La tension s'empara de lui comme l'orage s'empara du ciel

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 Il venait de garer sa voiture mais il ne put s'empêcher de sauter presque en direction de l'entrée. Elle était triste, il l'avait entendu directement quand elle l'avait appelé et elle n'avait pas répondu à ses derniers messages.

— Eli ?

 Il tapa doucement sur la porte de l'entrée, il savait qu'elle était seule ce soir mais il n'osait pas entrer sans frapper, pas aujourd'hui. La porte s'ouvrit lentement et les cheveux blonds qu'il admirait tant étaient relevés en un chignon lâche qu'elle avait fait à la va vite, comme si elle avait voulu avoir un semblant de présentable avant de se présenter à lui. Il s'immisça par l'espace qu'elle lui fit et posa son sac à dos, qu'il avait récupéré dans sa voiture, et lui ouvrit les bras sans piper mot. Elle ne réfléchit pas plusieurs secondes et se réfugiât dans cette alcôve de douceur qu'on lui offrait. Elle le serrait avec force et lui, il lui caressait tendrement les cheveux en faisant attention à ne pas défaire le nœud qu'elle avait mal noué.

— Viens, on va s'assoir d'accord ?

 Il l'emmena sur le canapé et alluma la télévision, il l'enveloppa dans une couverture douce avant de s'installer à ses côtés.

— Pourquoi tu allumes ?

— Il y a Harry Potter ce soir, ne me dis pas que tu as changé de saga préférée ?!

 Son exclamation eut son effet escompté, elle se mit à rire.

— Je ne pensais pas que tu te souvenais de ça.

— Quand même ce n'est pas comme si tu ne m'en parlais pas à toutes heures de la journée ou de la nuit !

— Mhh pas faux.

— Par contre, nous n'allons pas tout regarder ici.

— Pourquoi ?

 Elle semblait paniquer à l'idée de voir quelqu'un d'autre que lui, comme si la bulle où il l'avait placée allait éclater instantanément. Mais il l'a rassura, lui promit d'être là pour elle et sa nervosité s'atténua peu à peu.

— Maman m'a dit que tu pouvais venir manger à la maison, ne t'inquiète pas, je lui ai juste dit que tu n'allais pas très bien mais je n'ai pas développé. Si on tarde trop, ils mangeront avant nous mais je tiens à ce que tu viennes à la maison ce soir.

— Pourquoi ?

— Tu risquerais de le croiser ici et je ne veux pas te laisser seule.

— Tu pourrais dormir ici, tu l'as déjà fait.

— Vu les circonstances, si l'autre tocard rentre, ça va mal finir je pense.

— On regardera Harry chez toi ?

 Une vive lueur d'espoir traversa son regard, il n'en fallait pas beaucoup pour la contenter.

— Tu sais bien que oui.

— D'accord alors.

— Tu veux que je te prépare quelques affaires ?

— Au pire, si j'oublie quelque chose, je pourrai t'emprunter ?

— Bien entendu.

 Elle retrouva le sourire. Ethan savait très bien que cette situation devait arriver à un moment ou à un autre, Rayan avait beau faire partie du groupe d'amis où il était, il n'en était pas moins celui qui en était le plus étranger.

— Je reviens, reste là.

 Il résista à l'envie de lui déposer un baiser sur le haut du crâne et il se leva pour se diriger à l'étage de cette petite maison que le couple partageait depuis presque un an. Il arriva dans la petite chambre qui faisait sentir la présence infiniment féminine de Camille, c'était elle qui avait fait et réussi la décoration de tout leur logement. Lui, n'en avait eu que faire. Il se dirigea vers la commode où il prit de quoi elle aurait besoin pour se doucher et se changer, il récupéra un pyjama en sachant très bien qu'elle ne l'utiliserait pas, qu'elle prendrait un des siens.

— Tes vêtements pour dormir sont tellement plus confortables !

