« Gin' ?! Souffle-t-il d'une voix faible. »
Harry tremble, aussi bien du choc que de l'épuisement de son récent effort. Bien évidement, il savait que la stupeur serait violente. Mais c'est une chose de l'imaginer. C'en est une autre de le vivre.
« Oui. Moi, Harry, déclare-t-elle amèrement. »
Sa voix a retrouvé son aspect originel, bien qu'elle soit cassée par les hurlements de douleur et la souffrance qui parcourt atrocement chaque parcelle de son corps.
Le mal de crâne du Survivant s'intensifie sans pitié, martellement terrible enivrant l'incompréhension liquide dans ses veines.
Dans un besoin instantané de se raccrocher à quelque chose de tangible, de saisir une parcelle de réconfort dans cette réalité chaotique, Harry cherche le soutient de Severus, quelque part derrière lui.
Cependant seules les herbes malmenées par le vent accrochent son regard tourmenté. Ses yeux cherchent frénétiquement, ratissent chaque coin de son champ de vision avec un désespoir croissant. Mais seul les mugissements du vent résonnent avec affliction aux appels de son coeur souffrant. Et Harry se rend à l'évidence ; Severus a disparu.
Avant que l'angoisse la plus profonde n'ait le temps de conquérir son être fragile, une voix rauque fend l'air empli de tension :
« Je n'ai pourtant pas cessé de te rappeler qu'en me détruisant, tu anéantissais ton plus grand bonheur. Mais tu n'entendais pas, n'est-ce pas ? Trop borné à exécuter ta tâche, tu n'as pas écouté ni mes cris de souffrances, ni mes avertissements. Tellement aveuglé par la peur de l'échec que tu n'as même pas vu que tu arrachais le coeur de ce pauvre Severus de tes propres mains. Et ses cris d'agonie à lui, tu les as perçu ? Tous les éclats de son âme qui s'éparpillaient dans l'air à la recherche d'une délivrance par la faute ton égoïsme borné, les as-tu senti Harry ? As-tu seulement frissonné d'avoir ainsi ôté la vie à ton tendre amant ? En causant ma perte aujourd'hui, mon cher petit Harry, tu as suscité non seulement la sienne, mais aussi la tienne, ricane-t-elle avec un air dément. »
Harry tremble, perdu et assommé par ces mots durs. Il se force à poser son regard sur la coupable. Il s'autorise le droit de contempler un instant où l'a mené sa déchéance.
Ginny, toujours immobilisée dans le filet aux lanières criardes, se voit déchirée de part en part de fissures bleu-ciel. Les striures envahissent les extrémités de ses membres, comme des puits scintillants d'eau cristalline. Harry remarque que les griffures gagnent du terrain au fur et à mesure que les secondes passent, tel un poison s'infiltrant dans ses veines. Les yeux noisettes de la meurtrière sont cernés de rides profondes et brillent d'un éclat de folie froide. Ses cheveux autrefois roux, tombent avec une allure décharnée en longues boucles argiles sur ses épaules paralysées.
À cet instant, Harry songe qu'il devrait prévenir Drago et Hermione. Mais il ne peut pas. Il n'en n'a pas la force. Et quelque part, il sent que ce moment est voué à se dérouler sans leur présence
« Comment en est-on arrivé là ? Chuchote-t-il avec désolation.
- Comment ? Raille-t-elle. Mais laisse-moi te raconter une magnifique histoire avant que le déclin n'emporte mon âme damnée. Laisse-moi te conter, le superbe décroît de nos jours sombres.
- Nos ? Lâche-t-il avec incompréhension.
- Oui nos. L'histoire commence concrètement en mai. Le 2 mai 2008. Oui, je suis certaine que tu te souviens de ce jour. La commémoration pour les 10 ans de la guerre, le cimetière, puis, ce jour fatidique de ta rencontre avec Severus. Ce que je vais te dévoiler là n'est fondé que sur mes hypothèses personnelles. Mais je pense tout de même détenir une bonne part de la vérité.
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Éveil Mortel
Fanfic10 ans. C'est le temps qui s'est écoulé depuis la fin du règne de Lord Voldemort. Mais la vie a continué. Harry est maintenant Auror et vit heureux avec sa femme et sa fille. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes... Vraiment ?
