Chapitre 198

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Salut à tous,
Bonne lecture ;)

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La semaine s'était écoulée dans un mélange de soulagement et d'épuisement. Lenie retrouvait peu à peu de forces, bien que son corps lui rappelât encore régulièrement ses limites. Une fatigue sourde persistait, l'accompagnant dès le réveil et ne la quittant jamais vraiment. Quelques crampes, parfois douloureuses, venaient troubler ses journées, mais elle s'y était habituée, les accueillant avec résignation.

La dernière prise de sang avait pourtant apporté de bonnes nouvelles : plus aucun signe d'infection, et son anémie semblait sous contrôle, du moins suffisamment pour que la docteure Moreau se montre rassurante. « Votre corps récupère, mais il a encore besoin de temps », lui avait-elle dit avec douceur. Lenie savait qu'elle devait l'écouter, qu'elle devait se ménager... mais elle ne pouvait s'empêcher de vouloir reprendre son rythme, comme si cela pouvait effacer les semaines difficiles qui venaient de s'écouler.

De son côté, Helena se battait contre une fatigue bien différente. Chaque jour, elle s'efforçait de cacher son état, refusant de s'attarder sur ces signes qui lui rappelaient que, peut-être, elle tirait trop sur la corde. Les vertiges étaient devenus une habitude, furtifs mais fréquents, la forçant parfois à s'adosser discrètement à un mur ou à s'asseoir quelques secondes de plus avant de se relever.

Ce qui l'inquiétait le plus, c'était cette sensation étrange, comme si son cœur battait plus fort qu'avant, résonnant parfois jusque dans ses oreilles. La première fois que ça lui était arrivé, elle avait cru à une montée de stress passagère, mais désormais, elle savait que ce n'était pas aussi anodin.

Malgré tout, elle n'avait pas ralenti. Entre les concerts, les trajets incessants et les nuits trop courtes sur la route, elle n'avait plus vraiment le temps de penser à elle. Elle dormait peu, et quand elle était enfin à la maison, elle passait plus de temps à veiller sur Lenie qu'à réellement se reposer. Elle l'observait dormir, guettait le moindre signe de malaise, s'assurait qu'elle n'avait pas froid, qu'elle respirait paisiblement. Parfois, elle passait de longues minutes assise sur le bord du lit, simplement à écouter le souffle régulier de Lenie, à chercher dans son propre corps l'énergie qui lui manquait tant.

C'était devenu un cercle vicieux. Plus elle veillait sur Lenie, plus elle s'épuisait. Et plus elle s'épuisait, plus elle se persuadait qu'elle pouvait encore tenir, qu'elle devait tenir. Parce que c'était Lenie qui avait besoin d'attention, parce que c'était elle qui se remettait à peine, parce qu'Helena se refusait à être une source d'inquiétude supplémentaire. Alors elle souriait, elle plaisantait, elle avançait, en repoussant encore et encore le moment où elle serait contrainte d'admettre que, peut-être, elle allait droit dans le mur.

Le mercredi suivant, Helena et Lenie étaient installées dans le tour bus, profitant d'un rare moment de calme avant l'effervescence de la journée. Assise dans le petit salon du véhicule, Lenie s'était blottie contre Helena, sa tête reposant doucement sur son épaule, ses yeux se fermant peu à peu sous l'effet du bercement du bus en mouvement. Ses doigts jouaient distraitement avec l'ourlet du sweat d'Helena, cherchant inconsciemment un contact rassurant.

Helena, elle, restait bien éveillée, son attention partagée entre sa compagne endormie et la conversation avec Arnaud et Yahima. Ils finalisaient les derniers détails pour l'événement du jour. Contrairement aux concerts habituels, ce soir, Helena ne se produisait pas lors de sa propre tournée, mais dans un festival. Un cadre toujours un peu plus stressant pour elle. Le public n'était pas entièrement le sien, l'énergie était différente, et le temps de scène limité lui imposait des choix plus serrés.

Elle avait longtemps hésité sur les trois chansons à interpréter. « Douce attente » lui trottait dans la tête depuis plusieurs jours, une part d'elle voulait absolument la chanter, mais le directeur de l'événement s'interrogeait sur son adéquation avec l'ambiance du festival. Il voulait l'entendre une fois en direct avant de donner son feu vert, ce qui avait ajouté une couche de doute dans l'esprit d'Helena.

Les vacances (Helenie) : Tome 1Des histoires addictives. Découvrez maintenant