 C'est ce qu'elle répétait à chaque fois et ça le fit sourire. Il fourra tout ce qu'il avait préparé dans un petit sac de voyage qu'elle prenait toujours quand elle découchait et prépara sa trousse de toilette avec les quelques éléments qu'elle prenait pour maquiller son visage qu'il aimait plus que tout. Il ferma le sac tout en jetant un regard oblique sur la pièce pour voir s'il n'avait rien oublié, ah son chargeur... Il le récupéra en voyant que son téléphone y pendait négligemment. Il soupira avec un sourire en coin, c'était bien elle d'être étourdie ainsi. En le débranchant, il vit qu'elle avait un message, il allait éteindre l'écran quand il surprit le nom de contact de celui qui était en train de faire un mal de chien à celle qui pleurait, un étage plus bas.

— Je ne rentre pas ce soir chérie les potes de l'équipe veulent faire un match, à demain, je t'aime.

 Il n'avait pas résisté à la curiosité et il tiqua, quel connard ! Mentir comme ça le faisait sortir de ses gonds surtout qu'autant Camille que lui savait qu'il mentait. Tout leur groupe savait qu'il ne jouait plus depuis un moment, sous le coup de l'alcool, à un de leurs soirées, il avait dit qu'il avait quitté l'équipe de foot dans laquelle il était, il ne l'avait jamais proclamée sobre, ça constituait un trop bon alibi.

— Eli ?

— Oui ?

 C'était une petite réponse avec une voix complètement fêlée, il ne voulait pas lui montrer le message, ç'allait lui faire un mal de chien, mais il ne pouvait pas se résoudre à lui mentir.

— Quand j'ai récupéré ton téléphone tu avais une notif, j'ai vu ce que c'était, excuse-moi je n'ai pas pu m'en empêcher.

 Il déposa le sac avec un peu trop de brutalité sur la table et surtout sa voix montrait à quel point il était tendu.

— C'est lui c'est ça ? Il a un truc au foot je suis sûre, okay supprime le message je ne veux pas le voir.

— Tu es sûre ?

 Elle hocha doucement la tête avant de se recroqueviller dans la couverture, il lui avait répondu à demi-mots sans qu'il ait besoin de l'exprimer clairement.

— Merci pour mes affaires.

 Sa voix n'était qu'un murmure, on y sentait toute sa tristesse, sa fatigue et toute sa lassitude.

— On ne va pas tarder, tu vas t'endormir ici sinon.

 Il avait le regard sur l'écran et sur le peu de conversations que le couple entretenait et il supprima ce qu'elle lui avait demandé sans discuter, bon débarras. Il mit le téléphone dans sa poche avant de se diriger vers elle pour lui retirer dans quoi elle était emmitouflée.

— Je t'emmène au lac en rentrant d'accord ?

— Vrai ??

 Elle s'était redressé d'un bond, un sourire sur le visage. On avait l'impression qu'elle avait instantanément oublié l'objet de son malheur.

— Promis, mais seulement si tu te dépêches de te préparer.

 Elle ne se fit pas prier deux fois, elle voulait voir le lac pour le coucher du soleil comme ils le faisaient si souvent depuis qu'ils étaient petits. Avec un peu de chance, s'ils restaient assez longtemps, ils pourraient voir les étoiles.

— Tu sais comment m'amadouer.

 Il échappa un rire en la voyant filer loin de lui pour se changer. Elle arriva quelques minutes plus tard avec des habits décents et les cheveux arrangés, il remarqua qu'elle avait très légèrement noirci ses yeux pour leur donner un air moins fatigué. Il récupéra le sac avant de partir au devant d'elle pendant qu'elle récupéra les clés de la maison avant de fermer la porte d'entrée et de se mettre sur le côté passager.

— Dépêchons-nous, il va bientôt faire nuit.

 Il enclencha la première et sortie de leur entrée, il s'engagea sur la route avec la ferme intention de lui redonner le sourire avant de retourner chez lui.

Moi, Elle, Eux, Nous.Des histoires addictives. Découvrez maintenant