4 : Mission

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Après environ dix minutes de trajet on arrive devant ma villa secondaire...

J'ai tellement de souvenirs dans cette maison, mais il a tout modifié à sa façon.

Le chauffeur m'ouvre la porte et je me fais bel et bien accueillir par l'homme d'Alessio.

- Nous attendions monsieur Titov. Dit l'un d'eux.

- Mon mari est trop occupé donc il m'a demandé de le remplacer. Où est Baston ?

- Avant ça nous devons pratiquer une fouille corporelle madame.

Je ricane.

- Une fouille corporelle ? Vous croyez que si j'appelle mon mari pour lui dire que les hommes de Baston m'ont touché il fera quoi ? Il viendra briser vos os un par un. Je suis une Titov et l'homme dans cette maison ne signifie rien à mes yeux... donc ne m'obligez pas à l'appeler.

J'imagine bien le sourire d'Alessio en entendant mes dires.

Ils soupirent et me laissent passer, puis m'amènent jusqu'à son bureau.

L'ancien bureau de mon père.

Quand j'entre, ses yeux s'écarquillent soudain.

- Étonné de me voir ? Dis-je en venant m'assoir face à lui.

- Qu'est-ce que tu fous là ?

- Je viens au nom de mon mari, Alessio Titov, tu sais... le parrain. L'homme que tu essayes de faire chanter comme un énorme con. On sait tous qu'il ne faut jamais s'attaquer aux plus forts.

- Ce n'est pas avec toi que je voulais parler.

- Tu vas être obligé. Je serais son intermédiaire pendant très longtemps.

Il souffle.

- Mais après, on peut très bien se voir pour autre chose... Dit-il avec ce regard qu'il m'offrait même quand je n'étais qu'une gamine.

- Tu devrai te dégoûter, tu me dégoûtes.

- Depuis que tu as cinq ans...

Je frissonne de dégoût, il me débecte putain.

- À ce que je sache, ça ne dérange pas le parrain de partager.

Je passe ma main dans le fente de ma jupe pour attraper mon couteau.

- Les femmes n'arriveront jamais à supporter le monde de la mafia.

- Tu es vraiment...

- Et voilà pour quoi. Ta réaction...

Avant qu'il ne finisse de parler je me lève pour essayer de lui trancher la jugulaire, mais un de ses sbires attrape mon poignet et me fait lâcher ce couteau.

- J'en étais sûr que tu mentais. Emmenez-la au sous-sol, avec son père.

Avec... mon père ?

Donc Alessio avait raison... mon père est vivant.

Ils me sortent du bureau. Arrivés au sous-sol, on assomme les deux autres.

- C'est bon Alessio. Tu peux y aller. Dis-je sur mon micro.

On se dirige vers la cellule tout au fond du couloir. Il déverrouille la porte.

Oh mon dieu...

Non, je ne peux pas y croire, c'est pas réel... je ne sais pas si je dois pleurer, rire, être en colère...

Mon père est là.

Il se lève directement et tente de venir jusqu'à moi mais ses chaînes l'empêchent de venir en dehors de la cellule.

Je m'approche de lui et le serre dans mes bras.

Il est réel... je ne suis pas en train de rêver. Mon père est vivant.

J'éclate en sanglots et lui aussi se met à pleurer.

- J'ai eu tellement peur qu'il te fasse quelque chose... j'ai eu tellement peur pour vous Vera...

J'essuie mes larmes contre son t-shirt.

Il dépose mille fois des baisers sur mon front et presque tout mon visage.

- Tu m'as tellement manqué mi hija.

- Toi aussi tu m'as manqué papa... Je suis désolée de ne pas être venue plus tôt.

- Ne t'excuse pas. J'ai toujours su que tu me retrouverais.

Il essuie mes larmes. Je l'enlace à nouveau.

Me sentir en sécurité dans ses bras m'avait tellement manqué. Cette manie qu'il a de mettre une main sur ma tête pour caresser mes cheveux et l'autre autour de ma taille quand il me câline.

J'ai retrouvé mon père...

Il essuie ses larmes alors que je me retire de son torse.

- Viens on s'en va, ensuite on pleurera ensemble, d'accord ?

Je ricane tristement et hoche la tête.

- Je vais chercher Alessio.

- Je suis déjà là.

Il arrive au bas de la porte.

- J'attendais juste que vous fassiez vos retrouvailles tranquillement. Vous voulez que je vous retire ça ? Demande-t-il à mon père en montrant les chaînes.

- Je veux bien oui.

Il s'approche et commence par libérer ses poignets, ensuite ses chevilles.

- Qu'est-ce que tu fais là Alessio ? Demande mon père, sûrement étonné de voir le fils de son ennemi aider sa fille.

- Vera vous expliquera. Il y a Baston qui est attaché à l'étage, je n'y ai pas touché, donc...

Avant même qu'il ait terminé sa phrase, on sort d'ici.

ALVE [ Terminé ]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant