Premier regard

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Asteria

Je cours au beau milieu de la forêt. J'ai froid , j'ai faim. Mes genoux brûlent, égratignés, trempés de boue. Mes poumons me font mal, ma gorge est sèche, et mon corps est au bord de l'épuisement.

Mais je n'ai pas le choix.

Je dois continuer. Si je ne rentre pas avant l'aube... je recevrai une correction. Le vent siffle entre les arbres, les branches fouettent mon visage, et chaque respiration est un supplice. Les bruits autour de moi me glacent le sang : des hurlements lointains, des grognements... des pas qui écrasent les feuilles mortes. Je ne sais pas ce qui me suit. Je ne veux pas le savoir.

Je cours.

Mon cœur bat si fort que j'ai l'impression qu'il va exploser. Mes jambes tremblent, mais je refuse de m'arrêter.

Soudain...

Un crac.... Le sol se dérobe sous mes pieds.

AHHHHHHHHH !

Je tombe.

Je chute dans le vide, incapable de me retenir. L'air s'arrache de mes poumons, mon cri se perd dans l'obscurité, et...

NONNN !

Je me redresse brutalement.

La respiration saccadée, bien trop rapide, bien trop forte. Mon cœur tambourine comme un fou, et ma peau est trempée de sueur.

Je regarde autour de moi, affolée.

Les murs.
Mon lit.
Mes draps froissés.

Je suis dans ma chambre.

Un simple cauchemar. Pourtant, mon corps refuse de comprendre. Je porte une main à ma poitrine, cherchant de l'air comme si quelqu'un m'étranglait. Je suffoquait au point où mon corps entier en tremblait. Je jette un regard à mon réveil.

4h00.

Je me lève d'un bond et me précipite vers la fenêtre.

Je l'ouvre.

L'air froid de la nuit me frappe le visage... mais ça ne suffit pas. Je respire encore mal. Je dois sortir , quitter cette pièce. Je sors dans le couloir, pieds nus, avançant vite mais silencieusement, comme si j'étais une intruse dans ma propre maison. J'évite chaque craquement du parquet, chaque marche qui grince.

Mais je sais. Je sais qu'elle m'a entendue. Et elle va encore s'inquiéter. Je traverse la porte arrière et arrive dans le jardin. L'obscurité est douce ici. Silencieuse , presque apaisante . Je m'assois sur la petite balancelle, mes doigts serrés sur les chaînes, ferme les yeux et inspire profondément.

1...
2...
3...

J'expire.

Encore.

1...
2...
3...

Je recommence ce mouvement plusieurs fois, jusqu'à ce que mon cœur ralentisse enfin. Quand j'ouvre les yeux, mon regard se lève vers le ciel.

Elles sont là, immobiles, fidèles, comme si elles n'avaient jamais cessé de veiller sur moi. Les étoiles, Je sens un poids se dissoudre lentement dans ma poitrine. C'est peut-être à cause de mon prénom que j'aime autant ces petites lumières dans le ciel.

Asteria.

Un prénom qui signifie étoile en grec ancien. Ma mère adorait deux choses : les étoiles et la mythologie grecque. Elle disait souvent que mon nom était une référence à la déesse des étoiles. J'aime ça. Avoir un nom unique , beau , presque lumineux.

ShineOù les histoires vivent. Découvrez maintenant