Chapitre 19 : Différence de traitement

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"Très franchement cher monsieur, je ne vois pas vraiment ce que je pourrais avoir à dire après une telle déclaration...", dit-il en glissant son bloc-notes dans la poche de son tablier, avant de continuer à laisser libre cours à ses pensées.

"... si ce n'est que je suis quand même un peu déçu." La fin de sa phrase ne sembla pas perturber Michael le moins du monde. Il resta silencieux, laissant l'autre poursuivre et absorbant chacun de ses mots.

"Ni moi, ni aucun membre de ma famille ne sommes des évolués, et pour être honnête, je ne sais pas grand chose de votre façon de fonctionner. La seule raison pour laquelle nous connaissons l'existence des évolués, c'est parce que l'un des meilleurs amis d'enfance de mon père en est devenu un. Il lui a proposé de venir s'installer sur l'archipel avec sa famille, en lui assurant que la vie y était bien meilleure."

"Honnêtement, la vie que je mène ici est loin de me déplaire, mais si je dois me retrouver à gérer des problèmes comme ça au quotidien, retourner dans mon petit village de campagne en France ne me paraît pas être une si mauvaise idée." dit le propriétaire.

"Enfin bref... Tout ça pour vous dire que ce ne sont pas vos paroles qui empêcheront d'autres accidents de ce genre de se produire. Vous savez ce qu'on dit, ce sont ceux qui parlent le plus qui en font le moins. Et en ce qui vous concerne, le seul commentaire qui me vient à l'esprit, c'est que vous êtes très bavard."

"Alors ne m'en voulez pas, mais jusqu'à ce que je puisse voir un début de changement, ces mots que vous avez prononcés me paraîtront aussi vides et inconsistants que le vent." fini le propriétaire.

Michael prit le temps d'absorber chacun de ces mots et de choisir avec soin ses prochains mots. 

"Je comprends. Dans ce cas, si ça vous intéresse, je pense avoir une idée pour vous aider dans votre situation, ne serait-ce qu'un peu." il regarda en direction de sa fille, Maria et lui demanda en hochant la tête en direction du propriétaire. Cette dernière semblait légèrement confuse, avant de comprendre la demande de son père. 

Elle se leva de sa chaise et se plaça devant le propriétaire avant de lui demander :

"Pourriez-vous enlever votre collier s'il vous plaît ?".

Le propriétaire, surpris par cette demande soudaine, montra une certaine hésitation. Il s'apprêtait à demander pourquoi la jeune femme devant lui faisait une telle requête, mais son regard se tourna vers Seira. Celle-ci hocha doucement la tête en le regardant, comme pour lui signifier que tout irait bien. Après plusieurs secondes d'hésitation, le propriétaire soupira légèrement avant d'enlever son collier.

Maria leva les mains et les plaça délicatement autour du cou du propriétaire, ses doigts se rejoignant derrière sa nuque. Ses mains commencèrent alors à descendre le long de son cou jusqu'à ce rejoindre au niveau de la pomme d'Adam. Elle enleva complètement ses mains du cou du propriétaire et hocha la tête d'un air satisfait.

"Attendez encore quelques secondes, s'il vous plaît." demanda t'elle.

Le propriétaire, visiblement confus, porta sa main à son cou, ressentant quelque chose qui n'était pas là auparavant. En effet, un collier semblant fait en feuille d'arbre vert foncé reposait désormais autour de son cou. La feuille émettait un léger mucus jaune et transparent, qui s'évapora aussi rapidement qu'il était apparu. 

Une seconde plus tard...

Cric...

Une fine fissure apparut sur le collier en feuille, rompant légèrement sa surface lisse et uniforme.

Cric... cric...

D'autres fissures apparurent simultanément en plusieurs endroits, jusqu'à ce que le collier entier en soit complètement couvert. Peu à peu, il commença à se désagréger, morceau par morceau, chaque fragment se dispersant dans l'air avant de disparaître sous les courants marins.

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