Le reste du monde peut bien tourner à l'envers

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955 jours avant...


🌵🌵🌵 TW : mention d'agression sexuelle.

Killian

J'ai un million d'éléphants qui courent dans la tête et une envie de gerber aussi grande que ma flemme. Pourquoi est-ce qu'on est sorti pour le nouvel-an déjà ? Ah oui, pour se sociabiliser je crois. Très bonne idée Tim. Je veux dormir pendant encore deux semaines et oublier pourquoi j'ai bu mais ta bonne humeur me perturbe plus encore que le fait que tu sois debout devant moi alors qu'il fait encore nuit.

— Qu'est-ce que tu fous là ? marmonné-je la voix éraillée.

— Il est quinze heures ! Tu pourrais peut-être sortir du lit à un moment donné, non ? râles-tu bien trop fort.

— Quinze heures... pourquoi il fait nuit ?

— Parce que tes yeux ont du mal à s'ouvrir peut-être ? cries-tu dans mes oreilles.

— Rhooo tais-toi, je t'en supplie...

— Bon sang, c'que t'es chiant... je retourne en bas. Quand tu seras décidé à te joindre à nous, fais-moi signe !

La porte claque, la couette retourne sur ma tête et moi dans le sommeil. Lorsque j'en ressors, j'ai encore l'impression de rêver et je me refais le film de la soirée alors que le réveil indique dix-huit-heures. Tu vas me tuer c'est sûr.

Je me rappelle qu'on est sortis avec les collègues, pour fêter le nouvel-an et je crois bien que j'ai abusé de l'alcool. C'est pourtant pas mon genre mais quand je ne peux pas décompresser autrement hélas, l'alcool devient une possibilité trop facile. Et j'ai bu, beaucoup. Parce qu'avant notre soirée, tu m'as parlé de l'inquiétude de mon père face à mes angoisses et j'ai paniqué à l'idée de devoir lui en parler.

Lui avouer ce qui s'est passé après la mort de ma mère, est quelque chose que je ne suis pas prêt à faire. Je ne peux pas lui dire de quelle manière j'ai « géré » le deuil alors qu'il pense encore que je suis allé chez le psy durant une année pour ça. S'il savait que je l'ai payé une fortune pour qu'il se taise, mon père piquerait une belle colère. Sans le savoir, tu me mets dans une situation que je n'avais pas du tout prévue et qui me file la nausée. Il faut que je coure aux toilettes d'ailleurs. Je rends tripes et boyaux dans la cuvette avant de me rincer la bouche avec le liquide mentholé qui m'arrache la gueule. Je déteste ce truc.

Je voudrais repousser cette discussion à une autre vie mais je sais aussi que je risque de perdre mon père si je ne lui parle pas, et ça, c'est inenvisageable. Je prends une douche et me rase, histoire de paraitre moins fatigué puis m'habille d'un pantalon de jogging, d'un débardeur et d'un gros pull à capuche. Je me traine jusqu'à la cuisine où je pique une pomme et te vois sur la terrasse, guitare en main sous le soleil qui décline déjà. Mon père est certainement dans son bureau et je décide de venir vers toi en premier.

Dos à moi, tu chantes une chanson que je ne connais pas, ta voix emplissant l'air de notes aussi mélodieuses qu'envoûtantes. C'est magnifique. Je glisse une main timide dans ton dos, stoppant net la mélodie.

— Qu'est-ce que tu fais Killian ?

— Je cherche...

Tu te retournes, ton visage interrogateur attendant la suite.

— Tu cherches quoi ? demandes-tu en penchant la tête sur le côté.

— Tes ailes d'ange.

Tu t'esclaffes, ton rire aussi doux qu'une brise de printemps chatouillant mon estomac. C'est le plus beau rire du monde, j'aimerais pouvoir l'entendre tous les jours et garder ce souvenir gravé dans ma mémoire pour les coups durs, pour les jours sans soleil et les nuits sans lune. J'adore t'entendre rire.

Une seule nuit (1er Jet. Terminé)Des histoires addictives. Découvrez maintenant