Point de vue Valeria
Ça fait deux jours qu'il ne se passe rien. Ou plutôt, que rien ne me semble réel.
Pablo, allongé. Inerte. Sa respiration est faible, mais elle existe. Je la compte. Une. Deux. Trois. Pour ne pas devenir folle.
Autour, les autres se relaient. Paul m'apporte à manger, Diego reste silencieux, Lorenzo évite mon regard. Même Lu n'ose plus poser de mots.
Mais ce n'est pas le pire.
Oui car j'ai tout raconté à Lu , elle m'a promis qu'elle dirai rien , et elle m'a rejoint
Le pire, c'est cette sensation. Que ce n'est pas fini. Que ce n'était qu'un début. Un carnage d'introduction. Le silence avant la vraie tempête.
Je les entends parler parfois. Diego, Stan, Paul. À voix basse. Des noms. Des morceaux de dossiers. Des visages flous. Des alliances qui puent la mort.
Leonardo Fusso est mort, oui.
Mais ce qu'on a compris après... c'est que Fusso n'était qu'une pièce. Un pion doré sur un échiquier qui s'étend bien au-delà de Milan.
Et maintenant, ils savent qu'on l'a tué.
Et ils vont vouloir nous faire payer.
Point de vue Diego
Je jette les papiers sur la table.
— Regarde.
Stan s'approche, les sourcils froncés. Paul ferme la porte derrière nous. Le salon est plongé dans une lumière sale. Juste ce qu'il faut pour garder l'ambiance étouffante.
— C'est quoi ça ? demande Stan.
Je désigne une photo. Trois hommes autour de Fusso, sur un vieux cliché en noir et blanc. L'un deux a le regard fuyant. L'autre sourit à moitié. Le dernier porte des lunettes, mais c'est surtout sa montre que je reconnais.
— Ces trois-là, ce sont pas des figurants. Ce sont ses associés. Des hommes de l'ombre. On a retrouvé ce cliché dans un coffre sous sa villa, protégé comme un putain de trésor.
— On a des noms ? demande Paul.
— Aucun. Juste un logo sur le dossier : une espèce de serpent autour d'une épée. Jamais vu ça avant. Mais c'est pas italien. Ça dépasse l'Italie.
— Une organisation ? dit Stan.
— Une confrérie. Une mafia dans la mafia. Plus ancienne, plus sale, plus secrète. Le genre de types qui t'achètent un gouvernement pour le plaisir.
Paul serre les dents.
— Et on est dans leur viseur, maintenant.
Je hoche la tête.
— Ils savent qu'on a tué leur roi. Maintenant ils vont envoyer leurs cavaliers.
Un silence épais. Puis Stan lâche :
— Alors faut les trouver avant qu'eux nous trouvent.
Point de vue Valeria
Je me tiens derrière la porte, dans le couloir. J'ai entendu toute la conversation. Pas un mot ne m'a échappé.
Ils veulent me protéger, encore. Me tenir à l'écart. Comme si j'étais fragile. Mais je les connais. Je les ai vus tuer. Saigner. Trahir.
Et j'en ai marre de subir. Marre d'être celle qu'on enferme pendant que les autres crèvent à l'extérieur.
Je retourne dans la chambre.
Pablo n'a toujours pas bougé.
Je m'assieds à côté de lui. Je lui parle, encore.
— Ils croient que je vais rester sagement ici à t'attendre. Que je vais faire semblant de ne pas entendre. Mais Pablo... si tu savais ce que j'ai dans la tête. Ce que j'ai envie de leur faire. À tous.
Je regarde sa main. Elle bouge. Léger. Un tressaillement.
Je me fige.
Puis j'entends un soupir. Long. Saccadé.
Je me penche sur lui. Mon cœur explose.
— Pablo... ?
Ses yeux s'ouvrent lentement. Il me fixe.
Son regard est vide. Pas de chaleur. Juste un froid qui me transperce.
— Qu'est-ce que tu fous là...
— Pablo, tu..
— Dégage.
— Attends... tu viens de sortir d'un coma ! Tu peux pas.
— DÉGAGE, j'ai dit !
Il hurle. Un cri venu du fond des tripes. Un cri de haine. De douleur. De rage.
Je recule, choquée. Il me regarde comme si j'étais l'ennemie.
— T'es vivant grâce à moi, Pablo. J'ai pas dormi, pas bougé, pas mangé pour te veiller !
— J't'ai rien demandé. T'étais pas là quand il fallait. Et maintenant tu joues à l'infirmière ?
— Tu crois que c'est facile pour moi ?! Tu crois que j'ai pas peur ? Que j'me fous de toi ?!
Il rit. Froid. Sec.
— C'est ça ton amour ? Une crise de nerfs et trois jours de pitié ?
— Tu sais quoi ? Va te faire foutre, Pablo.
Je claque la porte. Mes mains tremblent. Mon cœur aussi.
Mais il est réveillé.
Et ça veut dire une chose :
Le feu revient.
Point de vue Pablo
Elle est partie.
Je suis seul. Avec mes souvenirs. Avec ce goût de fer dans la gorge. Avec cette douleur dans le ventre qui me rappelle que je suis encore en vie.
J'ai tué Fusso. J'ai arraché sa cervelle contre le mur. Et pendant une seconde, j'ai cru que c'était fini.
Mais la vérité, c'est que j'ai réveillé quelque chose. Quelque chose de plus grand que moi. De plus ancien. De plus dangereux.
Je suis pas con. Je sais que mes hommes ont trouvé les documents. Je sais qu'ils vont vouloir comprendre. Traquer.
Mais moi, j'ai pas besoin de comprendre.
J'ai juste besoin de les tuer.
Un par un.
VOUS LISEZ
VALERIA
RomanceValeria a qu'une seule idée c'est de quitter sa putain de maison où elle vit avec un père violent et une mère absente .Son frère avait quitter la maison depuis son plus jeune âge .Elle décide donc d'allez le rejoindre en californie mais tous ne vas...
