Chapitre 11

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Reste.

J'haletais presque au mot que je venais de lui balancer. 

À la requête si lourde de sens à travers un seul et simple mot. 

Reste. 

Zade me regarda longuement comme si il analysait ma requête à son tour, puis, il fit passer l'ensemble de son corps dans la salle de bain et il referma la porte derrière lui. 

Il restait à une distance raisonnable et la mousse que je venais d'ajouter recouvrait toute la surface de mon bain, seuls mes épaules, mes bras, que je fis passer sur les rebords de la baignoire, et mon cou, humides, étaient à sa merci. À l'inspection de son avide regard grisé. 

Zade s'assied sur l'abattant des toilettes. Il était si proche que si je tendais assez mon bras je pouvais effleurer le revers de son avant-bras. 

Un silence s'installa entre nous.

Avec le temps et mon... Passé, commença-t-il. J'ai toujours cru que tuer aller être plus facile. Que bientôt, je ne ressentirais rien en pressant la gâchette. Mais, pendant plusieurs années, j'ai toujours ressenti ce... Truc... Et si je ne le faisais pas ? Et si je n'ôtais pas plus de vie ? Que ressens la personne en face consciente que les dernières secondes de sa vie sont en ce moment même entrain de s'écouler... ?

Il s'arrêta, baissa la tête et soupira.

Même si je l'ai fait la plupart du temps pour protéger mes frères de cœur. Même si j'ai enlevé plus d'espoir à un homme en le laissant en vie qu'en le tuant, ça n'a jamais été plus... Facile. Plus juste de tuer que de sauver...

Il se tût un nouvel instant et à l'inverse de la fois précédente il releva les yeux sur moi cette fois.

— Jusqu'avant ce soir.

Je me figeais, puis replongeais mes bras qui avait gelé en dehors de l'eau savonneuse.

Ce soir, tout ce que j'ai ressentis au moment de presser la gâchette c'était comment j'aurais aimé le tuer de mes propres mains, plus lentement.

Il revint plonger son regard dans le mien. Je repensais à ces dernières heures et... 

Je savais que c'était dans la nature de l'homme de se défendre jusqu'à arriver à tuer. Je savais que si j'en étais capable, j'aurais moi-même probablement tuer cet homme pour me protéger. 

Mais Zade, pouvait-il éprouver ce même instinct de survie pour ma propre vie ?

Qu'avez-vous fait du corps ? Demandais-je dans un souffle étranglé.

Il m'inspecta silencieusement, puis pencha la tête sur le côté.

Tu as encore du savon derrière la tête...

D'accord, de toute façon j'avais souvent la fâcheuse manie de poser des questions auxquelles je ne voulais pas de réponses.

Zade tendit le bras vers le pommeau de douche.

Tu permets ? Me demanda-t-il.

Pour réponse affirmative, j'acquiesçais et lui fit dos. 

L'eau chaude se mit à s'écouler et à réchauffer doucement l'eau dans laquelle je baignais. Elle détendit le haut de mon crâne. Et, Zade Masson, l'homme qui m'avait enlevé et qui venait de tuer un homme pour me protéger, me lavait les cheveux. Du bout de ses doigts Zade exerça une légère pression contre mon cuir chevelu, puis, il se mit à masser la peau près de mes tempes, autour du cartilage de mes oreilles, mes cheveux courts me permettaient de ressentir toute sa présence sur ma nuque. 

Hold up on me | Retiens-moiDes histoires addictives. Découvrez maintenant