Fête foraine

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Stephen

Encore une réunion de terminée. Je ferme mon ordinateur d'un geste sec, puis je quitte mon bureau. Comme d'habitude... il fait déjà nuit. La lune est haute, et la maison est silencieuse. Je passe devant la chambre d'Asteria sans y prêter attention, jusqu'à ce que j'entende sa voix. Une conversation téléphonique. Je ralentis instinctivement.

- Oui je sais... c'est demain...

Sa voix est basse, presque fragile.

- Tu sais à quel point je déteste mes anniversaires...

Je fronce les sourcils. Son anniversaire ?

- Oui... je serais heureuse si tu étais là maman...

Je serre la mâchoire sans comprendre pourquoi ces mots me touchent autant.

- D'accord... bonne nuit... je t'aime aussi...

Le silence retombe. Je reste figé une seconde devant sa porte, comme si mon corps avait oublié comment bouger. Demain... c'est son anniversaire. Je souffle doucement. Peut-être que c'est l'occasion de m'excuser. Ce que je lui ai dit l'autre jour... ce mot... cette violence. Je n'aurais jamais dû. Et cette gifle... Je l'ai méritée. Je détourne le regard et reprends ma route. Pour l'instant, je vais dormir. Demain... je réfléchirai à ce que je dois faire.

Asteria

04h00 , bien évidemment, je suis réveillée avant le chant du coq. Comme toujours. Aujourd'hui... c'est le jour que je déteste le plus. Le jour de ma venue au monde. Aujourd'hui, j'ai vingt-et-un ans. Les années précédentes, Iris et Jay organisaient toujours un petit dîner. Rien de grandiose, mais... chaleureux. Cette année ? Je suis seule. Avec un âme sœur qui ne me supporte pas. Entourée de loups qui me regardent comme une étrangère. Et d'une Barbie en plastique qui rêve de me voir disparaître.

Super.

Vraiment... super.

Je frissonne. Il fait froid. Je devrais rentrer me coucher... Mais je sais que je n'y arriverai pas.

13h00, sors de la douche et m'habille d'une simple combinaison short beige, décorée de plumes discrètes. Je relève mes cheveux en chignon. Depuis cette découverte absurde cette histoire de réincarnation je n'ai plus entendu la déesse.

Elle m'a juste laissé ces mots :

"Je serai là quand tu en auras besoin."

Je n'en ai parlé à personne. Et tant mieux. Je descends les escaliers. La maison est étrangement calme. Trop calme. Je pense déjà à la bibliothèque, à mon refuge, quand une voix me coupe net.

- Asteria !

Putain... pas lui. Je reconnais cette voix entre mille. Je prends une grande inspiration et me retourne.

- Tu veux quoi, Stephen ?

Il soupire.

- Pas besoin d'être sur la défensive.

- Je suis pas sur la défensive. Tu me veux quoi ?

Il ne répond pas tout de suite. Il s'avance. Et avant même que je comprenne, il prend mes mains dans les siennes. Mon corps se fige. Une sensation étrange traverse mon être, comme une décharge chaude. Je retiens mon souffle.

« Le lien... »

Stupide lien. Il baisse légèrement la tête.

- Je veux m'excuser la dernière fois .

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