Forty nine

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MARY VICTORIA


Après cette nuit à la rivière Han, je suis rentrée à l'hôtel sans rien dire à personne.

Il y avait ce silence en moi. Pas vide, non... calme. Un genre de paix qui bouscule doucement.

Kai n'avait pas nié. Il n'avait pas fui non plus. Il s'était juste tenu là, avec ses mots vrais, avec ses regrets, avec ses promesses silencieuses.

Mais malgré tout, j'avais besoin de m'éloigner. De respirer loin de tout ça. Loin de Séoul, de ses néons, de ses émotions trop denses. Loin même de Kai.

Alors j'ai fait ma valise. J'ai réveillé ma petite sœur, mon petit frère, et je leur ai dit :

— « On rentre à la maison. »

— « À la maison ? », a répété ma sœur, les yeux encore collés de sommeil.

— « Ouais. La vraie maison. La Côte d'Ivoire. Mamie nous attend. »

Il y avait une excitation silencieuse dans l'air, un soulagement. Ils n'ont pas discuté.

Le lendemain, très tôt, on a quitté l'hôtel direction l'aéroport. J'ai juste envoyé un message à Kai :

Je pars un moment. J'ai besoin de retrouver mes racines. Prends soin de toi.

Pas de grand discours. Pas d'explication.

Il a répondu :

Je comprends. Reviens quand tu seras prête. Je t'attendrai.

Dans l'avion, mes pensées allaient dans tous les sens. J'avais les lettres dans mon sac. Celles qu'il m'avait envoyées depuis Busan. Je les avais toutes lues. Plusieurs fois. Et chaque mot avait fait tomber une barrière.

Mais ce n'était pas suffisant.

Il fallait que je retrouve Mary Victoria. Pas celle qu'il voyait, pas celle des réseaux ou des commentaires. Celle qui mange des mangues sur le trottoir avec Allison. Celle qui danse dans le salon chez Mamie. Celle qui est libre.







Abidjan – Deux jours plus tard










Le soleil m'a frappée dès la sortie de l'avion. Cette chaleur que je connais par cœur. Cette odeur d'épices, de chaleur, de bitume. Et ce bruit... les klaxons, les vendeurs, les rires. C'était comme si tout mon corps respirait à nouveau.

Ma grand-mère nous attendait avec un pagne autour de la taille et son sourire légendaire.

— « Ah mes petits-enfants ! Venez dans les bras de Mamie ! »

Elle nous a serrés tous les trois comme si elle voulait nous recoller les morceaux. Et moi, j'ai senti mon cœur se ramollir.

Le soir-même, j'ai retrouvé Allison et Momo.

Allison m'a sauté dans les bras

— « Ah mais tu fais genre t'es star là-bas hein ! Tu nous as oubliés ou quoi ? »

Momo, lui, m'a fixé avec un grand sourire

— « T'as encore grandi en sagesse, toi. Y'a un gars derrière ce retour-là, je parie. »

J'ai ri. Un vrai rire. Un rire de chez moi.

On a passé la soirée à marcher dans le quartier, à manger des alocos, à se raconter les derniers potins. Et malgré les souvenirs récents, je ne pensais plus à Kai toutes les trois secondes. Il restait là, dans un coin de ma tête... mais il ne me possédait plus.











Quelques jours plus tard














Je suis assise sous la grande véranda chez Mamie, pieds nus, les jambes croisées, une noix de coco fraîche à la main.

Ma mamie me regarde longuement, puis dit

— « Tu portes quelque chose de lourd, ma fille. Tes yeux sont loin. »

Je la regarde. Elle a toujours su lire en moi comme dans un livre.

— « Y'a un garçon », je murmure.

Elle sourit doucement.

— « Il t'a blessée ? »

Je hoche la tête.

— « Mais il essaie de réparer. »

Elle prend ma main.

— « Alors écoute bien. On n'est pas là pour que les gens nous complètent. On est déjà entières. Mais si quelqu'un te fait te souvenir de qui tu es... alors regarde-le mieux. Pas avec tes blessures. Avec ton âme. »

Je baisse les yeux, émue. C'est fou comme une grand-mère peut te dire en deux phrases ce que t'arrives pas à te dire à toi-même depuis des semaines.

Le lendemain matin, j'étais sur le balcon, téléphone en main. J'ai regardé une des lettres de Kai. Celle où il me racontait la mort de son grand-père. Comment il ne l'avait jamais pleuré. Comment il avait enfermé la tristesse pour paraître fort.

J'ai senti une larme couler.

J'ai ouvert WhatsApp. J'ai écrit un message simple :

Je prends le temps de guérir, mais je t'oublie pas.

Quelques minutes plus tard, il m'a envoyé une photo. Un terrain de foot vide, au lever du soleil. Puis un message

KAI - «Je m'entraîne, mais t'es mon match le plus important.»

Et pour la première fois, ce n'est pas la douleur qui a parlé en moi. C'était la paix.

Je n'avais pas encore dit « je t'aime », ni même « je reviens ». Mais j'étais en train de retrouver ma lumière. Et peut-être... que lui aussi retrouvait la sienne.

Coucou les fly girl j'espère que vous avez aimé ce nouveau chapitre

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Bye Bye 💋

An immature boyOù les histoires vivent. Découvrez maintenant