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~ Chapitre 10 ~


























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Lundi.

07h00.

Andrew claque la portière derrière moi et pose sa main sur mon épaule droite.

- Ces deux jours furent les plus belles de ma vie.

Il commence à marcher devant moi.

- Tu viens ?

J'arrête les manches de mon sac à dos et marche en essayant de ne pas croiser les regards des autres dégénérés de cette école. Mélissa passe à côté de moi et me pousse volontairement l'épaule. Je manque de trébucher mais me remets vite sur pied. Elle se tourne vers moi et me montre son majeur. Ce à quoi je réponds en roulant des yeux.

Cette fille ne compte décidément pas me lâcher.

Je fais semblant de ne pas voir Andrew et la peste qui s'en vont en direction de leur bande. Dont il est en fait évidemment parti. Je passe les grandes portes et aussitôt, Paloma saute à mon cou. Je m'effraie et reste perplexe. Elle joint ses mains comme une prière en me faisant les yeux ronds. Je ne sais pas ce qu'elle veut et je ne comprends pas son manège. Elle doit sûrement avoir une idée derrière sa tête bouclée.

- Euh...quoi ?

- Allez dit oui s'il te plaîtttttttttt.

- Oui à quoi ?

- J'organise une soirée pyjama mercredi et j'ai convaincu Aziza de dire oui.

- Et ?

- Et il ne manque plus que toi.

Comprenant où elle veut en venir, je remue frénétiquement de la tête. Mes tresses me rentrent à quelques reprises dans les yeux. Je commence à longer le couloir pour arriver à mon casier. Et Paloma est toujours collée à mes basquets, me suppliant d'accepter une idée aussi stupide que folle.

Moi, aller passer la nuit chez les Gomez ? Faudrait me couper la tête pour ça.

En fait, je ne veux tout simplement pas me retrouver dans la même maison que celui qui hante mes pensées. Parce qu'il hante effectivement mes pensées. Et c'est mal, j'en ai bien conscience. Je ne devrais pas penser à un mec bizarre et flippant. Encore moins quand il sort avec la fille qui me supporte le moins dans ce monde. Ce serait signer mon arrêt de mort.

Quoique l'idée de faire enrager la peste me tente sauvagement là...

NON !

Je ne dois pas.

Je ne dois pas.

Je ne dois pas.

- Je ne dois pas.

J'ouvre mon casier et range mes affaires à l'intérieur. Je ne prends que le nécessaire car on a cours de géographie. Je referme mon casier. Et quand je me retourne, Paloma a toujours ces gros yeux ronds et larmoyants destinés à me faire céder. Mais si elle savait que je suis aussi dure que de la pierre, elle n'essayerait pas de me convaincre.

- Pourquoi ?

- Hein ? Demandai-je hébétée.

- Pourquoi tu ne dois pas ? C'est à cause de ta cousine c'est ça ?

- Je-

- Mais elle n'a même pas besoin de le savoir !

- Mais-

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