Chapitre 74.

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Génésis

Je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Le silence pesait sur ma poitrine, trop dense pour être ignoré, trop bruyant pour être apaisant. J'osais espérer que nous pourrions continuer à discuter, comme si cette nuit refusait de se terminer, comme si quelque chose d'important était encore en suspens entre nous.

Alors que je m'apprêtais à cogner à nouveau, la porte s'ouvrit légèrement, presque timidement, comme si elle hésitait elle aussi à rompre le calme. Ézékiel apparut torse nu devant moi, avant d'ouvrir la porte en grand, m'offrant sans le savoir un refuge.

- Toi aussi, tu n'arrives pas à dormir ?

Sa voix était basse, douce, encore chargée de fatigue.

- Oui... J'espérais pouvoir profiter encore un peu de ta compagnie.

Il ne posa pas de question. Il se contenta de me laisser entrer, comme si ma présence allait de soi.

Je me jetai sur le grand lit, happée par la douceur des draps. Ézékiel ferma son ordinateur, comme s'il refermait la porte au monde extérieur, enfila un tee-shirt blanc, puis vint s'allonger près de moi. La pièce semblait soudain plus petite, plus intime, comme si l'air lui-même s'était resserré autour de nous.

- Ne me dis pas que tu étais en train de travailler.

- Je suis le PDG... je dois travailler.

Je levai les yeux au ciel. Il soupira, plaça ses bras derrière sa nuque. Ce geste familier, presque vulnérable, me serra le cœur.

- Tu as remis du blanc.

- Je n'ai que cette couleur... J'en achèterai d'autres si tu aimes le changement.

Il leva les yeux vers le toit en verre. Le ciel nocturne s'étendait au-dessus de nous, immense et silencieux. J'éteignis la lampe de chevet. La lune prit le relais, dessinant les traits de son visage d'une lumière presque irréelle. Il était beau. D'une beauté calme, fragile, qui donnait envie de ne pas parler trop fort.

Je ressentais trop de choses à la fois. J'étais rassurée, attendrie, touchée... et un peu effrayée par l'intensité de ce que je ressentais. J'aimais Ézékiel. De plus en plus. À chaque silence partagé. À chaque regard volé. Un peu plus à chaque instant où je découvrais qui il était vraiment.

Je ramenai mes mains sous mon menton et l'observai. J'essayais de maintenir une distance, mais cette distance semblait absurde. Tout en moi voulait se rapprocher.

- Parle-moi de toi, Génésis...

Il se tourna vers moi, ce sourire en coin qui me faisait toujours perdre un peu pied.

- Comment tu te décrirais ? dit-il en se tournant vers moi, un rictus en coin. Ce que je sais de toi est superficiel.

- Par exemple ? répondis-je en souriant comme une idiote.

- Par exemple, le code de ta carte de crédit.

Je le frappai légèrement, faussement vexée. La conversation glissa, légère au début, presque joueuse. 

- Ton emploi du temps, celui de tes parents aussi. Les sports que tu pratiques. Ta couleur préférée. Ce que tu veux faire plus tard. Ton cycle...

Arrête ! Je le frappai encore alors qu'il explosait de rire.

- Dis-moi ce que tu aimes... reprit-il plus calmement. Tu as souvent refusé que je t'offre des cadeaux, mais pourtant ils avaient l'air de te plaire. Tu t'es aussi souvent méfiée de mes intentions, et pourtant ça te touchait. Je n'ai jamais réussi à te cerner complètement...

Sans Rancune 2 ( Terminée )Des histoires addictives. Découvrez maintenant