Chapitre 15

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PDV Daniel

Monaco, Monaco – Vendredi 27 mai

Tu fais chier, Lando. Sérieusement. Moi, je m'étais prévu une soirée tranquille, pépère, à me mater un film débile et me coucher tôt, pourune fois qu'on n'avait pas à bosser jusqu'à pas d'heure. Pas une réunion de crise pour te chercher comme si t'étais un gosse perdu. Ok, je suis content de revoir mes potes, mais dans ces circonstances ? Franchement, non.

Et laisser Colleen poireauter trente minutes devant chez toi, c'est le summum. On parle de Colleen. La gentillesse incarnée. La meuf qui, même dans ses pires moments, trouverait le moyen de s'inquiéter pour toi avant elle-même. Et toi, tu la plantes. Bravo Norris. Sérieusement, il a quoi dans le crâne, ce gamin ?

Enfin bref, pas le temps de cogiter plus. Je devais d'abord trouver l'appartement d'Ellie, ce qui n'était pas une mince affaire. Je n'y étais jamais venu, et sans le rire exubérant de Charles qui résonnait dans le couloir, je serais probablement encore en train de tourner en rond.

– Danny, parfait, il ne manquait plus que toi, déclara Pierre en m'ouvrant la porte.
– Toujours aucune nouvelle, je suppose ?
– Dans le mille. Je t'offre un truc à boire ?
– Je veux bien, peu importe, tant que ce n'est pas...
– De l'Ice-tea, je sais bien, compléta-t-il en souriant pendant que j'enlevais mes chaussures.
– T'es parfait, tu le sais ça, mon Pierrot ?
– C'est mon mec que tu dragues comme ça ? s'interposa Ellie depuis le salon.

Je levai les mains en signe d'innocence, riant en venant lui faire la bise.

– Moi ? Non, j'oserais pas enfin.
– Bonjour, hein ! râla George depuis un fauteuil.
– On s'est vu y'a deux heures, George, sur la piste. Souviens-toi, quand je te faisais coucou dans mon rétro ?
– Les essais, ça compte pas ! répliqua-t-il, faussement boudeur.
– T'as vraiment du mal avec le second degré, toi, éclata de rire Pierre, en revenant avec mon verre.

Je m'assis par terre, à côté d'Ellie, et pris une gorgée.

– Bon, reprit-elle, on va commencer par dresser une liste des endroits où il pourrait être.
– Chez lui, lança Carlos, sûr de lui.
– Non, justement, c'est bien le problème, répondit Colleen d'une voix un peu rauque.
– Ah oui, bien vu.
– Dans les paddocks ? proposa Alex.
– Pas de traces de lui selon l'équipe, répondis-je, haussant les épaules.
– Avec Mia ? suggéra George.

Le silence tomba aussitôt.

Pierre tourna la tête vers moi. Nos regards se croisèrent. On savait. C'était possible. Probable même. Mais on savait aussi que ça allait piquer. Lentement, nos yeux se détournèrent vers Colleen.

Elle fixait le sol, immobile. Ses épaules étaient raides, son souffle court. Elle n'avait pas besoin de parler, tout était écrit sur son visage.

Aïe.

– Non, il devait voir Colleen, rétorqua Pierre.

– L'un n'empêche pas l'autre, non ? continua George, perplexe.

– George, ferme-la, intervins-je sans quitter Colleen des yeux.

– Mais quoi ?

– D'autres propositions ? poursuivit Ellie, visiblement perplexe au vu des regards que nous échangions.

– Non, attendez, j'ai loupé un épisode là, ne démordit pas George.

– T'es pas le seul, ajouta Carlos en nous regardant, un à un.

– J'ai dû rater une saison entière même, reprit Alex, voyant Colleen se lever subitement.

– Qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans « FERMEZ-LA » ? m'énervais-je avant de suivre Colleen, qui venait de passer la porte.

Fais-moi un signe - Lando NorrisOù les histoires vivent. Découvrez maintenant