Chapitre 5 - Beautiful stranger

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Mary entra dans le hall austère de l'hôtel et se dirigea vers le comptoir d'accueil. Après avoir fourni les éléments d'identité nécessaires et payé les 2 nuits d'avance on lui remit la carte en lui souhaitant un bon séjour. Marie était ravi de cet échange poli mais sans plus, sans qu'on lui demande ce qu'elle faisait en ville, et ce qu'elle avait prévu pour Noël ou en lui souhaitant de bonnes fêtes avec un grand sourire. Finalement les chaînes peuvent avoir du bon se dit-elle ! Elle était perdue dans ses pensées en se dirigeant vers l'ascenseur si bien qu'elle ne vit pas l'homme arriver dans le sens inverse et le percuta de plein fouet. Elle fit un pas en arrière pour reprendre son équilibre pendant que les feuilles qu'il portait volaient dans tous les sens.

« Oh mon Dieu je suis désolée » s'écria-t-elle.

« Non non c'est moi, je ne regardais pas où j'allais, excusez-moi de vous avoir percutée » lui répondit-il aussitôt.

Marie posa son sac de course et s'accroupit auprès de l'inconnu pour l'aider à récupérer ses feuilles. Elle lui tendit le paquet de feuille grossièrement reformé et il le prit avec un sourire pour le poser sur les autres feuilles qu'il avait récupéré de son côté.

« Encore pardon, j'étais perdu dans mes pensées... » commença-t-elle... « Alors ça nous fait un point commun ! » lui répondit-il « Merci pour les feuilles ». Mary s'apprêtait à repartir lorsqu'elle vit le regard soucieux de l'inconnu qui regardait les feuilles en les soulevant les unes après les autres. Elle hasarda un « Tout va bien ? » et n'eut pour réponse qu'un marmonnage ou l'on pouvait distinguer dont elle ne put tirer qu'un « remettre dans l'ordre ».

« Je suis comptable » lui dit-elle.

« Pardon ? » répondit-il, comme sorti de sa réflexion.

« - Je suis comptable. Enfin pas là maintenant mais la comptabilité, je sais faire. Je n'ai pas regardé mais je n'ai pas pu m'empêcher de voir que ce sont des feuilles de compatibilité. Je peux vous aider à les remettre dans l'ordre si vous voulez.
- C'est vrai, vous feriez ça ?
- Oui ! Je vous doit bien ça, après tout c'est de ma faute si tous vos papiers sont mélangés !
- Ah non c'est vraiment moi qui ne regardait pas où j'allais en sortant de l'ascenseur, j'insiste. « Agree to disagree » comme disent les Anglais ! Mais j'accepte votre offre avec plaisir parce que moi et la compta, ça fait deux. Par contre je ne veux pas vous retarder ou quoi que ce soit, vous avez sans doute autre chose à faire ?
- Mes plans sont tombés à l'eau si j'ose dire, donc non pas de problème, je peux vous aider avec plaisir !
- Super ! J'allais au café d'à côté pour travailler, les boissons et les gâteaux sont pour moi ! »

Mais que se passait-il ? Mary était toute chamboulée par cette rencontre fortuite. Elle allait lui répondre qu'elle devait passer par sa chambre d'abord mais elle se rendit compte qu'elle n'avait pas de valise à déposer, uniquement son sac de courses, alors elle décida de lui embrayer le pas. Il dégageait quelque chose, une sorte de charisme naturel, qui donnait envie de le suivre sans réfléchir. Ou alors était-ce le fait qu'il ait glissé une référence à l'Angleterre au milieu de la conversation ? Ah s'il savait la passion que Mary vouait à l'Angleterre ! Peut-être était-il Anglais lui-même ? Non Mary n'avait pas noté d'accent lorsqu'il lui avait adressé la parole, il y avait peu de chance qu'il soit étranger. Dommage, Mary ne pouvait résister à un petit accent British quand quelqu'un s'exprimait en Français ! Et qu'est-ce qu'il lui avait pris de lui proposer de l'aider ? Certes c'était de sa faute à elle si ses feuilles à lui étaient maintenant dans le désordre ; quoi qu'il en dise c'est elle qui était perdue dans ses pensées et qui l'avait percuté, il était donc normal qu'elle propose de réparer sa bêtise. Et puis la compta c'était dans son domaine de compétence, elle pouvait être utile. Et visiblement il avait vraiment besoin d'un vrai coup de main, il semblait perdu dans ce domaine. Elle repensa à ses beaux yeux tous perdus quand il regardait ses feuilles les unes après les autres, comme un petit chien qui ne comprend pas le monde qui l'entoure ! Trop mignon ! Hmm oui, c'est peut-être là que tout a basculé, c'est sans doute là qu'elle a décidé de proposer son aide. Oh et puis après tout ce n'est pas comme si elle avait autre chose à faire de sa soirée !

