Chapitre 3

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Autour de la table, le bruit des couverts comble légèrement le silence qui emplit la pièce. Sur l'immense table blanche, des plats à l'odeur alléchante y sont déposés. Pourtant mon estomac est noué à cause du stresse me rendant incapable d'avaler la moindre nourriture. Je m'applique à formé des tas comme lorsque j'étais plus jeune et que les légumes ne m'inspiraient pas à table.

À mes côtés Alexandre soupir avant que sa main ne se pose sur ma cuisse. Elle arrête de bouger. Ah. Je ne m'étais nullement à perçu la bouger sous la pression. Maintenant ce sont mes orteils que je ne peux pas m'empêcher de triturer. Une pression sur ma cuisse me fais levé la tête.

- Manges bien, ou tu risque d'être encore plus fatigué.

J'acquiesce puis porte une bouchée à ma bouche. Un raclement de gorge se fait entendre avant que la voix d'Anna ne s'élève.

- Alors...Luc, depuis combien de temps êtes-vous ensemble avec mon frère? Je luis demanderai bien mais je doute que monsieur daigne me répondre.

Pris de cours je regarde Alexandre qui continue de manger son plat.

- Depuis deux ans.

Si je m'en souviens bien cela dois faire deux ans qu'Alexandre n'est pas apparu sur un magazine qui annonce une relation avec une célébrité. La famille Carter fait beaucoup parler d'elle et le moindre lien avec une personne extérieure attise la curiosité. C'est pourquoi je vais devoir être extrêmement prudent pour ne pas afficher ma présence ici. Je n'y tiens absolument pas.

L'abscence du bruit des couverts attire mon attention sur les personnes autour de moi. Ils ont à présent les yeux fixés sur moi.

- Deux ans? Et comment êtes-vous arrivé à vous rencontrer ? Autant que je sache mon frère ne fréquente que des soirées remplies de personnes influentes.

- Oh en sortant de Lim corporation je ne regardais pas où j'allais et je l'ai percuté. Lorsque j'ai ramassé mes dossiers j'ai aussi ramassé son portable mais il était déjà monté dans sa voiture. Je lui ai rendu par la suite et il m'a invité à allé dîner pour me remercier. Nous avons gardez contact et les choses se sont faites...naturellement.

Pour cette histoire tout est vrai à part que j'ai remis le téléphone portable à son chauffeur qui est venu le récupérer sans plus d'échange. Je sais que je vais devoir mentir tout au long de cet échange. C'est comme changer une histoire ennuyeuse pour la rendre plus attrayante avant de publier un article.

- Je vois. Et votre entourage pense quoi de cette relation ?

Mon corps entier se crispe. La mort de mon père me revient en pleine face. Incapable de répondre je secoue la tête.

- Ça suffit l'interrogatoire soeurette.

- On a bien le droit de savoir non? Tu nous imposes un compagnon sorti de nul part c'est logique qu'on se méfie. Après tu nous diras qu'on est habitué à te voir avec des partenaires plus étranges les unes les autres. Oh excuse moi, les uns...

- Jules!

La voix d'Alexandre me fait sursauter. Je respire un bon coup. Les yeux rivés sur moi, de ceux qui sont désormais la famille de mon compagnon me scrutent guettant ma réaction.

Alexandre se lève avant de tendre la main vers moi. Après une hésitation, je la saisie et je me retrouve entraîné hors de la pièce. Sans attendre nous empruntons des escaliers et sous le bruit de nos pas, je me demande si c'est une bonne idée d'avoir laissé les autres. Ma présence n'est pas la bienvenue et me comporter ainsi n'est sûrement pas la bonne façon de me faire accepter. Une pression sur ma main me fait lever la tête pour m'apercevoir que nous sommes arrivés dans un couloir. Un dernier regard vers le bas des marches avant d'être tiré le long du couloir, à la couleur blanchâtre. Les nombreuses portes défilent et finissent par laisser place à une aux ornements dorés, au fond des lieux. En la franchissant j'ai l'impression de pénétrer dans un lieu interdit. Me voilà figé au seuil de l'entrée complètement perdu, avec l'envie de fermer les yeux pour enfin avoir le droit de pleurer la mort de mon père. Un regard circulaire et j'aperçois mes valise dans un coin de la pièce. Mes appareils photos ainsi que mon sac avec mon matériel de travail posés sur la table.

- Entres.

