MARY VICTORIA
La journée avait commencé comme un souffle de liberté. Le soleil brûlait doucement sur Abidjan, mais je n'avais jamais été aussi heureuse de sentir cette chaleur. Avec Allison et Momo, on avait décidé de passer la journée au bord de la plage, comme au bon vieux temps.
— « Mary, t'es sûre que t'as envie de mettre ça ? » dit Allison en montrant mon maillot coloré.
— « Bah... je veux pas faire honte à la Côte d'Ivoire ! » répondis-je en riant.
Momo nous devançait déjà, courant pieds nus sur le sable, le ballon sous le bras. On a fini par se laisser emporter par l'eau, les rires éclatant comme des bulles dans le vent. Les enfants du quartier se joignaient à nous, et je me suis surprise à oublier tous mes tracas, tous mes doutes. Ici, j'étais juste Mary Victoria, pas la fille que les gens observaient sur les réseaux.
— « T'as vu comment tu cours encore comme avant ? » s'exclama Momo, hilare.
— « Hé ! J'ai gardé mes talents, moi ! » répondis-je, en frappant le ballon dans ses jambes.
On a mangé des brochettes sur le sable, riant de nos maladresses, se racontant nos souvenirs d'enfance. Le temps semblait suspendu, et chaque minute me rappelait pourquoi j'avais besoin de revenir ici.
Quand le soleil a commencé à disparaître derrière l'horizon, je suis retournée à la maison de Mamie. Le parfum du dîner flottait dans l'air et, pour la première fois depuis longtemps, je me suis sentie en paix.
Après le repas, je me suis glissée sur le balcon, contemplant la ville qui s'endormait doucement. Le vent chaud caressait mon visage, mais je ne pouvais pas empêcher mes pensées de dériver vers lui... Kai.
Mon cœur se serra. Trois semaines déjà depuis qu'on s'était vus à Séoul, trois semaines depuis que j'avais accepté de lui laisser une chance, mais il me manquait. Terriblement. Je voulais lui parler, lui dire que je l'aimais, que j'avais besoin de lui... mais je n'y arrivais pas.
— « Mary... » La voix douce de Mamie me fit sursauter. Elle était apparue sur le balcon avec sa tasse de thé. « Tu penses à lui, hein ? »
J'hochai la tête, incapable de parler.
— « Tu sais... » continua-t-elle, s'asseyant à côté de moi. « Ce que tu ressens est naturel. Mais avant de courir après quelqu'un, avant de te donner complètement, tu dois te demander... est-ce qu'il mérite vraiment ça ? Après tout ce que tu as vécu, après toutes les blessures, est-ce que cette relation vaut le prix de ton cœur ? »
J'ai pris une grande inspiration. Les larmes me piquaient les yeux.
— « Mamie... je sais pas... » murmurai-je. « Il me manque tellement. Je... je voudrais lui parler, mais je peux pas. J'ai peur... peur qu'il me blesse encore, qu'il me fasse douter... »
Mamie posa une main douce sur mon épaule.
— « Écoute, ma fille... » dit-elle doucement. « L'amour, ce n'est pas seulement de la passion. C'est aussi du respect, de la confiance et du courage. Si tu penses qu'il peut t'apporter tout ça, alors tu dois te battre pour lui. Mais si ton cœur te crie que tu dois attendre, que tu dois te protéger... écoute-le. Toujours. »
J'ai fermé les yeux, sentant mes émotions tourbillonner. Je voulais qu'il soit là, que je puisse lui dire chaque mot que je gardais prisonnier depuis des jours. Mais j'avais peur que mes paroles ne suffisent pas à réparer le mal.
— « Mary... » murmura Mamie après un moment de silence. « Parfois, il faut savoir laisser parler le cœur... mais aussi savoir se protéger. Ce n'est pas faible. C'est sage. »
J'ai soufflé fort, essayant de calmer le tourbillon dans ma poitrine.
— « Je crois qu'il me manque plus que je voulais l'admettre... » murmurai-je finalement.
— « Et ça, ma fille... c'est normal. Mais promets-moi une chose. Quoi qu'il arrive, tu feras attention à toi. Ton cœur est précieux. »
— « Je te le promets, Mamie... »
On est restées là, assises côte à côte sur le balcon, regardant le ciel violet se fondre dans la nuit. Le silence n'était pas lourd, il était réconfortant. Et pour la première fois depuis longtemps, j'ai senti que, peu importe les tempêtes qui m'attendaient, j'avais un endroit où revenir. Un endroit où mes émotions pouvaient exister sans jugement.
Et même si Kai me manquait, même si mon cœur hurlait son nom, j'ai compris qu'avant de m'élancer dans cette relation, je devais d'abord être prête. Prête à lui faire confiance. Prête à me protéger. Prête à me donner... ou à attendre.
La nuit tombait complètement. Le vent chaud s'était calmé. Et je suis restée là, à penser, à respirer, à sentir que chaque émotion que je gardais en moi n'était pas une faiblesse, mais une force.
Coucou les fly girl j'espère que vous avez aimé ce nouveau chapitre
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Bye Bye 💋
