'établissement, se retrouve plus ou moins longtemps dans la rue, où les discussions perdurent encore un temps, avant que chacun ne reparte vers une direction différente, que finalement l'école se finisse vraiment. il est vrai que depuis que je suis à l'internat la frontière école/vie perso tend à beaucoup se brouiller si ce n'est disparaître. l'école ne finit jamais vraiment, même quand je finis les cours c'est cdi, et quand le cdi ferme, le travail continue dans l'internat qui n'est au final qu'une extension du lycée. je crois que ça me rend un triste. après en soi je suis aussi contente de rester au lycée, je travaille, j'avance un peu dans mes devoirs, je rentre dans une routine qui n'est pas totalement désagréable mais en même temps c'est un peu paradoxal de se dire que bien que je passe 95% de mon temps dans le lycée, je n'ai pas vraiment l'impression de vivre ma vie d'étudiante ou même d'avoir la conscience d'être élève, tant l'école devient en elle-même ma vie. l'effacement des limites fait qu'au final il n'y a plus de repères qui me font me rendre compte clairement quand je "suis" au lycée et quand je ne le suis pas