Ils arrivèrent rapidement au Starbucks qui faisait l'angle de la rue. Il était vide. Il posa ses affaires sur une table et lui enjoint de le suivre au comptoir. « Qu'est-ce que vous prenez ? » lui demanda-t-il immédiatement. Mary était complètement perdu devant tant de choix. Elle n'avait jamais mis les pieds dans un Starbucks auparavant. Oh elle savait bien ce que c'était, elle n'était pas complètement déconnectée de la réalité, mais préférait les cafés traditionnels où on pouvait juste commander un bête café plutôt que ces trucs compliqués américains où on ne comprenait rien. Ou alors quitte à aller dans une chaîne elle privilégiait Caffé Nero, une chaîne anglaise. Les Anglais eux savent bien faire, même pour les chaînes. Mais il n'y en avait pas par ici. Du coup elle était perdue devant cette grande carte et décida de demander la boisson de Noël qui était en publicité, avec de la cannelle et on ne sait quoi d'autre. Elle prit aussi une part de cheesecake devant l'insistance de l'homme qui refusait qu'elle ne prenne qu'une boisson. Ah s'il savait le repas du midi qu'elle s'était enfilée plus tôt ! Mais après tout un petit gâteau serait le bienvenu après cette après-midi de cauchemar.

Tim ? C'est pourtant bien le prénom qu'elle a entendu donner au caissier ? Mais alors, serait-il réellement British ? Ou alors elle a mal entendu, elle était distraite. Mais ils furent rapidement servis et l'écriture sur le gobelet confirmait son audition, c'était bien Tim.

« Je m'appelle Mary du coup » dit-elle en lui montrant son gobelet « enchantée... Tim ? »

« Timothée » lui répondit-il « J'ai tendance à le raccourcir pour que ce soit plus simple dans ce genre de situation. Ou parce que c'est un prénom un peu ridicule, c'est un peu nul de s'appeler comme une marque de shampoing...
- Non c'est mignon Timothée, c'est doux, moi j'aime bien » ne put-elle s'empêcher de dire alors qu'elle sentait comme une chaleur qui lui montait aux joues. Elle baissa immédiatement les yeux et se dirigea vers la table.

Elle était plongée depuis un moment déjà sur les feuilles de compta et avait réussi à en classer une bonne partie quand le vendeur vient à leur table pour les informer de la fermeture prochaine. « Vous comprenez, c'est Noël » ajouta-t-il.

Tim se tourna vers elle. « Ah oui j'ai tendance à oublier, mais je ne veux pas vous retenir pour votre réveillon, je pourrais finir seul je pense et au pire j'ai toute la soirée de mon côté » lui dit-il dans un ricanement un peu forcé.

« - Je n'ai pas de réveillon ce soir. Enfin disons plutôt que j'en avais un mais que j'ai décidé de ne pas y aller. Désolé si je vous choque mais je déteste Noël, je déteste cette fête et je déteste tout ce qui s'y rapporte.
- Me choquer ? Mais vous ne pouviez pas me faire plus plaisir : vous êtes la première personne que je rencontre qui déteste Noël comme moi ! Racontez-moi tout, vous avez rompu avec votre petit copain aujourd'hui ?
- Un petit copain ? Nooon. Non c'est ma mère....
- Oh n'en dites pas plus, j'ai une idée : on commande à manger ici et on continue ma comptabilité en se racontant nos pires Noël dans la salle de réunion de l'hôtel ! »

C'était une idée fantastique et Mary ne put qu'approuver ! Le vendeur semblait un peu surpris de les voir revenir commander des salades et des boissons mais il était content de pouvoir fermer alors il ne fit pas de remarque particulière, et ils quittèrent rapidement le café.

Mary ChristmasOù les histoires vivent. Découvrez maintenant