Doucement je progresse dans la pièce pour me retrouver face à mon homologue. Les mûrs sombres contrastants avec le reste de la maison. Les meubles noirs et gris décors la chambre le tout sous l'éclairage artificiel. Des voix étouffées me font écarquiller les yeux, tournant la tête vers la porte fermée je comprends que des personnes sont là, nous épiant. Un soupire exaspéré répond à la présence et il m'est impossible de retenir mon rire. Lorsque le regard acier se pose sur moi, je détourne le miens.

Lentement je m'avance vers le lit pour me laisser tomber de tout mon long sur le matelas. La douce texture m'accueille et je ne peux qu'apprécier son étreinte. L'odeur qui se dégage des tissus me berce tandis que mes paupières se baissent. Une main se pose sur mon front faisant froncer mes sourcils. Mes yeux se posent sur l'homme penché sur moi. Son doigt survole la peau de mon front. Les voix semblent se disputer en même temps que les questions se bousculent dans ma tête.

- Qu'est-ce que tu fais?

- Tu as l'air de...souffrir?

Son pousse balaye ma joue essayant de faire disparaître la trace humide qui s'y trouve.

- Je viens de perdre mon père, je n'ai pas pus faire correctement mon deuil. Et me voilà marié, pour ne pas avoir une balle entre les deux yeux mais pourtant tu t'es mis en-tête de te comporter en mari parfait. À toi de me dire si je vais bien.

Mon chuchotement remplit de colère ne semble en rien l'affecter, pourtant en parler allège le poids immense dans mon coeur. Crois-t'il réellement qu'il peut entretenir une relation avec un homme alors qu'il n'est pas attiré par lui. Lorsque je constate son regard posé sur moi je réprime mes larmes.

Doucement je m'avance vers lui tout en guettant ses réactions. De la surprise se peint sur son visage pourtant il ne se recule pas. Je caresse son nez du mien avant de déposer mes lèvres sur les siennes. Nos yeux se verrouillent ensemble chacun observant les réactions et gestes de l'autre. J'accentu l'échange en passant la main sur l'arrière de sa tête en même temps que ma main libre tire sa veste vers moi. Alexandre se retrouve obligé de se soutenir à l'aide de ses coudes. Lorsque sa langue caresse mes lèvres pour y demander l'accès, mes yeux s'écarquilles d'étonnement. Je m'attendais à ce qu'il me repoussait avec des cris d'indignation. Lorsque nos visages s'éloignent l'un de l'autre je cherche une quelconque émotion de dégoût sur son expression pourtant je n'en trouve aucune. Perturbé je détourne le regard.

- Tu es calmé maintenant ?

Je hoche la tête et me laisse tomber sur le dos. Vouloir lui faire mal pour ne pas être le seul à souffrir ne fonctionne visiblement pas sur lui.

- Bien.

Il se relève et enlève sa veste de costume puis se dirige vers une porte. Plusieurs minutes plus tard il en ressort changer. Son costume sombre à laissé place à un assemble de tee-shirt blanc et d'un jogging gris. Des habits que je n'aurais jamais pensé le voir les porté. Arrivé à ma hauteur il me tends à mon tour le même type d'assemble avant de m'intimé d'aller me changer. Je soupir de fatigue et garde les vêtements sans bouger de ma place. Je voudrais juste que cette journée se termine.
Je me retrouve soudainement tiré en-avant par la veste de mon costume avant quelle ne me sois enlevée. Me retrouvant assis j'observe mon époux qui s'affaire à déboutonner ma chemise après avoir défait ma cravate. Les brumes de la fatigue se dissipent lorsqu'il observe mon torse avec surprise. Ses yeux passe sur l'encre qui colore ma peau sous forme d'un fénix. Des gloussements nous parviennent en même temps que le rouge colore mes joues. Les yeux d'Alexandre remontent finalement vers les miennes et je me relève immédiatement. Le jeune homme se remet à ma hauteur et viens m'enlacer. Ses bras se referment sur moi tandis que son menton loge sur mon épaule. Le souffle chaud de sa respiration me fait frissonner.

- Contrôle tes réactions cher mari ou ils vont finir par être encore plus suspicieux.

Je déglutit. Je ne dois pas oublier pourquoi je suis ici. Ma vie ainsi que ma liberté dépendent de mon jeu d'acteur. Je dois payer pour les erreurs de mon père mais je ne souhaite pas le faire par le prix que représente mon existence. Je suis peut-être trop lâche pour m'enfuir mais pas assez pour perdre la vie. À mon tour je viens entouré son dos de mes bras avant que je ne réfugie ma tête sur son torse. Il m'est difficile de me l'avouer mais je dois admettre que je me sens bien dans son étreinte.

Mon As De Cœur ...Où les histoires vivent. Découvrez maintenant