Choix à faire

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Je déteste ces stupides réunions.

Toujours les mêmes sujets.
Les mêmes débats.
Les mêmes problèmes qu'on tourne et retourne jusqu'à l'écœurement.

Les réunions ont toujours été d'un ennui mortel, et les histoires d'entreprise me mettent systématiquement de mauvaise humeur. Chaque seconde passée ici me donne l'impression de gaspiller ma vie.

Quand je ferme enfin mon ordinateur, je peux souffler.

Enfin.

Je n'ai même pas le temps de savourer ce moment que la porte s'ouvre.

— Tu as fini ? me demande Lyse, un demi-sourire accroché aux lèvres.

Je relève les yeux vers elle.

Lyse contourne mon bureau avec cette assurance insolente qui lui appartient. Elle s'installe sur mes genoux comme si c'était sa place attitrée, comme si elle y avait toujours appartenu. Son visage se rapproche du mien, ses doigts glissent sur mon col, et nos regards restent accrochés l'un à l'autre.

Je sens déjà la tension me quitter.

Sa bouche frôle la mienne.

Et nous commençons cette danse silencieuse, dangereuse, familière... celle où l'on oublie tout le reste.

Mais bien sûr, il fallait que le destin s'en mêle.

La porte s'ouvre à nouveau.

— Oh... pardon. Je dérange.

La voix de ma mère.

Je ferme les yeux une seconde, comme si ça pouvait effacer sa présence.

— Je peux repasser si vous voulez...

Lyse et moi échangeons un regard. Un seul suffit.

Nous la connaissons par cœur.

Quand elle a une idée en tête, elle ne l'a pas ailleurs.

— Non, c'est bon Monique... j'allais justement partir, répond Lyse en se levant.

Elle ajuste sa robe, me lance un sourire provocateur avant de quitter la pièce.

La porte se referme.

Et le silence tombe.

Je soupire.

Je sais que cette discussion va me mettre de mauvaise humeur.

— Tout va bien, mon fils ? demande ma mère, d'un ton faussement innocent.

— Merveilleusement bien, maman.

Elle entre, sans demander la permission, et s'assoit calmement en face de moi. Comme si elle n'avait pas interrompu quelque chose. Comme si tout était normal.

— On doit terminer la discussion de la dernière fois. Je n'avais pas fini.

Et c'est reparti.

Cette foutue histoire d'âme sœur.

Mes sourcils se froncent automatiquement. Je serre la mâchoire.

Elle remarque mon expression et soupire.

— Ne fais pas cette tête, Steph. Tu sais que c'est important.

— Ça fait plus de cinq ans que je la cherche. Et je ne veux plus essayer.

Je me lève, contourne le bureau.

— Je t'ai déjà dit que Lyse est la femme que j'aime. Et elle fera une excellente Luna.

ShineOù les histoires vivent. Découvrez maintenant