Ciel étoilé

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Asteria

« Courir. Mentir. Survivre.

C'était mes trois mots-clés. Le résumé de chaque jour de ma vie. Je ne vivais pas. Je survivais à l'enfer dans lequel j'étais enfermée. Courir dans le noir, dans la forêt, en pleine nuit, le souffle court, les jambes tremblantes. Mentir à l'école dès qu'on me touchait et que je criais de douleur, en répétant que tout allait bien. Survivre à lui. Chaque jour.

Espérer. Rêver. Prier.

Espérer qu'ils se rendent compte de leur attitude immonde. Rêver qu'on me sorte de ce quotidien monstrueux. Prier qu'on découvre enfin l'enfer qu'on me faisait subir.

Vomir. Dégoût. Haine.

Vomir au simple contact de sa peau sur la mienne. Du dégoût en voyant mon corps face au miroir. Haïr soi-même... et haïr le monde entier pour sa négligence.

Le pire n'était pas les coups qu'il m'infligeait pour n'importe quelle raison. Ni son regard vide. Ni même sa folie meurtrière. Le pire... c'était de comprendre qu'il n'avait jamais été un père. Juste un monstre , un bourreau. Je n'oublierai jamais son visage. Je n'oublierai jamais sa voix.

- Sale chienne.

- C'est de ta faute.

Je sais.

- Tu es un monstre.

Je sais

- Meurtrière.

Je sais.

- Enfant maudite.

Je sais !
Je sais...
Je sais...
Je sais !!! »

Je me réveille en sursaut, le cœur battant à tout rompre. Ma poitrine se soulève comme si je venais de courir pendant des heures. Mes mains tremblent, et mes yeux brûlent. Je suis épuisée. Épuisée de rêver de lui. Épuisée qu'il arrive encore à m'atteindre après toutes ces années.vEt comme toujours... la crise arrive. Je la sens, elle s'approche comme une vague, lente mais certaine. Je suis encore en train de suffoquer . Je me lève et attrape un pull dans ma valise. Je n'ai même pas défait mes affaires. Pourquoi faire ? Je me casse dès que j'en aurai l'occasion. Je sors de la chambre et descends les escaliers, essayant de retenir mes sanglots pour ne réveiller personne. Je me faufile jusqu'au porche. L'air froid me frappe le visage, et ça me fait du bien. Je m'assois sur la balancelle, et je ferme les yeux.

Respire.

J'inspire profondément.

1...
2...
3...

J'expire.

Je recommence.

Encore. Je regarde l'heure.

3h05.

C'est de pire en pire. Si je commence à me réveiller à des horaires pareils, je vais finir par ne plus dormir du tout.

- Tu ne dors pas, Ria ?

Je sursaute légèrement.

Dylan. Son visage est inquiet, et ses yeux cherchent les miens. Voyant mon état, il s'assoit sur la balancelle, à côté de moi. Je détourne le regard.

- Les nuits ne sont pas reposantes chez moi...

Ma voix est brisée.

- On peut même dire qu'elles me gâchent la vie. Elles m'empêchent d'avancer.

Dylan soupire doucement.

- Je connais trop bien ce que tu veux dire. Les rêves peuvent être bien trop cruels pour notre esprit.

ShineOù les histoires vivent. Découvrez maintenant