Ma déception se manifestait sous la forme de cheveux grisé et de cravate verte à pois jaunes.
— Comment vous avez su que j'étais ici ?
Je serrais les bras pour canaliser les battements de mon cœur effréné et maintenant déçu de retrouver l'imperméable beige de l'inspecteur Rodriguez sur la rue du cabinet de Christina.
— Je suis inspecteur mademoiselle Harper...
— Et c'est aussi parce que vous êtes inspecteur que vous portez des choses aussi... Laides ?
J'illustrais mon propos en lui désignant son horrible cravate d'un geste de la tête, j'avais peut-être pu m'empêcher de lui faire la remarque la première fois que nous nous étions vu, mais ne rien dire à présent aurait fait parti d'une non assistance à personne en danger pour tous ceux qui poseraient le regard sur cette horreur.
Samuel arqua un sourcil, concerné, puis il saisit sa cravate qu'il releva à son niveau pour l'inspecter.
— Si j'étais un vieux crouton susceptible, j'aurais pu prendre votre... Partage de point de vu pour de l'outrage à agent, dit-il tout en continuant de fixer sa cravate. Mais vous avez de la chance, je ne suis pas -enfin pas tout à fait- un vieux crouton susceptible et j'aime assez bien mes cravates pour nous deux.
Je ne pus m'empêcher de sourire quand il me balança un clin d'œil en relevant les yeux vers moi.
— Après tout, le plus important est qu'elles vous plaisent... Répondis-je doucement pour racheter mes précédentes paroles.
Mais Samuel grimaça et me fit non de la tête.
— Même pas, rétorqua t-il. Si je les mets chaque matin c'est parce que je sais que, juste en me voyant, je peux faire sourire mes filles au moins une fois dans la journée.
Quand ces mots auraient dû déclencher une chaleureuse plénitude dans mon cœur pour les filles de Samuel Rodriguez, à l'inverse, mon cœur qui pleurait toujours l'absence de mon père se serra tellement que cela me fit presque mal. Non, cela me fit vraiment mal.
Je détournais le regard de l'air que prenait Samuel. De l'air que prenait un père lorsque l'on parlait de ses filles.
— D'accord, inspecteur Rodriguez, et qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
— Si vous pouviez me suivre jusqu'à ma voiture d'abord.
Le ton de Samuel avait, pour un si peu dire, drastiquement changé et mon cœur se remit à battre plus fort, mais pour ne pas attiser les suspicions de l'inspecteur sur mon regard fuyant ou mes mains moites et entremêlées, je me mis à marcher près de lui.
Il se gratta le haut du crâne.
— Nous n'avons trouvé aucune trace de Ïnova et Fedor...R... Ru... Ah ! C'était quoi déjà ?
Bien tenté inspecteur.
— Rubasenko ? Répondis-je.
— C'était ça, dit-il en souriant. Exactement ça.
J'acquiesçais et détournais le regard de son air pensif vers le sol. Après un court instant de silence, Samuel reprit :
— Je ne comprends toujours pas pourquoi ils n'ont pas appelé la police quand ils vous ont vu dans un tel état...
— Je l'ai pourtant expliqué plusieurs fois à vos collègues, répondis-je prête à me montrer plus que confiante et à camper sur mes précédentes paroles. Ce couple était étranger, sans papiers, et ils ne parlaient pas un mot d'anglais. Ils m'avaient au départ prise pour une randonneuse qui avait perdu son matériel.
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Hold up on me | Retiens-moi
RomantikTravail... Argent... Psychotropes. À l'instant où elle croisa le regard de Zade, Halo pensa être l'incarnation la plus juste du "au mauvais endroit au mauvais moment". Pourtant, chaque détail chez cet homme la laisse penser que peut-être... Ils ont...
