Texte 9

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La suite de la journée allait s'annoncer rude. Plus dur que le pensaient les élèves de l'académie. En effet, nous avions encore quatre heures de cours pendant l'après-midi dont au moins deux étaient consacrées aux examens théoriques mais aussi pratiques du lancé de sortilèges. 

Certains étaient cependant excités par ce genre d'examen. Ils aimaient apprendre la magie et à lancer des sorts en tous genre : des sorts pratiques, des sorts de cuisine, des farces aussi. Même certains d'entre eux aspiraient à jeter des sorts interdits "Juste pour voir ce que ça fait.", se justifiaient-ils d'un air coupable et gênés qu'on les ait surpris. 

Devant la salle de cours, après un dîner bien copieux, une foule agitée d'étudiants se massait, collée contre les portes en bois immense de la salle d'examen. Les discussions allaient bon train, les uns voulant se déstresser en parlant d'autres choses, les autres organisaient déjà leur sortie en ville pour aller boire un verre pour fêter la fin de ces examens. Mais la plupart, accrochés encore à leurs livres, demandaient conseils aux autres pour répondre à telle ou telle question et surtout comment au mieux exécuter les mouvements de baguette pour la partie pratique de l'examen. Une grande horloge a été disposée au dessus de la tête des pupilles dont les aiguilles avançaient ou trop rapidement ou trop lentement selon la personne qui y jetait un coup d'oeil nerveux. Mais à chaque bruit mécanique de cet énorme machine au dessus de nos têtes, la tension augmentait. Les mains devenaient plus moites, les sourires plus crispés, la voix plus encore étranglée par la boule de stress logée dans chaque gorge, le regard plus fou et le corps plus tendu que jamais. Les coeurs battaient à l'unisson, accéléraient leur rythme. 

A cet instant, chaque bruit de l'oeil mécanique au dessus des têtes faisait sursauter même les plus calmes. Mais enfin, un grand fracas de cloche se fit entendre. Un silence assourdissant prit place parmi les pupilles. 

C'est l'heure. 

Un crac venant des portes immenses de la salle de cours déclencha chez les élèves un taux d'angoisse encore jamais atteint. Elles s'ouvrirent majestueusement, accompagnées du grincement caractéristique de ces vieux battants. Une marée d'étudiants se déversa dans la classe aux murs froids. La professeure au regard sévère distribua nos feuilles en silence. 

L'enfer venait juste de commencer. 

St. Catherine HighOù les histoires vivent. Découvrez maintenant