Chapitre 66.

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Génésis

[ Une semaine plus tard ]

Les couloirs du lycée bourdonnaient de murmures. Je marchais dans les couloirs du lycée sous le regard curieux des élèves. Tous me saluaient, comme si de rien n'était. J'avais juste envie de hurler. De leur dire d'arrêter cette mascarade. Ils se foutaient tous de moi, je le savais. Leur sympathie n'était qu'un jeu de façade.

J'aspirai une grande bouffée d'air, espérant combler ce vide immense dans ma poitrine. Ce trou noir béant qui me rappelait tout ce que j'avais perdu. J'étais triste. Terriblement triste.
J'avais tellement cru en ma relation avec Ézékiel.

J'ai cru voir de l'amour en lui. J'ai cru qu'il pouvait m'aimer. Je pensais que je saurais lui convenir, qu'il me laisserait une place dans son monde mais il a pris peur. Je voulais juste qu'il tente sa chance... qu'il essaie. Au lieu de ça, il a tout compliqué.

J'ai cru qu'il pouvait m'aimer, alors j'ai accepté de lui appartenir. Je l'ai aimé assez pour accepter l'inacceptable. Pour être patiente. Pour espérer qu'il sortirait enfin du passé. Mais il n'en a rien fait. Cet espoir, je l'ai perdu. Et malgré tout ce que j'ai pu donner et tout ce que j'ai pu pardonner, il est resté prisonnier de ce passé. Il peut tout garder. Ses secrets, son contrôle et même son amour. Je ne veux plus entendre parler de lui.

En rentrant chez moi, la colère bouillonnait. Je n'ai pas dit un mot à mes parents.
Ils avaient décidé de ne pas porter plainte, certes, mais ils avaient quand même envoyé cette vidéo... et sans ça, Ézékiel et moi serions peut-être encore ensemble. J'ai décidé qu'ils porteraient la faute. Oui, je leur en veux.

***

Plus tard, je me suis retrouvée, sans vraiment savoir comment, sur son profil Instagram. Je regardais attentivement chacune de ses photos. Il en postait beaucoup : en costume, avec ses montres, ses voitures, ses villas, sa maison... Il y avait aussi les clichés de ses voyages. Il ressemblait vraiment à un mannequin. Froid. Parfait. Intouchable.

Et moi, derrière mon écran, je me sentais bête. Il était beau. Et il me manquait. Ses blagues me manquaient, son rire, son sourire, son côté enfantin, ses petits jeux... tout me manquait. Je me sentais si seule. Une larme coula. Je l'essuyai vite et quittai Instagram. J'essayai de manger quelque chose, sans succès. L'appétit ne venait pas. J'avais l'impression d'étouffer.

Je descendis avaler quelque chose, mais l'appétit ne vint pas. J'avais l'impression d'étouffer chez moi. J'avais besoin de le voir - juste de le voir. Une dernière fois.

Puis, une notification apparut sur mon téléphone.
Un mail.
Ézékiel Donovan.

Mon cœur manqua un battement. Je crus défaillir. Je restai figée, incapable de bouger.

Il... il m'avait écrit ?

Je restai figée quelques secondes avant d'ouvrir le message.

Chère Génésis Adam,
Je t'envoie ce mail afin que nous convenions d'une date pour mettre fin à notre contrat.
Cordialement,
Ézékiel Donovan - impatient.

Je restai bouche bée.

Un mail.
Pour ça.
Il osait me parler comme à une employée. Comme à une étrangère. La rage monta.

Je pris mon téléphone, et sans réfléchir, je répondis.

Cher monsieur Donovan,
Vous avez vraiment osé perdre votre temps à m'envoyer un mail alors que vous avez mon numéro ? Sommes-nous devenus des inconnus ?
J'aurais préféré avoir de vos nouvelles autrement, mais je vois que vous avez tourné la page très vite sur notre « mini » relation.
Cordialement, Génésis Adam - en fureur.

Plusieurs minutes plus tard, une réponse tomba.

Chère mademoiselle Adam,
Je vais bien. Je règle mes affaires comme je le peux. Mais puisqu'il est question de rompre le contrat, garder un contact familier avec toi ne me semble pas approprié.
Demain te conviendrait-il pour le rendez-vous ?
Cordialement, Ézékiel Donovan.

Je crus exploser.
Ce ton froid, détaché, professionnel... C'était comme si j'avais rêvé de tout ce que nous avions vécu.

Mes doigts tremblaient sur le clavier.

Cher monsieur Donovan,
Je vais essayer de garder mon sang-froid, mais je voulais simplement vous dire très gentiment d'aller vous faire foutre. Avec courtoisie, bien sûr.
Vous pourriez au moins respecter ce que je ressens pour vous. Envoyez-moi le contrat par mail, je le signerai. Je n'ai aucune envie de revoir votre visage.
Pas cordialement, Génésis Adam - dégoûtée par votre face.

Quelques instants plus tard, sa réponse arriva.

Chère Génésis Adam,
Vous étiez prévenue : tomber amoureuse enfreint le contrat.
Je vous joins le document à signer. Merci de me le renvoyer dans les plus brefs délais.
Bonne journée.

Puis un dernier mail :

Objet : Fin du contrat
📎 FinDuContrat.pdf

Et c'est là que j'ai compris.
Tout était vraiment fini.


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Sans Rancune 2 ( Terminée )Où les histoires vivent. Découvrez maintenant