06. Star

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~ Chapitre 06 ~




































« Avoir ses amis près de soi, mais ses ennemis encore plus près de soi. » Je ne sais pas qui est l’enfoiré qui a dit cette phrase, mais il mérite une bière.































20h


STAR




— Alors ta journée Star ? Me demande Mateo, le père de famille.

Je remue ma fourchette dans mon plat de spaghetti. N’ayant absolument pas l’appétit.

— Euh, bien. Merci.

— J’espère que tu t’es bien intégrée. Changer d’environnement du jour au lendemain n’est pas chose facile.

Tu parles, oui.

— Mais je suis convaincu qu’avec le temps, tu t’adapteras.

— Je l’espère bien… Marmonnai-je.

— Pardon, t’as dit quelque chose ?

— Que…j’allais m’adapter.

Mateo, Jack, la peste et Andrew. Tous sont là à dîner comme une bonne petite famille tout à fait parfaite. Ils rient, se racontent leur journée et un tas d’autres trucs auxquels moi je n’ai jamais eu droit. Et devinez pourquoi ? Parce que je n’ai jamais eu de mère. Les dîners du soir, je les passais avec mon père, dans notre petit salon et avec comme repas : des trucs à emporter. Ce n’est rien à comparer avec ce que cette famille vit, mais au moins dans ce petit espace, je me sentais à l’aise. Aimée et en famille. Ma famille. Mon père.

Ici j’ai plutôt l’impression d’étouffer. J’ai des envies de m’enfuir. De fuguer et de me barrer de cet endroit qui pue l’argent. Ce n’est certainement pas ma place ici et ça, je le sais. Je le ressens et je suis en train de le vivre. Bri, Mateo et Andrew, Jack font de leur mieux pour que je puisse me sentir comme un membre intégrant de leur famille. Je les remercie d’ailleurs pour tant d’effort. Mais je ne peux pas. Je ne peux tout simplement pas faire semblant. C’est trop pour moi et je veux juste m’en aller. Très loin. Retrouver mon petit papa.

Sous la table, je me gratte le poignet droit. Au point de sentir comment je me déchire la peau. Mais cela n’a plus d’importance. Une fois de plus, je suis plongée dans ce cercle vicieux entre mes troubles d’angoisse et ma raison. Je ne peux rien y faire. Je me sens oppressée et j’ai envie de fuir. Oui, fuir.

Encore et encore, je me gratte le poignet. Je le maltraite férocement. Mes yeux ne veulent pas quitter ce plat de pâtes en face de moi. Je suis paralysée. Mon esprit est en train de me ramener des années en arrière. Dans mes craintes. Dans mes cauchemars. Là où je ne peux pas m’échapper. Pourquoi ? Parce que je suis condamnée. Oui, je suis prisonnière à tout jamais de lui.

Xavier.

Xavier Bennet.






















À l’âge de 06 ans…





Papa est encore en retard. L’école est fini il y’a 15 minutes, donc papa a 15 minutes de retard. Je ne m’inquiète de rien car je sais qu’il va venir. Et il aura une bonne excuse. Papa travaille beaucoup pour que nous ne soyons pas à la rue. Il répare des voitures. C’est trop cool.

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