⚔️Chapitre 4

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Pdv : Elyana

Lentement, je reprends connaissance. Je sens l'odeur de renfermé qui flotte dans l'air et le sol froid et humide sur lequel je suis allongée. J'ouvre les yeux et mets plusieurs secondes à m'habituer à l'obscurité ambiante.
Je me relève doucement tout en me remémorant les évènements de la veille ou peut-être de la semaine passée. Combien de temps suis-je restée inconsciente ?
Je n'en ai aucune idée.
La pièce dans laquelle je me trouve n'est pas très grande et mal éclairée. A gauche une grille remplace le mur. En face se trouve quelque chose qui ressemble à un lit avec un matelas si fin et sale que dormir par terre ne changerait pas grand-chose. Des gouttes d'eau tombent du plafond, formant des flaques à certains endroits. Mais le pire est l'odeur de pourriture et de sang qui règne dans l'air. Je sens mon estomac se retourner et manque de déverser le peu qu'il contient sur le sol. Ma tête me lance si fort que ma vision a du mal à se stabiliser. Je me concentre sur les bruits que j'entends autour de moi : des chaînes en métal qui percutent des murs, des gouttes d'eau qui tombent, des chuchotements provenant de certaines des pièces voisines. Tout ça ne fait que confirmer ce que je pensais déjà, je suis enfermée dans cette cellule pour une raison que j'ignore encore.
A quatre pattes sur le sol glacial, j'avance jusqu'à la grille. Mes paumes s'accrochent au métal rêche et irrégulier des barreaux. A l'opposé de la mienne une autre cellule semble vide. Je suis au fond d'un long couloir, éclairé uniquement par une petite bougie tous les quelques mètres et, au bout, je crois voir une ouverture d'où perce la lumière du soleil. Rassurée par cette clarté, je m'adosse aux barreaux et laisse tomber ma tête en arrière, les yeux clos. Un bruit sec résonne dans la prison et mes yeux s'ouvrent d'un coup. En quelques secondes, mon cœur a accéléré et ma respiration est devenue saccadée, comme si je manquais d'air.
A l'entrée, près de là où je voyais la lumière, un garçon dont je n'arrive pas à distinguer les traits est étalé sur le sol et tente avec peine de se relever. Derrière lui un homme lourdement armé lui empoigne les cheveux, le forçant à avancer.

- Avance, plus vite que ça !

Le garçon obéit sans broncher, il ne se débat même pas, ce qui a le don de me mettre en colère. Il n'a pas l'air beaucoup plus âgé que moi, mais son geôlier n'a aucune pitié. Petit à petit, il se rapproche de ma cellule. Remarquant qu'il ne compte pas s'arrêter avant d'arriver à mon niveau, je me décale légèrement pour me fondre dans l'ombre sans pour autant qu'ils disparaissent de ma vue. Sans me jeter un regard, l'homme stoppe devant la cellule juste en face de la mienne. Il décroche le trousseau de clés attaché à sa ceinture et cherche la bonne clé. A la place du garçon, j'en aurais profité pour tenter de m'échapper mais lui ne fait rien. Il reste totalement immobile dans l'attente de son sort. De plus près, j'arrive à mieux distinguer ses traits. Ses cheveux sont blonds un peu ondulés, coupés au-dessus de ses oreilles pointues. Je ne vois pas la couleur de ses yeux à cause du peu de lumière mais son visage est assez fin et sa mâchoire bien tracée. Je n'ai pas le temps de continuer à l'observer car le garde ouvre et le pousse à l'intérieur. Le jeune homme trébuche mais réussit à rester debout. Dans un claquement qui résonne dans toute la pièce, le garde referme les barreaux et fait tourner la clé dans la serrure pour s'assurer que c'est bien verrouillé. Alors que mon regard mêlé de terreur et de curiosité est posé sur son dos, il quitte la prison se retourner.
Après son départ, je reste braquée sur le point de lumière au bout du long couloir. Des milliers de questions se bousculent dans mon esprit, j'ai l'impression d'imploser, que toutes les choses qui étaient pour moi des certitudes jusqu'à présent sont remises en question. Presque instinctivement, je remonte les jambes contre mon torse et les enroule de mes bras. J'y laisse reposer ma tête, les yeux clos. J'ai beau tenter de les repousser, mes pensées partent dans tous les sens. Ma mère, Lara, Flocon, cet endroit, c'est comme si j'étais emportée dans un tourbillon qui me fait tourner de plus en plus vite au point que j'en oublie où je me trouve réellement.

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